Rwanda : Un double génocide

Le massacre sauvage des Tutsis par les Hutus au Rwanda a été accepté d'emblée comme un génocide, alors que celui des Arméniens par les Turcs a mis plus de vingt ans à faire l'unanimité et celui des paysans ukrainiens par les dirigeants de l'Union soviétique reste fortement contesté contre toute évidence au moins par une partie de l'opinion socialiste.

Le spectacle innommable d'une partie de la population s'attaquant à coup de machette à l'autre et liquidant près de 500.000 personnes en quelques semaines imposait la qualification de génocide sans contestation possible.

Cette reconnaissance a été d'autant plus facile qu'elle n'impliquait aucune force idéologique en débat en occident. Il n'y avait derrière ces crimes ni fascisme ni socialisme.  On a bien vu que certains, sans doute par habitude, ont essayé comme toujours de faire retomber la responsabilité des évènements sur la droite honnie. Mais on était alors en période de cohabitation Mitterrand-Balladur. Comment accuser l'un en épargnant l'autre, surtout lorsqu'on sait que la responsabilité de la politique étrangère appartient au Président de la République ? Le prurit fut un peu gratté mais sans plus.

En revanche, dès le départ, il nous a semblé que la "jurisprudence de la Shoah" aurait du mal à s'appliquer dans le cas d'espèce. On sait que cette jurisprudence d'essence essentiellement médiatique mais aussi pénale s'applique à :
- Expliciter un devoir de mémoire important et constant
- Refuser tout pardon et rechercher inlassablement les responsables
- Mettre en accusation toutes les causes intellectuelles et tous les comportements qui ont pu rendre possible le génocide
- Sacraliser le peuple  victime.
- Exclure du champ du débat intellectuel et politique les négationnistes et d'une façon générale les partisans des idées qui ont eu des conséquences aussi dramatiques.
- Exiger réparation.   

La difficulté principale d'une attitude aussi linéaire était un fait historique un peu troublant pour nos consciences démocratiques. Les Hutus, races de petite taille, ont été de tout temps sous la domination d'une minorité, les Tutsis, races de grande taille de seigneurs de la guerre. Cette domination raciale d'un peuple majoritaire par un peuple minoritaire est totalement étrangère à notre conception de la démocratie. Dans une perspective de gauche, elle est même franchement condamnable. Une situation différente mais du même genre s'agissant des effets de domination se retrouvait en Afrique du Sud : les blancs minoritaires gouvernaient et les populations noires étaient marginalisées. Personne à gauche n'a jamais soutenu un tel système.   Le principe un homme, une voix est la base de la démocratie même s'il est corrigé par un droit plus ou moins développé des minorités.

Le maintien de la domination des Tutsis sur les forces armées tenant elles même en respect le gouvernement civil ne pouvait qu'être dénoncé dans une optique démocratique. La résistance acharnée des militaires Tutsis du Rwanda, en liaison avec le gouvernement du  pays voisin, dirigé également par les Tutsis, ne pouvait qu'être condamnée par la communauté internationale.

C'est la raison pour laquelle les explications "tribalistes" du conflit entre Hutus et Tutsis n'ont jamais tenues. Le fond du problème est l'application des principes généraux des droits de l'homme et du citoyen, d'origine occidentale, à un pays africain soumis depuis des siècles à d'autres règles.

Autre aspect de ce génocide, il n'a pas été véritablement préparé et commandité par les autorités disposant du pouvoir militaire et policier. Les forces militaires étaient entre les mains des Tutsis. Bien entendu des forces de propagande Hutus, on se rappelle Radio Mille Collines, faisaient chauffer la haine à blanc entre les communautés. Mais elles ne le faisaient pas principalement sur une base raciste : le slogan était plutôt "la démocratie enfin" et la colère dirigée contre ceux qui la bloquaient indéfiniment. La haine du Tutsis ne provenait pas d'une quelconque idéologie de la supériorité de la race des Hutus mais de l'exaspération devant une situation de domination ethnique historique ressentie désormais comme intolérable.

L'espèce de folie qui s'est emparée des Hutus après l'attentat qui a tué le président de la République hutu du Rwanda a plus le caractère d'une révolte et d'une vengeance de masse que d'un crime collectif préparé par des dirigeants, justifié par une idéologie raciste ou socialiste, stigmatisant des ennemis qu'il faut éliminer pour créer la société voulue, organisé patiemment,  les moyens policiers et militaires étant mis en action selon des ordres précis et un plan préparé à l'avance.

La masse s'est jetée sur la minorité au cri de "y en a marre, tuez les tous". Les militaires tutsis du Rwanda ont été dépassés par les évènements. Partout le Hutu en folie tuait son voisin et éventuellement ami Tutsi.

On est très loin des dirigeants  soviétiques liquidant les paysans ukrainiens par millions pour créer le socialisme réel dans un seul pays et faire émerger un prétendu homme nouveau  ou des autorités nazies liquidant tous les juifs sur lesquels ils pouvaient mettre la main pour assainir le monde d'une engeance selon eux historiquement maléfique et souillant le beau sang aryen.

On est moins loin de ce qui s'est passé en Turquie contre les Arméniens. Là aussi la majorité turque était confrontée à une série de défaites à la quelle contribuaient les dirigeants de minorités. Il est bien, clair que de nombreux Arméniens étaient favorables aux Russes et les aidaient effectivement. Dans l'échauffement des haines nées de la guerre le "y en a marre tuer les tous" a trouvé quelques supporters actifs. La différence avec le Rwanda c'est que le massacre a été réalisé par les forces étatiques en place et par l'armée. Son inspiration était nationaliste.  Elle violait le droit des minorités.

Pour les républicains occidentaux la condamnation de la Turquie ne pose pas de problème puisqu'il s'agit d'appliquer directement leurs principes : il y a un droit des minorités ; un état démocratique on ne massacre pas des parties minoritaires de sa population. Il est juste de rétablir les Arméniens dans leur dignité et il faut condamner la répression aveugle et brutale  des autres minorités en Turquie : kurdes etc. L'islamisation honnie de la  Turquie et ses prétentions à rejoindre la communauté européenne sans prendre en compte sa responsabilité dans le massacre des Arméniens ont achevé de convaincre qu'il fallait une reconnaissance générale du génocide arménien et la condamnation des autorités turques  pour la non reconnaissance.  

Rien de tout cela au Rwanda. La suite des évènements a été totalement contraire aux principes des droits de l'homme et du citoyen. Les Tutsis du pays voisin ont décidé de se ruer au secours des Tutsis en cours de massacre. Les forces tutsis des deux pays se sont jointes et ont commencé la chasse au Hutu. Il en est résulté un nouveau massacre encore plus important que le précédent parce que cette fois là organisé par les forces armées. Pendant plusieurs années la chasse au Hutu va se poursuivre provoquant la mort de centaines de milliers de Hutus.  

Au final, bien que le nombre des victimes dans ces circonstances soient très difficiles à évaluer exactement, les Tutsis vont massacrer encore plus de Hutus qu'il n'y a eu de victimes tutsies.  Derrière l'objectif affiché de mettre fin au génocide, on retrouve la traditionnelle volonté tutsie de dominer les Hutus en leur rappelant à l'occasion par un joli massacre qui détient la force. Un des symboles de cette mise en laisse est l'obligation pour les hutus, francophones, de parler désormais l'anglais, le français étant devenu "la langue du génocide" !

Paul Kagamé et ses troupes ont bien commis un génocide contre les Hutus pour des raisons de pure domination raciale et contre tous les principes républicains défendus par les occidentaux. La frénésie de rapprochement de Bernard Kouchner vis à vis de Kagamé a toujours été contestable. Péan le rappelait à juste titre dans son livre sur ce personnage.

Nous sommes donc dans une situation inédite de double génocide.  Avec cette particularité qu'on ne trouve pas de responsables clairs dans la partie hutue et que Paul Kagamé et ses séides tutsis sont au pouvoir et difficilement à portée d'un tribunal pénal traitant du génocide.  

Que peut faire un démocrate dans cette situation ? Prêcher la réconciliation sous domination perpétuelle Tutsi, avec une opprobre perpétuelle sur le peuple hutu dominé et obligé de changer de langue ? Ce serait cautionner une des plus viles situations de domination ethnique qu'on puisse imaginer.  Condamner aussi Paul Kagamé et quelques autres pour génocide ? Certainement. Mais il faut alors une force internationale d'interposition et de tutelle du Rwanda chargé de mettre en place des institutions réellement démocratiques et de démanteler la domination tutsie.

Qui y est prêt ?

Le temps où l'Europe et plus généralement l'occident se croyait moralement assez forts pour imposer ses règles démocratiques n'est plus. L'ONU le pourra-t-elle ?

En tout cas le rapport de sa commission de sa commission des droits de l'homme vient à point et crée une dynamique souhaitable.

Après Badiou, Quiniou, un autre Lou Ravi de l’innocent marxisme génocidaire.

Après que Guy Sorman eut, avec raison,  rappelé dans les colonnes du Monde que les crimes des différents socialismes génocidaires avaient une caractéristique commune, le refus des auteurs de les assumer, il fallait que le journal fasse amende honorable et laisse la parole à un quelconque thuriféraire du communisme marxiste-léniniste avec pour mission de chasser la mauvaise impression laissée par un texte incontestable.

En France, malgré l’évidence des massacres et l’ampleur des génocides commis par des générations de communistes, on trouve toujours des abrutis de ce genre prêts à se commettre dans n’importe quelle abjection. La marxisation des esprits dans l’école et l’université est si prégnante qu’il n’y a qu’à se pencher pour trouver un bon esprit pour vous expliquer que ces crimes atroces, les pires de l’histoire de l’humanité, ne comptent pas et qu’il faut résolument regarder ailleurs.

On connait le syndrome de Léon Chaix : un socialiste viril confronté à l’évidence des horreurs commises par son camp va développer quatre défenses.

·    L’occultation : on n’en parle pas. Celui qui cherche à briser le mur du silence est un « fasciste » qui doit être jeté hors les murs.
·    La négation : finalement on est bien obligé d’en parler. Alors on affirme que tout cela n’est que mensonge. Et que le menteur est un « fasciste », faisant le jeu de l’impérialisme Yankee, à la botte de Bush, contre la paix, ou toute autre fadaise de ce type.
·    La minimisation : on ne peut plus nier. Les faits sont avérés. Que faire ? Les minimiser bien sûr. Vous nous dites qu’il y a eu 100 millions de morts. Vous êtes d’une parfaite mauvaise foi : tout le monde sait qu’il n’y en a eu que 99.999.999. Comment faire confiance à une telle vipère lubrique qui exagère tout par anticommunisme primaire.  Un complice des nazis, voilà ce que vous êtes, un amoureux de Pétain, un lecteur du Figaro magazine !
·    L’exonération : les faits sont là. Les chiffres sont établis. Il n’y a plus de possibilité d’occulter, de nier, de minimiser. Que faire ? Facile : s’exonérer totalement d’une réalité qui gène un peu aux entournures.

Au terme du procès de Douch, le Khmer rouge qui a tué, après les avoir torturé longuement, des dizaines de milliers d’innocents, il était vain d’essayer de faire croire qu’au Cambodge, il ne s’était rien passé ou si peu. L’horreur est documentée, sans limite, sans excuse. Le temps où le Monde pouvait écrire que l’expulsion hors des villes de la totalité de leur population par les Khmers Rouges était une mesure géniale qui allait donner un coup de fouet à l’agriculture,  n’est plus. 40 ans plus tard on a même eu quelques excuses du journal pour sa myopie d’alors.  Tant mieux.

Mais il aurait du aussi tenter d’expliquer pourquoi l’ensemble de la rédaction s’était alors lancée dans cette entreprise monstrueuse de considérer un génocide comme une mesure fantastique à applaudir des deux mains, voire des deux  pieds qui se portaient un peu rouges en ce temps là.   Dans quel rêve absurde nageaient donc tous ces journalistes plus ou moins engagés pour qu’ils prennent si facilement des tueurs démentiels pour le levain des jours meilleurs attendant l’humanité ?

Que voulez-vous : la révolution c’était le bien ; nécessairement le bien. Le marxisme dressait l’inévitable chemin.  Un chemin de roses. Les victimes ? Quelles victimes ? Seulement quelques gêneurs sur la voie du bonheur des peuples qui ne méritaient AUCUNE compassion. Des bourgeois ; des fascistes. Le socialisme viril a un droit de tuer inscrit dans ses gènes. Qu’il l’exerce n’est que légitime. Il faut bien vaincre les résistances de l’ancien régime.

Alors on entendait bien que le discours des Khmers rouges était particulièrement violent et anti occidental par-dessus le marché. Mais vilipender l’Occident c’était bien. Pour Pol Pot le seul fait d’avoir été en contact avec la ville faisait de vous un bourgeois irrécupérable  à exploiter comme esclave jusqu’à la mort programmée. Il le disait. Qui l’entendait au Monde ?

La guerre du Vietnam avait entraîné le journal à toujours tout admettre de la part des communistes de la région. Jean Lacouture mentait donc pour accompagner le mensonge de la propagande des Khmers rouges. Et tous les autres avec lui. Ils mentaient en cœur avec la satisfaction d’être dans le coup, d’être du côté du progrès définitif, de l’émergence d’une société enfin juste car marxiste et léniniste.
On dira : d’accord mais aujourd’hui on sait, les yeux ont été décillés. Le voile est tombé et l’horreur est enfin admise.  Un petit effort et certains dans la gauche bien pensante pourraient même s’exclamer : plus jamais cela !
Ne rêvez pas !
Voici le temps de l’exonération.  Les gardes rouges nous disent : « Nous avions fantasmé le socialisme « réel ». Aujourd’hui nous réalisons qu’il ne s’agissait pas du vrai socialisme. Nous admettons notre erreur. Mais le socialisme lui est intact. Nous avions pris un ersatz de socialisme criminel pour le vrai socialisme. Mais le vrai socialisme existe et il reste à construire. Nous avons été momentanément aveugles mais nous restons dans le camp des bons.   Les autres, les ennemis, restent des fascistes indécrottables dont il n’y a rien à tirer et contre qui il faut continuer inlassablement à se mobiliser.  Il ne faut pas jeter le bébé du socialisme marxiste avec l’eau du bain communiste».

Alors voilà M. Bernard henry Lévy qui nous rétablit  l’image de J. P. Sartre, le chantre des génocides les pires de l’histoire de l’humanité : « la révolution bolchevique n’a pas assez tué » écrivait-il au début des années 70. Au moment où les Khmers rouges commençaient leur boulot de régénération sociale du Cambodge.  Un peu comme le sinistre Aragon implorait que la Guépéou tue encore et plus encore pour régénérer le monde, alors que le terrible génocide des paysans avait lieu en URSS. L’accompagnement des génocides socialistes au moment même où ils ont eu lieu  par des intellectuels français reconnus, voire adulés, à quelque chose d’effarant.  C’est sans doute une des explications de l’effondrement de l’influence française dans le monde. Quand le pays dit « des droits de l’homme » cautionne les pires génocides, la fin de son leadership intellectuel et moral est programmée.

Alors voilà M. Attali attaché à sauver Marx de la débandade générale.  Le penseur qui aura fait le plus de mal à l’humanité reste encensé, doit être encensé, jusqu’à la fin des temps. Peu importe que toute sa prétention scientifique ait été balayée sans espoir ; peu importe que la nocivité de ses analyses qui ont poissé l’esprit de millions de benêts devenus criminels ou complices de criminels  soit avérée. Rien n’y fait. Il faut sauver Marx de sa postérité génocidaire.

Après l’article de Sorman, il fallait donc une pointure pour restaurer l’image du Monde terni par tant d’audace.   On nous sortit de son néant  un Quiniou, longtemps membre du parti Communiste et non repenti des génocides commis par le mouvement auquel il a voué son engagement.  Le PC était gourmand d’intellectuels de l’université transformés en trompe couillons. Un agrégé, un philosophe : du pain béni.  Combien d’intellectuels minables de ce type ont fait un bout de chemin avec le PC : c’était facile ; cela ne coûtait rien ; c’était la certitude de briller au firmament universitaire.  Un petit prof d’université comprend vite qu’il n’est pas grand chose dans la société, alors qu’il se voit comme un formidable penseur au dessus de la quasi-totalité des autres citoyens.  L’adhésion au parti communiste permettait de sortir du ghetto tout en touchant sa paie des citoyens méprisés.  Ah ! Etre à l’avant garde du combat tout en n’étant qu’un petit prof  sans grande importance, dans une discipline, la philosophie, qui ne bouge plus depuis des décennies, confite qu’elle est dans son vocabulaire abscons et son « engagement »  globalement  socialiste. La philosophie française  est morte avec Sartre, Merleau-Ponty et Althusser (le seul tueur qui en France a bénéficié d’une excuse « de classe »).

En ce moment, en France, dès qu’on lit une énorme sottise, on sait qu’elle est toujours signée par un « philosophe » en carte à gauche. 

Voici donc un philosophe communiste officiel et complice au moins moralement de tous les crimes et génocides du communisme,  en train de nous expliquer que Marx, en fait, n’a pas bien  été compris par les différents partis communistes qui ont massacré leur population.

Quiconque n’adhère pas à ce postulat grotesque est un individu dont la « bêtise et l’ignorance » n’ont pas de limite.  C’est qu’on continue à injurier quand on est philosophe agrégé français et ancien membre du parti communiste français. L’injure perpétuelle est la marque de cette gauche virile vraiment socialiste. 

N’est-il pas juste quand on est dans le camp des bons d’injurier tous les autres ? Car si on ne peut plus défendre les siens on peut toujours accabler les autres. N’est-ce pas pour éviter les terribles dangers que ces « autres », ces fascistes, portent en eux, qu’on se mobilise tous, nous, les membres du peuple de gauche ?  Nous ne menons pas un combat « pour » mais un combat « contre ».

Qui n’a pas lu dans des revues  « progressistes » ces intellectuels de sous caniveau expliquant qu’il ne fallait faire droit au concept de totalitarisme parce que cela faisait le jeu de Bush ?  Alors le grotesque Quiniou nous met le mot « totalitarisme » entre guillemet.  Bien marquer que ce qualificatif est suspect s’agissant du communisme.

Ce n’est qu’un début. Les régimes communistes délinquants et génocidaires n’ont pas à être pris en compte parce qu’en fait ils n’étaient pas vraiment communistes.

Et hop ! Passez muscade !  Les régimes communistes n’ayant pas été vraiment communistes le communisme marxiste reste intact. CQFD !

Le top de l’exonération !  Pourquoi aller chercher les sources génocidaires des régimes communistes dans Marx puisqu’ils n’étaient pas marxistes ?   On se le demande bien. Quiconque a été à Moscou et dans tous les lieux communistes savent bien que Marx et Engels au même titre que Lénine, celui qui a permis la révolution et Staline, le Vojd qui a réussi le passage au socialisme, ont leur statut en place proéminente.

Tout ceux qui ont un peu de mémoire se rappellent les campagnes communistes expliquant que la révolution était scientifique et que le régime mis en place était exactement ce qu’avait voulu Marx. La nouvelle société de l’URSS, avec son homo sovieticus était bien l’esquisse de l’homme nouveau libéré des absurdes contraintes de la propriété et des divisions de la religion.

Pendant 75 ans les Quiniou de service nous ont tous  expliqué que cette société était insurpassable. Que les meurtres, assassinats, crimes contre l’humanité et autres génocides qu’on lui imputait étaient des mensonges éhontés de la crapule réactionnaire, émule de Pétain et complices des Nazis. 

Tout cela est oublié : c’était du pipeau grec nous affirment les thuriféraires d'hier.

M. Quiniou, après son passage au PC a tout compris : on avait mal lu Marx. Marx était gentil. Il voulait le libre épanouissement des hommes, de tous les hommes. A-t-on vu ce libre épanouissement dans les régimes communistes ? Non, n’est-ce pas ; donc ils n’étaient pas marxistes ! 

On se tordrait volontiers de rire si 100 à 150 millions d’hommes n’avaient pas péris au nom de Marx. 

Les crimes marxistes ne sont pas marxistes puisque ce sont des crimes et que Marx était un gentil garçon bien de bonnes intentions !  Il faut au moins être agrégé de philosophie pour oser de tels sophismes sans prendre aussitôt une paire de claques et un solide coup de pied au cul.

Ce merveilleux philosophe se fait historien  :  la preuve que les révolutions communistes ne sont pas marxistes c’est qu’elles ont eu lieu à des moments et des endroits qui n’avaient pas été prévus par Marx.

On est bien un peu gêné aux entournures quand on se rappelle que Marx et Engels n’avaient pas totalement écarté la possibilité du succès de la révolution en Russie « arriérée ».  Mais on se rassure : il n’en faisait l’hypothèse qu’associée à une révolution dans les pays occidentaux avancés.  Les spartakistes ont été balayés. Il n’y a pas eu révolution dans les pays capitalistes dernier cri. Donc la révolution bolchevique à l’est n’a rien de marxiste.  CQFD !

Les révolutionnaires communistes des pays de l’est, de la Chine et de la sa couronne asiatique, de Cuba et d’ailleurs n’ont qu’à aller se rhabiller.  Ils ont « défiguré » le marxisme et vécu dans l’illusion nous dit cet ancien membre du PC français qui a été le plus stalinien du monde libre et le plus longtemps.

Il est vrai que le grand Marchais, le meccano volontaire de chez Messerschmidt, l’entreprise humanitaire bien connue entre 40 et 45, avait déclaré que le Communisme à la Française aurait un visage différent de celui des maîtres. C’était la manière du PC d’évacuer sans frais le rapport Kroutchev sur les crimes de Staline. Peut-être l’agrégé Quiniou lui a-t-il soufflé que le texte de Marx imposait d’attendre que le capitalisme murisse encore un petit poil et que Janine pendant ce temps là pouvait faire les valises.  Pas de chance, c’est l’électorat qui s’est fait la malle.

Rien qui puisse effarer un Quiniou !

Puisque le marxisme est le bien incarné malgré les expériences désastreuses et inhumaines menées en son nom,  il reste « d’une universalité morale universelle », « d’une moralité exigible » et viendront en dû temps, une fois que les étapes décelées par Marx se seront toutes déroulées, « le visage apaisé » de l’humanité et celui de ses « intérêts partagés ». Pauvre auteur qui constate que le capitalisme est au plus mal. Si on comprend bien cela retarde d’autant la maturité du capitalisme et le moment où la joyeuse révolution marxiste pourra se faire enfin  en accord avec le texte du gourou...

Faire ainsi de la pensée de Marx la sainte bible d’une religion millénariste qui ne peut jamais être en tort, mais simplement mal interprétée à l’occasion, ressortit du discours sectaire porté à son incandescence. Au fond, le contraire exact de ce que voulait …Marx.

On notera que ce M. Quiniou, philosophe agrégé et ancien membre du PC n’a pas un mot, pas un seul, pour les victimes des partis frères.   Pas un mot. Ces dizaines de millions de victimes sont des fantômes. Pas des êtres humains. Des abstractions aussi trompeuses que les illusions des communismes génocidaires un peu en avance sur l’horloge marxiste.  On n’honore pas des fantômes.

Comme on aimerait que ce sombre imbécile lise son texte les deux pieds dans les charniers de Bykovnia ou de Vinnytsia !   Devant les descendants des victimes. Du peu qu’il en reste.

Philippe labro et Katyn

Excellent article de Philippe Labro dans le Figaro de ce jour (lundi 5 avril 2010) rappelant l’affaire de Katyn, l’exécution de plus de 20.000 jeunes espoirs de la république polonaise (militaires, universitaires etc.).  Il s’agissait de décapiter une nation dépecée en accord avec Hitler suite à l’immonde pacte germano soviétique qui était un blanc sein donné à Hitler pour  ravager l’Europe occidentale, en contrepartie d’annexions sur le glacis ouest de l’union soviétique.

 Nazis et socialistes virils unis dans l’ignominie et l’impérialisme. Les nazis commenceront les purges ethniques en Pologne occupée, chassant des millions de Polonais de leurs terres pour y installer le « herrenfolk » et commençant leur politique da ramassage et de déportation des juifs .Les soviétiques renouvelleront  leurs méthodes de purification sociale et d’asservissement national déjà bien rodées  en Ukraine,  aux Kazakhstan et  bien d’autres parties du paradis socialiste réalisé.

Sur la pointe des pieds (on n’est jamais trop prudent, une accusation de fascisme étant si vite arrivée) P. Labro s’étonne du temps mis à reconnaître ce crime effroyable,  la complaisance des médias et des politiques français à accepter le mensonge communiste selon lequel le massacre était le fait des nazis,  et l’absence de toute citation dans les programmes d’histoire français.  Il le dit bien gentiment, histoire de ne pas réveiller le chien communiste qui dort ettrop mettre au jour l’énorme complicité de l’ensemble du « peuple de gauche », en fait de la secte socialiste toute entière, PS compris, à interdire sous peine de chasse à l’homme médiatique, toute énonciation de la vérité.

Nous sommes ici en plein syndrome de Léon Chaix, cette attitude maladive qui consiste, en cas de génocide socialiste, à d’abord occulter, ensuite à nier, ensuite à minimiser et enfin à chercher tous les moyens d’exonération  quand la vérité ne peut plus être cachée.  Le massacre de Katyn ayant été dénoncé d’abord par les Allemands, sous le régime Nazi, l’évoquer après la libération revenait à être traité immédiatement de nazi avec une violence inouïe. Ce terrorisme intellectuel et politique a parfaitement fonctionné.  Quand, à la suite d’une enquête internationale, la responsabilité soviétique a été reconnue, le négationnisme a fonctionné à plein : c’était l’impérialisme yankee qui voulait « relancer la guerre froide », sous l’influence des nazis que les Etats unis avaient venir après la guerre au lieu de les exécuter comme criminels nazis.  Quand , à la suite de l’aveu de Gorbatchev, le crime soviétique ne put plus être nié on a vu se développer les tentatives de minimisation. Non il n’y avait pas 23.000 morts « mais 22.999, seuls les fascistes peuvent le contester » et  les revanchards fascistes polonais  dont on sait la virulence.  Enfin on est entré dans la phase « exonération » : c’était Staline, pas le vrai socialisme ; c’était la guerre ; et qui a vaincu les nazis sinon les soviétiques, alors mollo les basses.  

Résultats, la presse française gauche et droite confondue, s’est couchée.  Comme les diplomaties occidentales se sont toujours couchées devant les crimes contre l’humanité et les génocides socialistes : ne pas remettre en cause l’unité des « alliés » et la « coexistence pacifique ».  Il aurait été « irresponsable »  de ne pas concéder à Vychinski, l’ignoble procureur chargé des milles et un génocides staliniens, notamment en Ukraine, au Kazakhstan, au Kouban, en Tchétchénie, bref partout où le socialisme a été réalisé, lors du vote de la résolution sur les génocides en 1948, l’exclusion des exterminations de classes sociales de la définition du génocide.

Le film de Wajda a joué son rôle de révélateur. Toute la classe médiatique sous influence socialiste a fait la fine bouche ; tout le terrorisme intellectuel habituel s’est donné libre cours.  Wajda, ce grand cinéaste, quelle tristesse, quel mauvais film !  On ne pouvait pas décemment le traiter de fasciste. Alors on a envoyé les fleurs et les couronnes et tout fait pour décourager les Français de voir le film, après que diverses pressions et « la solidarité antifasciste » aient permis que le film ait une distribution ridicule. La camarilla communiste qui règne encore sur certains  circuits « culturels », dont l’université  et l’école françaises notamment en histoire (quel est l’historien français qui n’est pas ancien communiste, socialiste ou maoïste ?)  s’est  donnée  à fond. La presse de droite, toujours soucieuse de ne pas paraître complice des « fascistes », s’est tue avec distinction, comme d’habitude depuis 1945.

France Inter a été, également comme d’habitude,  la radio la plus engagée dans le travail de  désinformation outrancière. Le thème : mauvais film à ne pas voir, avec larmes de crocodile à l’appui d’une part sur « l’auteur génial fourvoyé » et d’autre part sur le crime  « évidemment inacceptable, mais bon depuis le rapport Khrouchtchev  on sait tout cela et on ne va pas nous bassiner les oreilles indéfiniment avec les crimes de Staline ».  Sous entendu : il y a les bons génocides qui démontrent le caractère intrinsèquement fasciste  de la droite abominable, pétainiste de façon innée et  génocidaire dès que l’occasion se présente,  et les génocides qu’il faut oublier et ne jamais commémorer car ils sont les accidents sans doute inévitable d’une histoire « complexe » mais dont les auteurs avaient les intentions les plus heureuses, sauf naturellement quand ils étaient pervers comme Staline, fous comme Pol Pot, négusifiés comme Mengistu,   légèrement dérangés comme les dirigeants  Nord-coréens,  ridicules comme Ceauscescu ou Enver Hodja,  obsédés sexuel comme Mao,  psycho rigides comme Honecker.

La Shoah mérite les centaines d’articles, de reportage, de livres, de film  qui inlassablement plaident pour un devoir de mémoire impérieux.  Mais les génocides innombrables du socialisme viril et de la révolution marxiste- léniniste doivent être oubliés à peine cités.   

Il importe de ne pas remettre en cause l’enthousiasme  de la jeunesse « conscientisée »  pour la divine révolution socialiste, celle qui permet de créer une société « vraiment de gauche »  et dont les figures admirables vont de Ho Chi Minh et ses trente ans de guerre incessante, ses 700.000 déportés dont les deux tiers périront dans les camps, sous la direction de conscience des Boudarel de service, en attendant les boat people,  Fidel Castro et sa jolie dictature où on se paie les balseros à la mitrailleuse à partir de joyeux hélicoptères en goguette,  Mugabe, son racisme anti blanc  et la ruine radicale du pays le plus riche d’Afrique, les gentils Farc en lutte contre le droit de cuissage et l’oligarchie ( jusqu’au jour où leurs crimes devenant intolérables on les éliminera du radar socialiste en évoquant que désormais c’était «  la faucille et le narco », pas les « vrais socialistes ».  

Il importe surtout de ne pas remettre en cause les réseaux qui tiennent  l’information, la culture et l’enseignement. Alors M. Labro vous pouvez feindre de vous étonner que l’enseignement français ait totalement occulté l’étude de Katyn dans les collèges et les lycées.  Aucun dirigeant du Ministère de l’Education Nationale ne prendra le risque d’affronter les accusations de fascisme de toutes les camarillas socialistes et communistes qui noyautent l’enseignement depuis Langevin Wallon.  Ce serait aussi la chasse à l’homme contre l’anticommuniste primaire qui veut assimiler les crimes d’Hitler et des nazis avec les petits débordements  du camp du progrès, une idée nécessairement « simpliste ».

Alors le film de  Wajda sur Katyn passé aux élèves comme Nuit et Brouillard ? Vous n’y pensez pas !  Et si un jour un peu de conscience et de courage l’y impose, on verra aussitôt un cordon sanitaire se mettre en place pour minimiser l’impact  sur les jeunes consciences.

Katyn ce n’est rien si vous pensez par exemple au génocide Ukrainien : des millions de femmes d’enfants et d’hommes anéantis après avoir été privés de tout moyen d’existence pour tuer tout risque de rébellion nationaliste  et paysanne devant le magnifique programme de changement  historique de l’homme pourri par l’esprit de possession en « homo sovieticus » modèle.  Il existe des films sur ce massacre connu en Ukraine sous le nom de Holodomor (assassinat par la faim).   Jamais vous n’avez vu en 75 ans la moindre information dans aucun média. Le film n’est jamais passé à la télévision. Seule la télévision canadienne, mobilisée par la diaspora ukrainienne très forte au Canada, a osé briser le tabou en Occident.  Elle en a parlé et avec vérité.  En France rien.

EN FRANCE RIEN !

Une honte. Et au contraire une désinformation partout et notamment dans les programmes scolaires.

Il suffit de voir comment une camarilla travaillant en réseau désinforme et manipule les articles parus sous Wikipedia sur les épisodes les plus graves de la criminalité socialiste,  pour vérifier la force et l’actualité du syndrome de Léon Chaix.

Seule la création d’un mémorial aux dizaines de millions de victimes des génocides socialistes permettra de sortir enfin de cette maladie intellectuelle mortifère et mortiphile qui frappe toute la croûte médiatico-universitaire en France et qui explique en partie l’effondrement de la crédibilité des intellectuels français dans le monde, désormais assimilés à l’amour des génocides socialistes, façon Badiou.

La France doit redevenir le pays de Voltaire et ne plus vivre dans le syndrome de Léon Chaix pour retrouver un minimum de rayonnement.  Les gardes roses ou rouges  qui veillent à terroriser tous ceux qui osent dénoncer les génocides socialistes doivent être renvoyés à leurs ébats sinistres dans la mare de sang qu’ils adorent  et dans le mépris général.

Les innocents massacrés par la barbarie socialiste doivent être honorées. Ici et maintenant !  

Il faut à la France mille Labro !  Mais des Labros qui n’hésitent pas à parler de génocide. Katyn est un geste génocidaire.  Si Sebrenitsa est un génocide comme le dit le TPI alors Katyn en est aussi un : massacrer la moitié de la population de Sebrenitsa , les hommes,  près de 8000 victimes, est bien un génocide  (la liquidation d’une fraction de la population  sur un critère de race, de religion ou de nationalité).  Katyn, c’est trois fois plus de victimes et le critère est explicitement dans la définition du génocide.  Et au-delà de katyn, Holodomor, plusieurs millions de victimes, l’est aussi.  Et la destruction des cosaques l’est aussi. Et le traitement réservé aux pays baltes l’est aussi.  Etc. Etc.

M. Philippe Labro, on comprend votre prudence. Les socialistes et les communistes veulent bien qu’on parle de crimes contre l’humanité et sont vent debout lorsqu’on parle de génocide.  Le vrai courage est tout de même de ne pas trembler et de qualifier les génocides de génocides avec toute la rigueur nécessaire.  

M. Philippe Labro, encore un effort !

Jean Ferrat communiste sans états d'âme malgré les génocides

Nous n'avions pas l'intention de parler de Jean Ferrat.

Mais volià qu'on exploite son nom dans les manifestations communistes et cégétistes, après qu'une presse hagiographique ait choisi l'encensement sans la moindre réserve dans les jours suivants sa mort.

Rappelons que Jean Ferrat ne s'est pas contenté d'être communiste. Il n'a pas hésité à mettre son image au service du PC dans les pires moments sans JAMAIS avoir un mot de repentir pour les victimes des génocides commis par les différents partis socialistes.

Lorsque le Livre Noir du communisme  il n'a pas hésité une seconde à voler au secours de l'image du PC qui sombrait dans la mare de sang des massacres inuois révélés, en se mùultipliant dans les radios et les télévisions. 

Des millions de morts, des dizaines de millions de morts, des centaines de millions de vie irrémédiablement gâchées ?

Il s'en foutait bien M. Ferrat. Faire de cette indifférence aux victimes de génocides un gage de "fidélité" est immonde.Est-ce qu'on trouverait réellement fantastique la "fidélité" d'un nazi à la SS qui n'aurait aucun regards sur les victimes de la Shoah ?  Est-ce qu'on en chanterait la louange en coeur dans tous les medias ? 

Ce double traitement est obscène.Cette inversion des valeurs est immonde.

Ferrat s'est vautré dans le communisme génocidaire  et a chanté à répétition  Aragon dont on a donné ici le "poéme" appelant à l'élimination d'innocen,ts par une guépou maqssacreuse.

On est dans l'abjection pas dans l'exemplarité.

Seule la création d'un mémorial aux victimes des génocides commis au nom de l'instauration brutale du communisme permettra de mettre fin  l'inversion totale des valeurs dont témoigne ce genre de culte dévoyé à la fidélité aux boureaux responsables de plus de 100.000 millions de morts innocentes.

 

 

 

 

 

Rafael Lemkin et Holodomor

Vous ne connaissez pas le mot "Holodomor" ? C'est normal. Le terme et ce qu'il recouvre, un effroyable génocide commis dans des conditions atroces qui fit en Ukraine entre 6 et 7 millions de victimes  entre 31 et 34.

Depuis que l'Ukraine a retrouvé sa souveraineté et surtout que des gouvernemenets non alignés sur Moscou ont réussi à s'imposer au pouvoir la vérité sur cette immense massacre s'est imposée en Ukraine.

Le gouvernement ukrainien cherche à faire reconnaître ce génocide.  Il a formulé de nomreuses demandes auprès de toutes les institutions. La dernière est le Parlement Européen. Sept millions de morts dont plus de la moitié morts de faim dans des villages coupés du monde par l'armée rouge ; un massacre dont tous les documents récemment publiés mongtrent qu'il a été commandé expréssement. Il fallait réduire l'Ukraine et détruire les Koulaks en tant que classe.

Et bien le Parlement Européen a bien voulu admettre le crime contre l'humanité mais pas le génocide. Vous n'en avez pas entendu parler. Normal : la presse française n'en a pas parlé ou tellement vite et tellement peu ou tellement négativement que votre attention n'a pas pu être attirée.

Des discussions filandreuses ont eu lieu pour savoir ce qui était ou n'était pas un génocide. Elles étaient toutes de mauvaise foi à gauche : on ne veut tout simplement pas que le socialisme se retrouve avec un génocide sur les bras. Imaginons qu'on lui applique le même traitement politique et médiatique qu'à la Shoah !

Alors le parlement a inventé le génocide canada dry : cela ressemble à un génocide ; cela a le gout du génocide ; mais ce n'est pas un génocide.

Les élections européennes ont eu lieu récemment. Personne n'a jamais discuté des décisions qui ont été prises pendant la législature finissante. pas un mot.

Personne n'a parlé de cette terrible forfaiture qu'aura été la non qualifiation de génocide d'Holodomor.

Chut !!!!

Parmi les arguments invoqués, il y a eu cet argument massue : celui qui a défini le concept de génocide et a réussi à l'imposer lors du procès de Nuremberg, Raphaël Lemkin, n'a jamais qualifié Holodomor de génocide et ne s'est déclaré que sur l'affaire arménienne et sur la Shoah.

C'était naturellement un mensonge. Il éclate aujourd'hui, alors que l'on va fêter le centième anniversaire de la naissance de R. Lemkin un document imparable a été déniché dans ses papiers. la source est totalement officielle et validée.

Voici le texte :

Raphaël LEMKIN


                                Un  GENOCIDE SOVIETIQUE EN UKRAINE*


                                   Sossyura  - AIMEZ L’UKRAINE -
« Vous ne pouvez aimer les autres peuples si vous n’aimez pas l’UKRAINE » (1)

    Le meurtre de masse de populations  et de nations qui marqué la progression  de l’Union Soviétique en Europe n’est  pas une nouvelle spécificité de sa politique d’expansionnisme, il ne s’agit pas d’une innovation  destinée simplement à créer l’unité à partir de  la diversité des Polonais, Hongrois, Baltes, Roumains, présentement en train de disparaître dans les franges  de son Empire. C’est au contraire une caractéristique structurelle même de la politique intérieure du Kremlin, dont les gouvernants actuels se sont certainement inspirés des nombreux exemples donnés par  les opérations de la Russie tsariste. Il s’agit en fait d’une étape indispensable dans le « process » de l’Union que les leaders  Soviétiques espèrent ardemment voir produire  « l’Homme Soviétique », la « Nation Soviétique » et afin d’atteindre ce but, cette nation unique, les dirigeants du Kremlin vont détruire sans remords les nations et les cultures  qui existent depuis des temps immémoriaux en Europe de l’Est.

Ce (2) dont je veux vous parler est peut être l’exemple type du Génocide Soviétique, son expérience la plus ancienne et la plus achevée en terme de Russification – la destruction de la nation Ukrainienne. Il s’agit tout simplement – comme je l’ai dit - de la suite logique des crimes tsaristes tels que  la noyade ordonnée  par Catherine la Grande, de 10.000 Tatars de
Crimée, les crimes de masse perpétrés par les « troupes S.S » d’Ivan le Terrible – l’Oprichtchina - l’extermination des leaders nationaux polonais, et des catholiques ukrainiens par Nicolas 1er et les séries de pogroms anti-juifs, qui ont entaché périodiquement l’Histoire Russe. Cela s’est déjà traduit au sein de l’Union Soviétique par l’annihilation de la nation ingérienne, des cosaques du Don et du Kouban, , des Tatars de la République de  Crimée des nations Baltes : Lituanie, Lettonie, Estonie, . Tous ces cas sont des exemples de la politique  à long terme de liquidation des peuples non Russes, par la suppression d’éléments spécifiques.

    L’Ukraine constitue  une parcelle méridionale de l’URSSS comparable par sa superficie à la France et à l’Italie , et comprenant plus de 30 millions d’habitants (3).  Véritable grenier à blé de la Russie, sa géographie a fait de l’UKRAINE un  point d’accès stratégique vers le pétrole du Caucase, de l’Iran et vers l’ensemble du Moyen-Orient. Au Nord, elle borde la Russie à proprement parler.
Aussi longtemps que l’Ukraine conservera son unité Nationale, aussi longtemps que son peuple continuera à se considérer comme ukrainien et à revendiquer son indépendance, l’Ukraine représentera une sérieuse menace pour le cœur même du soviétisme. Il n’y a rien de surprenant à ce que  les leaders communistes  aient attaché depuis longtemps la plus grande importance à  la russification de ce membre indépendantiste de leur « Union des Républiques » et aient décidé de le rendre conforme  à leur modèle d’une nation russe unique. Tout simplement parce que l’Ukrainien n’est pas et n’a jamais été un Russe ; sa culture, son tempérament, sa langue, sa religion ….tout est différent. Au voisinage immédiat de MOSCOU, il a toujours refusé d’être collectivisé, acceptant la déportation et même la mort. Il est donc particulièrement important  que l’ Ukrainien soit réajusté  au moule de l’Homme Soviétique idéal.

    L’Ukraine est gravement  menacée par le meurtre racial de catégories spécifiques,  de sorte que  les tactiques  communistes sur place  n’ont pas vraiment pris  la même forme que les attaques allemandes contre les Juifs. Cette nation est trop peuplée pour être complètement et efficacement exterminée. Quoi qu’il en soit, ses leaders religieux, intellectuels, politiques et ses élites sont assez peu nombreux et ils sont éliminés facilement. Et c’est sur ces groupes  que la toute puissance de la machine soviétique s’est abattue avec ses  armes  habituelles que sont le meurtre de masse, la déportation et  les travaux forcés, l’exil et la famine.

    Les attaques se sont toujours manifestées de la même façon avec un mode opératoire  sans cesse réitéré afin d’écraser  toute nouvelle manifestation de l’esprit national.  Le premier coup a été porté contre l’Intelligentsia, la conscience nationale,  afin de paralyser le reste de la Société. En 1920, 1926, et à nouveau entre  1930 et 1933, les enseignants, écrivains, artistes, penseurs, leaders politiques ont été liquidés, emprisonnés ou déportés. Selon le trimestriel Ukrainian Quaterly  paru en Automne 1948, 51713 intellectuels ont été envoyés en Sibérie pour la seule année 1931. Au moins 114 éminents poètes, écrivains et artistes, les éléments culturels les plus brillants de la nation, ont connu le même sort. Les estimations les plus  prudentes indiquent qu’au moins 75% des intellectuels ukrainiens et des entrepreneurs d’Ukraine occidentale, d’Ukraine carpatique et de la Bucovine ont été brutalement exterminés par les Russes ( ibid – Ukrainian Quaterly - été 1949 )

    En parallèle  avec  ces attaques contre l’intelligentsia ont été  déclenchées des offensives contre les églises, les prêtres, leurs hiérarchies, l’Ame de l’Ukraine. Entre 1926 et 1932, l’Eglise ukrainienne autocéphale, son Métropolite (Lipkisky) et 10.000 membres du clergé  ont été liquidés. En 1945 quand  les soviétiques se sont établis en Ukraine occidentale
un sort similaire a été réservé  à l’Eglise Catholique Ukrainienne. Que la russification ait été le motif unique  de ces actions est clairement démontré par le fait que, avant sa liquidation,  on ait proposé  à l’Eglise de rejoindre le Patriarcat de Moscou, l’instrument politique du Kremlin.
    Deux semaines seulement avant la Conférence de San Francisco, 11 Avril 1945, un
détachement du NKVD  a encerclé  la Cathédrale St Georges à Lviv, arrêté le Métropolite SLIPYJ, 2 évêques, 2 prélats et de nombreux prêtres (4). Tous les étudiants du séminaire théologique ont été expulsés de leur école, tandis qu’on expliquait aux professeurs que l’Eglise gréco-catholique avait cessé d’exister, que leur Métropolite avait été arrêté, et qu’il serait remplacé par un évêque désigné par les Soviétiques. Ces faits se sont répétés à travers toute l’Ukraine occidentale, et en Pologne, au-delà de la ligne Curzon (5). Au moins 7 évêques ont été arrêtés, et l’on n’a plus jamais entendu parler d’eux ; il n’y a plus aucun évêque de l’Eglise catholique ukrainienne libre dans cette zone. 500 prêtres qui s’étaient  rassemblés pour protester contre les actions des Soviétiques ont été arrêtés ou abattus. Dans toute la région les prêtres et les fidèles ont été tués  par centaines, alors que des milliers d’entre eux ont été envoyés dans des camps de travaux forcés. Des villages entiers ont été dépeuplés. Pendant la déportation les familles ont été délibérément séparés, les pères en Sibérie, les mères dans les briqueteries au Turkestan  et les enfants dans des  internats pour y être « éduqués ». Pour le seul  crime d’être ukrainienne, l’Eglise elle-même a été déclarée  nuisible à la prospérité de l’Etat Soviétique et ses membres ont été fichés par la police politique  en tant qu’ennemis du peuple potentiels.

    En conséquence, à l’exception de 150.000 fidèles en Slovaquie, l’Eglise catholique d’Ukraine  a officiellement été liquidée, sa hiérarchie emprisonnée, son clergé dispersé et enfermé.
    Ces attaques contre la Spiritualité, ont eu et continuent d’avoir des effets désastreux sur les élites de l’Ukraine, dans la mesure où ce sont les familles du clergé qui ont traditionnellement fourni une partie importante des élites, tandis que les prêtres eux-mêmes ont toujours été des leaders dans leurs villages  et leurs épouses responsables d’organisations charitables (selon la tradition byzantine, les prêtres ont le droit de se marier et de fonder une famille- ndt). Les ordres religieux, de leur côté, géraient les écoles  et s’occupaient des œuvres de bienfaisance.
    La troisième attaque du plan soviétique était dirigée contre les fermiers, la très grande masse de paysans indépendants qui sont les dépositaires des traditions, du « folklore » et de la musique, de la langue nationale, de la littérature de l’Ukraine..L’arme utilisée contre cette partie de la population  est sans doute la plus terrible de toutes – la famine. Entre 1932/1933
5 millions d’ukrainiens sont morts de faim. Un acte inhumain que le 73° Congrès a dénoncé le 28 Mai 1934 (6). On a bien essayé de dissimuler ce sommet  de la cruauté soviétique, de le réduire à un problème économique lié à la collectivisation des terres à blé et à  l’élimination des koulaks (fermiers indépendants), qui apparaissait de ce fait indispensable. Il n’en reste pas moins que les grands propriétaires terriens,  étaient très peu nombreux en Ukraine, et très dispersés. L’auteur soviétique KOSSIOR (7)  a déclaré dans les Izvestias du 2 Décembre 1933  que « Le nationalisme ukrainien est notre danger principal », et c’est pour cette raison, pour détruire ce nationalisme, pour  mettre en place l’horrible uniformité de l’Etat Soviétique, que la paysannerie ukrainienne a été sacrifiée. La méthode employée dans cette partie du plan  n’a pas du tout été restreinte à un groupe particulier. Tous ont souffert : les hommes, les femmes, et les enfants. La récolte, cette année, était  largement suffisante pour nourrir  toute la population et le bétail d’Ukraine, même si elle était inférieure à celle de l’année précédente une baisse due, probablement, au combat contre la collectivisation. Mais une famine était nécessaire aux soviétiques et ainsi en ont-ils décrété une, dans le cadre du Plan,  au travers de réquisitions inhabituellement élevées au bénéfice de l’Etat.  Et par-dessus tout, des milliers d’hectares de blé n’ont pas été moissonnés et ont fini par pourrir dans les champs. Le reste a été envoyé dans les silos gouvernementaux pour y être stocké jusqu’à ce que les autorités aient décidé de quelle façon l’utiliser. La part la plus importante de cette récolte, si vitale pour la survie du peuple ukrainien, a fini sous forme d’exportations destinées à rapporter des devises depuis l’étranger.
         Confrontés à cette famine, des milliers des fermiers ont quitté  les zones rurales et se sont alors dirigés vers les villes pour y mendier de la nourriture. Rattrapés sur place puis renvoyés vers les campagnes, ils y ont laissés leurs enfants dans l’espoir que ceux-ci pourraient survivre. Par exemple, dans la seule ville de Kharkiv ( alors capitale de l’Ukraine soviétique – ndt ) près de 18 000 enfants ont été abandonnés. Des villages comptant à l’origine des milliers d’habitants se sont retrouvés avec quelques centaines de survivants. Dans d’autres, la moitié de la population a disparu, et dans ces bourgs entre 20 et 30 personnes pourraient chaque jour. Le cannibalisme s’est développé.
       Comme l’écrivait en 1933 C. Henry Chamberlain(8), correspondant à Moscou du Christian Science Monitor :  

   « Les communistes ont  suscité l’apathie et le découragement, le sabotage et la contre-révolution et,  avec à la manière  impitoyable coutumière des  idéalistes imbus d’eux-mêmes ils ont décidé de laisser la famine se répandre avec l’idée que cela pourrait donner une bonne leçon aux paysans. De l’aide a été distribuée au compte-gouttes aux fermes collectives mais d’une façon tellement inappropriée et si tardivement que beaucoup de vies avaient déjà été perdues. Les paysans individuels, quant à eux, ont été laissés à l’abandon  et  la mortalité particulièrement élevée dans leurs rangs s’est avérée être un argument de poids pour les forcer à rejoindre les fermes collectives. »

      La quatrième étape dans ce processus a consisté en une fragmentation brutale du peuple ukrainien par l’adjonction sur le territoire ukrainien de populations allogènes et la dispersion des Ukrainiens à travers toute l’Europe orientale, afin de détruire l’unité ethnique et de mélanger les nationalités. Entre 1920 et 1939, la part de la population d’origine ukrainienne dans la totalité de la population d’Ukraine est passée de 80% à seulement 63,2 % (9). A cause de la famine, la population  ukrainienne absolue est passée de 23.2 millions à 19.6 millions, cependant que la population d’origine non-ukrainienne s’est accrue de 5.6 millions d’individus. Si l’on se souvient qu’il n’y a  pas si longtemps l’Ukraine avait le taux de croissance démographique le plus élevé de toute l’Europe, alors on peut se dire qu’effectivement la but des  Russes a été atteint.

        Nous venons de voir  les principales étapes de la destruction systématique de la nation ukrainienne. On remarque qu’il n’y a pas eu de tentative de complète annihilation, comme cela a été le cas avec les attaques allemandes contre les Juifs. Pour autant, si le programme soviétique est mené à son terme, si l’intelligentsia , les prêtres et les paysans sont tous éliminés, alors l’Ukraine sera aussi morte que si tous les Ukrainiens avaient été éliminés, dans la mesure où elle aura perdue l’essence même de ce qui a permis de maintenir et de développer dans le temps sa culture, ses convictions, ses valeurs communes, et ce qui l’a guidée et lui a donné une âme, ce qui  a, en résumé, fait d’elle une Nation et non pas simplement une masse de population.   
         Quoi qu’il en soit, les meurtres de masses, aveugles, n’ont pas manqué. Mais ils ne faisaient pas partie intégrale des plans, ils en étaient  simplement des variations fortuites. Des milliers de personnes ont été exécutées. Des dizaines, voire des milliers d’autres sont parties vers une mort certaine dans les camps de travaux forcés de Sibérie.
         La ville de Vinnitsya pourrait être considérée à juste titre comme le Dachau ukrainien. Là-bas, dans près de 91 fosses  reposent les corps de  9 432 victimes de la tyrannie soviétique, abattues par le NKVD entre 1937 et 1938. Depuis cette date, les corps avaient été placés par une cruelle ironie sous un plancher de danse, au milieu des pierres tombales de vrais cimetières, dans les bois, jusqu’à leur découverte par les allemands en 1943. La plupart des victimes avaient été déclarées comme exilées en Sibérie par les autorités soviétiques.
         L’Ukraine a elle aussi son Lidice, dans la ville de Zavadka, détruite par les laquais polonais du Kremlin en 1946 (10). A trois reprises, les troupes de la seconde Division polonaise ont attaqué la ville, tuant les hommes, les femmes et les enfants,  brûlant les demeures et volant le bétail. Au cours du second raid, le commandant Rouge   déclara à ce qu’il restait de la population : «  Un sort identique attend tous ceux qui refuseront de retourner en Ukraine. J’ordonne donc  que le village soit évacué dans les trois jours. Sinon, j’exécuterai chacun d’entre vous. »( source : La mort et la dévastation sur la ligne Curzon, de Walter Dusnyk ).
        Quand la ville a finalement été évacuée par la force, il ne restait que 4 hommes parmi les 78 survivants. Au cours du mois de mars de la même année, deux autres villes ukrainiennes ont été attaquées par la même unité Rouge et ont subi à peu près le même sort.
   Ce que nous venons de voir ici ne concerne pas la seule Ukraine. Les méthodes employées par les Soviétiques là-bas  ont été et sont encore  fréquemment réutilisées. Il s’agit même d’une caractéristique de leur plan d’expansion dans la mesure où cela leur permet de construire très rapidement une unité à partir de la diversité des nations qui constituent l’Empire soviétique. Le fait  que cela  engendre des souffrances indescriptibles pour des millions de personnes  ne les conduit absolument pas à infléchir leurs méthodes. Ne fut-ce qu’au nom des souffrances humaines, nous devrions absolument condamner cette uniformisation  comme criminelle. Mais il s’agit bien plus que de cela, que d’un simple crime de masse. Il s’agit d’un acte de génocide, de destruction, pas seulement des individus mais d’une culture, d’une nation. Même s’il était possible de réaliser ceci sans aucune souffrance, nous devrions tout de même le condamner parce que la communauté des valeurs, l’unité des idées, des langues et des coutumes qui constituent ce que nous appelons une nation  représentent le plus important de nos moyens de civilisation et de progrès.  Il arrive que des nations se mélangent et forment ensemble de nouvelles nations – nous en avons un bon exemple en ce moment dans notre pays – mais alors ce mélange consiste à une mise en commun au bénéfice de tous des avantages  de chacune des cultures.  Et c’est de cette façon que le monde progresse. Alors, en-dehors de la question cruciale des souffrances humaines et des droits de l’Homme, ce que nous désapprouvons totalement avec les méthodes soviétiques c’est le gaspillage criminel des cultures et des civilisations. Parce que l’unité nationale soviétique se créé non pas par une union des civilisations  et des cultures mais par la destruction de toutes les cultures et de toutes les idées à l’exception d’une seule, la  culture soviétique.     


*  Ce texte est une reproduction de l’original typographié retrouvé dans les documents  de Raphaël LEMKIN – Département des manuscrits et archives, Bibliothèque publique de New York , Fondations Astor, Lenox et Tilden, boîte 2, dossier 16. A l’exception d’erreurs typographiques manifestes qui ont été identifiées et corrigées, la terminologie et l’orthographe des noms géographiques utilisées par l’auteur ont été conservées.

 1. Vers de Wolodymyr Sossyura, rajoutés au crayon. Sossyura écrivit ce poème patriotique en 1944, pendant la guerre germano-soviétique. Choyé par les autorités dans un premier temps, il fut condamné pour nationalisme en 1948. Voici les deux lignes en version ukrainienne originale :
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2. « Commencer ici »  rajouté au crayon devant le mot « Ce »
3. Au moment où Lemkin écrivit ce texte (années 50), la population ukrainienne avoisinait les 40 millions de personnes.
4. La Charte créant les Nations Unies fut signée lors de la conférence tenue les 25 et 26 Avril 1945 par les délégués de 50 pays, y compris l’URSS et la RSS d’Ukraine.
5. La Ligne Curzon fut proposée  par les Britanniques pour délimiter la frontière entre la Pologne et l’URSS au sortir de la première Guerre mondiale. Par la suite, elle servit de base à la définition de la frontière entre ces deux états à la fin de la seconde Guerre mondiale. La frontière ainsi définie laissait une importante minorité ukrainienne du côté polonais.
6. LE 28 Mai 1934, le député de New York Hamilton Fish proposa une résolution ( résolution 399 du 73em. Congrès ). LE document stipulait que «  plusieurs millions d’habitants de la République socialiste soviétique d’Ukraine … sont morts de faim entre 1932 et 1933. » La résolution condamnait l’URSS pour « usage de la famine comme arme destinée à diminuer la population ukrainienne et à détruire ses droits politiques, culturels et nationaux » et exigeait :
   Que la Chambre des Représentants exprime son soutien à tous ceux qui ont été victimes  de la grande Famine en Ukraine qui a provoqué  la souffrance, la désolation et la mort  pour des millions de paisibles paysans ukrainiens, …
   Que le gouvernement soviétique prenne des mesures énergiques pour réduire les conséquences terribles de cette famine, …
   Que le gouvernement soviétique ne s’oppose pas aux citoyens américains désireux d’envoyer de l’aide sous forme d’argent, de nourriture et de matériel aux régions d’Ukraine touchées par la famine.
La résolution fut transmise à la Commission des affaires étrangères mais ne fut jamais adoptée par la Chambre des Représentants (cette résolution est reproduite dans The Ukrainian Quaterly n°4 – 1978 – pp. 416-17).
7. Dans la version originale, le nom est écrit « Kossies », une erreur orthographique évidente. Stanislas Kossior n’était pas un auteur mais le Secrétaire général du Comité central du Parti communiste (bolchévique) d’Ukraine, c’est-à-dire le dirigeant politique de la république. Le numéro du 2 Décembre des Izvestiia contient un discours de trois pages de Kossior intitulé «  Les résultats et les tâches immédiates dans la mise en place de la politique nationale en Ukraine. » En voici  très précisément l’un des passages, tiré d’une résolution adoptée lors d’un plénum commun entre le Comité central et le Comité de contrôle central  du Parti (bolchévique) d’Ukraine : «  A l’heure actuelle, le danger principal en Ukraine vient du nationalisme ukrainien, lié à des int&eacu

La lettre qu’aurait du écrire Petrella

J’ai honte et j’accuse !

Aujourd’hui lorsque je vois l’immensité du mal que les Brigades rouges ont fait, les centaines de personnes estimables et le plus souvent désarmées, assassinées lâchement, les milliers de membres de leur famille obligés à subir toute leur vie les conséquences de nos crimes, j’ai honte. Une honte inextinguible. Une honte sans espoir de repos. Une honte qui me détruit au plus profond.

J’ai honte oui,  j’ai honte.  Honte d’avoir tué pour rien d’autre que des fantasmagories idéologiques qui me sont aujourd’hui incompréhensibles. J’ai honte d’avoir tué gratuitement en me glorifiant moi-même de mon audace alors que je savais au fond de moi dès cette époque que c’était ignoble.  J’ai honte d’avoir recruté et dirigé des tueurs sans plus de scrupules que moi.  J’ai honte d’avoir déshonoré mes victimes en les couvrant d’injures avant de les tuer  et de n’avoir jamais crié leur innocence profonde. J’ai honte de m’être à ce point trompé sans que l’inconséquence de la jeunesse puisse me servir d’excuses ou de réconfort. 

Dans les flaques de sang parsemées dans tout Rome, on ne voyait aucun avenir, aucun espoir, aucuns lendemains qui chantent.  Elles ont disparu du sol romain mais elles enveloppent mon remord comme elles baignent le désespoir des proches de ceux que nous avons sacrifié par bêtise ardente.


Alors j’accuse.


Je m’accuse d’être passée à l’acte alors que mes raisons me paraissaient déjà incertaines et problématiques  à  l’époque alors que les actes,  eux,  étaient radicaux, expéditifs,  définitifs et sans retour en arrière pour les victimes et leur famille.  J’aurai pu me contrôler. Nous avons tous notre libre arbitre. Je me suis lamentablement  et mortellement trompée.  Oui, je m’accuse !

J’accuse aussi ceux qui ont baigné d’idéologie révolutionnaire  ma jeunesse, ceux qui ont justifié tous les crimes des différentes révolutions, ceux qui ont abaissé mes défenses morales en prétendant que tuer n’était pas assassiner parce que le meurtre d’un tyran et la lutte violente contre une domination violente  sont légitimes.

J’accuse tous ceux qui nous fait croire que nous étions des combattants  alors que nous n’étions que de lâches terroristes tapis dans l’ombre pour tuer des personnes désarmées et sans défense que nous trouvions «symboliques». Nous n’avons pas tué des symboles mais des hommes.

J’accuse tous ceux qui inlassablement diabolisent des ennemis d’autant plus nombreux qu’ils sont du plus grand flou. Haïr la bourgeoisie, puis aller tuer son  voisin ! 

J’accuse les communistes, dont les crimes sont ahurissants et qu’on nous a si longtemps présentés comme des purs ! J’accuse les socialistes qui font en permanence un procès en fascisme à tous ceux qui ne partagent pas la doctrine et n’a pas fait sa rupture avec le révolutionnarisme !  J’accuse l’extrême gauche et ses grands prêtres qui amènent tant de jeunes dans le jeu de la mort qu’est une révolution rêvée. 


Je demande qu’un mémorial soit dressé en mémoire aux victimes de tous les crimes contre l’humanité  commis au nom de l’avènement brutal  du socialisme et où mes crimes s’afficheront à leur place, afin que plus jamais il n’y ait de nouvelle Petrella , plus de meurtres lâches, plus de victimes innocentes.

Je sais que si je vais  en prison je mourrais. Après avoir vécu si longtemps les tourments que me valent  la mort inexcusable de mes victimes, j’ai cru réussir à m’échapper dans la paix affreuse que procure l’impunité facile  et la cache peureuse dans une vie terrée et médiocre.

Je sais que je ne pourrai par vivre dans le remugle du passé qui est le mien.   Je crains cette mort à hauteur des morts que j’ai moi-même provoquées. Je suis lâche. Oui je suis lâche ; aussi lâche aujourd’hui que je l’étais à l’époque où j’esquivais toute discussion le jour où je décidais  un meurtre sordide, de dos, contre des personnes sans défense et sur qui la foudre s’abattrait par surprise sans qu’ils puissent même esquisser un geste.   C’est si facile de tuer en démocratie !  

Mais ma mort sera exploitée à charge par mes anciens compagnons de route  qui feront de moi une martyre « de la répression » et instrumentaliseront ma mort pour faire de nouvelles dupes.  Je ne veux pas de cela. 

Je préfère que l’on dise : elle est morte en lâche après une multitude de crimes lâches, protégée en lâche. J'aurai au moins témoigné de la haine et du dégoût que m’inspire ma propre histoire brigadiste ; et j’aurai exprimé  le mépris insurmontable que m’inspire la triste cause que j’ai cru devoir défendre en m’attaquant les armes à la main à des innocents.   

Pardonnez-moi parce que ma mort en prison tant d’années après les faits ne servira nulle bonne cause alors que ma liberté injuste, morose, malade et repentante prouvera contre mes idées d'alors la force bonhomme de la démocratie.

 

Farc : le retour de la propagande

L'affaire Betancour a provoqué pendant un temps la condamnation forcée des Farc : l'ignominie des crimes contre l'humanité  commis par cette organisation  ne pouvait guère être tue plus longtemps.

Cela ne pouvait pas durer. Déjà le silence est retombé. On voit refleurir la même désinformation qui avait lieu précédemment.  Trois évènements récents donnent la dimension de ce retour en arrière :

- L'inauguration officielle le 26 septembre 2008  d'une statue à Manuel Marulanda, le tueur historique des Farc, au centre d'une place portant son nom, à Caracas.  La France dont une des ressortissante a été si longuement été séquestrée aurait pu s'insurger contre cette ignominie surtout qu'elle se prétend "patrie des droits de l'homme". Silence. Le Président Chavez a été reçu comme un ami lors de sa dernière tournée qui se finit à Moscou pour acheter des armes.  Les associations françaises  pour les droits de l'homme (Mrap etc.) se sont courageusement tues.

- La publication par les mêmes "ONG" partiales qui depuis des années protègent les Farc d'un rapport expliquant encore et encore que les exactions ne sont pas dues principalement aux Farc.  Il est parfaitement exact que comme dans d'autres pays sud américains la violence règne un peu partout dans le pays et que les truands ont leurspart du désastre humanitaire.  Mais l'astuce qui consiste à ne compter que les victimes dont il est "certain" qu'elles ont été tuées par les Farc  et à affecter le solde à des forces "plus ou moins protégées" par le gouvernement, on biaise totalement la vérité. Imaginons la France avec 10.000 terroristes en armes semant la terreur  et des ONG décidant que tous les crimes qui ne peuvent pas être explicitement affectées à ces terroristes soient le fait du gouvernement !Ce rapport malhonnête a fait naturellement les choux gras de la presse d'accompagnement des Farc, notamment en Suisse où l'on sait que la cellule de propagande des farc est très importante et fortement implantée dans la presse.

- Fighters + Lovers est une entreprise danoise qui fabrique des tee shirt à la gloire des Farc. On croit rêver mais non,  tout est vrai. Ces salopards n'hésitaient pas à faire de l'argent avec les instruments de propagande pour des criminels bajects.  La cour d'appel a fini par condamner légèrement deux des instigateurs. Le site ne donne plus la même propagande éhontée qui était toujours calcquée sur les méthodes stalinienne : on ne dit rien directement mais on fait dire par un compagnon de route, en général un notable dans un pays libre, tout le bien qu'on pense du juste combat des héroiques révolutionnaires.Imaginons un instant qu'un site de propagande nazie ait mis en vente des tee shirt à la gloire de Goebbels et de Hitler  avec un long texte de propagande d'un professeur d'université ! L'immense scandale ; l'élimination ignominieuse du professeur félon etc.  Dans notre affaire : silence sur toute la ligne.

On voit bien que les réseaux communistes montés pendant la guerre froide ont la vie dure.  Après avoir courbé l'échine les mêmes qui ont défendus tous les crimes contre l'humanité commis au nom du socialisme sont de nouveau au travail.

 

 

 

 

 

 

 



Réponse à l'article choquant de Nicolas Weill dans le monde du 16 août 2008

A Nicolas Weill – weill@lemonde.fr – Article disponible à l'adresse : http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/08/15/soljenitsyne-un-heros-inquietant-par-nicolas-weill_1084097_0.html

Lundi 18 août 2008 Lettre ouverte.

Monsieur,

Votre article dans le monde du 16 Août 2008, intitulé « Soljenitsyne un « héros inquiétant » », ne peut que susciter des réactions attristées voire indignées. La Shoah, 3 millions de victimes comptées, 5 millions quasi certaines, 6 millions plus que probables, a fixé des règles en matière de génocide, grâce à l'action persévérante de quelques uns et la prise de conscience générale :

- Devoir de mémoire pour les victimes.

- Devoir de vérité pour les faits qui ne doivent pas être occultés, niés ou minimisés.

- Devoir imprescriptible de sanction contre les auteurs.

- Devoir de dénonciation des idéologies et des attitudes qui ont créé les conditions du génocide, sans tolérer les exonérations faciles.

- Devoir de vigilance contre ceux qui tentent de justifier l'intolérable et qui veulent éventuellement remettre au goût du jour des pensées mortifères.

- Devoir de repentance pour les institutions ayant favorisé d'une façon quelconque et aussi peu que ce soit l'occurrence des massacres.

 

Bien sûr, il faut se garder d'aller trop loin et des dérives sont possibles :

- Dérive mercantile, l'exploitation financière du drame et de l'émotion l'emportant sur les devoirs de la mémoire.

- Dérive communautariste, les morts passés servant à donner des avantages aux vivants d'aujourd'hui contre des adversaires de toujours.

- Dérive politique, les souffrances subies servant à justifier des violences infligées ici et maintenant à d'autres.

- Dérive idéologique, limitant la liberté de pensée et générant une censure sur le travail des historiens.

- Dérive religieuse, la condamnation tournant à la malédiction et la culpabilisation de collectivités entières.

Mais tout le monde admettra qu'il y a une « jurisprudence » indispensable et légitime du traitement des génocides sur l'exemple de la Shoah. C'est très bien ainsi. Elle doit s'appliquer naturellement à tous les génocides et le TPI nous rappelle que c'est le cas pour ceux perpétrés à Srebrenica ou au Rwanda. Le Grand Génocide Socialiste, 100 millions de victimes comptées, 130 millions quasi certaines et 150 millions plus que probables, doit évidemment faire l'objet du même traitement.

C'est le plus grand massacre d'innocents de toute l'histoire de l'humanité (qui en a connu pourtant de sévères) et malheureusement on compte des victimes encore aujourd'hui (15.000 au Népal tuées par l'ignoble maoïste Prachanda qui a même réussi à s'imposer au pouvoir, des dizaines de milliers de victimes des Farc en Colombie, les exactions du marxiste Mugabe, la répression au Tibet, à Cuba ou en Corée du bord etc.).

Ce génocide gigantesque fait l'objet notamment en France d'une tentative odieuse de maquillage sous l'influence d'un terrorisme intellectuel organisé par le mouvement socialiste toutes composantes réunies. Comme l'a si bien décrit Léon Chaix pendant des années sur le site du Monde .fr, la manipulation s'organise autour de quatre comportements condamnables :

- L'occultation

- La négation

- La minimisation

- L'exonération.

La force du témoignage de Soljenitsyne, c'est qu'il a empêché l'occultation du Goulag et réduit à rien les tentatives de négation, de minimisation et d'exonération. Grâce à lui on sait et de façon indéniable que la révolution bolchévique, avec Lénine et Trotski, et l'Union Soviétique avec Staline , ont massacré systématiquement des millions d' innocents avec parfois les mêmes méthodes que les Nationaux Socialistes allemands (comme le gazage des «koulaks » Ukrainiens, ou la mort en masse dans des camps de concentration) et souvent avec des trouvailles d'une rare cruauté comme les famines organisées liquidant des pans entiers de population comme en Ukraine ou en Chine.

Les mots Goulag et Zek totalement occultés en Occident grâce à la vigilance des socialistes et des communistes de toutes obédiences (notamment trotskistes) apparaissent soudain dans les consciences mondiales grâce à Soljenitsyne, toutes les tentatives précédentes de vérité ayant été étouffées avec succès. C'est un véritable exploit que d'avoir ainsi imposé contre une formidable coalition d'intérêts idéologiques et politiques la connaissance véritable du plus terrible génocide qui ait affecté la planète, au moins en terme quantitatif. Il y fallait une personnalité hors normes.

En réduisant Soljenitsyne à un homme dont « les épreuves traversées forcent l'admiration », vous abaissez votre hommage douteux à sa seule personne. Son épreuve n'est rien par rapport au génocide qu'il dénonce. En en faisant par petites touches un « héros inquiétant » vous aggravez encore l'ignominie précédente.

Qu'espérez-vous donc ? Qu'en rendant suspect un individu vous pourrez occulter son témoignage ? Il semble bien que cela soit votre but. Vous enchaînez aussitôt sur une deuxième diatribe aussi infâme que la précédente. Selon vous les génocides commis au nom de l'instauration violente du socialisme ne méritent aucun devoir de mémoire.

Hommage du vice à la vertu vous ne le dites pas comme cela, ce serait trop clairement honteux. Vous mettez entre guillemets « l'obligation morale » d'un Nuremberg du communisme. Comme vous avez mis entre guillemets votre « héros inquiétant ». Vous évoquez ensuite une « pénible compétition mémorielle et victimaire avec la Shoah ». Pourquoi pas la « pornographie mémorielle » pendant que vous y êtes ? En quoi un génocide peut-il porter ombrage à un autre génocide ? Comment peut-il y avoir compétition entre génocides ? Cette notion est vide de sens. Il ne peut y avoir de bons et de mauvais génocides. Tous les génocides doivent bénéficier de la jurisprudence si bien établie pour la Shoah.

Il est intéressant de noter que vous ne prétendez pas qu'il y a « compétition victimaire » entre la Shoah et les génocides traités actuellement devant le TPI : Srebrenica et Rwanda. Il est vrai que ce sont des « petits » génocides et qu'ils ne portent ombrage à aucun clan et aucune idéologie en France.

Dernière accusation portée contre Soljenitsyne, toujours avec l'air de ne pas y toucher, celle d'antisémitisme.

Soljenitsyne a demandé des comptes à l'idéologie marxiste. De même que l'on cherche les racines idéologiques ou autres de la Shoah il est parfaitement légitime de chercher les sources du Grand Génocide Socialiste ; Marx en est indiscutablement une et la plus importante. En théorisant la nécessité de détruire « la classe dominante » pour permettre l'émergence de la société sans classe, en énonçant que la morale était une « superstructure » générée par la bourgeoisie pour pérenniser son pouvoir, il est en première ligne dans la fourniture des moyens idéologiques du Grand Génocide Socialiste.

On connait l'intensité des efforts faits par certains (comme par exemple J. Attali) pour tenter de disculper Marx. On l'aurait mal lu et mal compris ! C'est tragique et ridicule ! Tous ceux qui connaissent un tout petit peu la mécanique totalitaire mise en place dans les pays communistes savent que Marx a été constamment mis en avant pour donner au socialisme son caractère « scientifique » et justifier qu'on ne s'attarde pas trop sur des scrupules « bourgeois » lors de la destruction des classes dangereuses, à savoir « la bourgeoisie et ses séides ». Il suffit de lire le crédo public des Farc pour remarquer qu'ils se mettent sous la bannière du « marxisme » comme Mugabe et Prachandra. S'en prendre à l'idéologie mortifère marxiste ne peut être considéré comme de l'antisémitisme.

Soljenitsyne a exigé une forme de repentance de la part de la partie de la communauté juive qui a alimenté le communisme et qui en a dirigé une partie des crimes. L'implication directe dans le Grand Génocide Socialiste de personnalités reconnues comme juifs par eux même ou leur communauté, est bien établie. A commencer par Trotski, le premier organisateur et fournisseur du Goulag. Il suffit d'aller dans les anciens pays envahis par l'URSS pour se rendre compte encore aujourd'hui de la rancœur existant contre ceux des juifs qui ont accompagné l'occupation de leur pays par l'URSS et parfois ont  été les rouages des massacres et des épurations ethniques.

Bien sûr l'antisémitisme historique, permanent, toujours aussi fort dans ces pays, est largement la cause de cette rancœur inextinguible. Mais pas seulement. Un exemple ? En Bucovine du Nord récupérée par l'URSS après que Hitler et Staline se soient partagés l'Europe de l'Est, la communauté juive de Cernauti, majoritaire dans la ville, se divise en 1939 entre ceux qui veulent la démocratie, condamnent les exactions, refusent la soviétisation et finalement fuient le pays, et ceux qui non seulement la justifient mais y participent et condamnent leurs coreligionnaires réticents. Les Roumains expulsés ou massacrés dans l'année suivante ne pardonneront pas. Et on trouve là une des explications de la revanche hideuse qu'ils prendront au côté des Allemands dans l'annihilation des juifs de Bucovine dans les effroyables camps de Transnistrie quand l'opération Barbarossa leur redonne le pouvoir en Bucovine du Nord.

Le fait que Staline liquidera en grande partie les juifs de l'appareil soviétique après la guerre ne peut dédouaner ces derniers d'avoir eu quelques responsabilités dans les crimes précédant leur élimination. La demande de Soljenitsyne est du même genre que celle des instances juives qui exigent du catholicisme un devoir de repentance pour l'antisémitisme larvé ou ouvert d'une partie de leur doctrine ou de leur hiérarchie.

Pour notre part nous pensons que l'intervention de la race ou de la religion ou de la nationalité dans les affaires de génocides n'a pas lieu d'être : ce sont des individus et des pouvoirs de droit ou de fait qui commettent les crimes. Et c'est sur la base des crimes individuels que le droit fonctionne. Les Allemands au sens collectif ne sont pas responsables de la Shoah, pas plus que les Juifs au sens collectif et communautaire que peut avoir ce terme ne sauraient être rendus responsables même en toute petite partie du Grand Génocide Socialiste.

 

D'autant plus que beaucoup de juifs se sont opposés et ont condamnés la terreur soviétique, même après en avoir été un moment les compagnons de route à l'instar d'Arthur Koestler. La « révolution culturelle » chinoise dont on sait qu'elle a massacré des dizaines de millions de pauvres gens a été purement intra-chinoise. Le génocide de Pol Pot et ses Khmers rouges ou les massacres du Staline Noir, Mengistu en Ethiopie ne doivent absolument rien à quelque membre que ce soit de la communauté juive. Les condamnations collectives de races, de religions, de peuples, de nations, n'ont strictement aucun sens et doivent être elles mêmes condamnées avec la plus grande fermeté.

En revanche tout groupe organisé dont une partie des membres s'est livrée à des crimes aussi effroyables qu'un génocide doit chercher la condamnation de ceux qui, en leur sein, les ont suscités, justifiés ou pratiqués. C'est vrai pour les Turcs vis-à-vis des actes effroyables commis contre les Arméniens, autant que pour les Français vis-à-vis des chefs de la Collaboration, ou pour la communauté juive vis-à-vis de ses membres qui ont été les adeptes zélés des violences  révolutionnaires marxistes.

On sait que cette repentance là est très difficile et peu populaire. Raison de plus pour l'exiger.

Dans cet esprit, votre article qui ne vise qu'à écarter le témoignage de Soljenitsyne et à éviter que la jurisprudence de la Shoah ne s'applique au Grand Génocide Socialiste, est une mauvaise action.

Votre conclusion qui renvoie le témoignage de Soljenitsyne « à la littérature ou à l'histoire » n'est pas qu'une erreur. C'est une faute. L'actualité du devoir de mémoire ne s'élimine pas d'un trait de plume. D'autant plus que la mémoire des 150.000.000 victimes innocentes du Grand Génocide Socialiste n'est toujours pas honorée, alors que ce serait le devoir absolu de la gauche.

Vouloir enterrer la mémoire de ces victimes avec Soljenitsyne, celui qui les avait sorties du silence et de l'ignorance organisés, est une infamie.

Surtout en France, pays des droits de l'homme. Qu'écririez-vous si on renvoyait Anne Frank à la petite littérature et la Shoah à un épisode marginal de l'histoire ? Non, le Goulag n'est pas non plus un « détail » de l'histoire à enfouir au plus vite loin de l'actualité ! Cette nouvelle tentative d'enterrement, qui vient après tant d'autres, justifie à elle seule que l'on crée au Trocadéro, parvis des droits de l'homme, un Mémorial à ces victimes innocentes mais, on le voit, tellement embarrassantes. Leur mémoire doit être absolument protégée et honorée. Ici et maintenant.

Didier Dufau

NB : vous pouvez accéder au texte de N. Weill en frappant la fonction "télécharger" ci dessous.

Le journal l’Humanité et la mort de Soljenitsyne

Le journal communiste ne peut plus taire, nier  ou minimiser comme il l’a fait pendant des décennies l’ampleur des génocides commis par les mouvements communistes. Il avait craché sur  Victor Kravchenko, le premier à dénoncer officiellement le Goulag, dans les années quarante, nié la responsabilité de L’Urss dans le massacre de Katyn dans les années cinquante,  refusé la déstalinisation jusqu’aux  années soixante, crié sa passion  résiduelle pour Staline par la voix de l’ignoble  Lili Marcou lors de la parution du Livre Noir, et au total  le PVF avait été au-delà de son rôle comme « voix de son maître » soviétique.  Il était instructif de voir comment il allait traiter de la mort de Soljenitsyne.

Bien sûr on verse les plus belles larmes  sur la mort du grand homme : le cœur communiste a toujours été si grand ! Mais on se lance dans deux manipulations :

1.      Assimiler le message de Soljenitsyne à une entreprise  que le Parti communiste a fini par cautionner : la déstalinisation. « Il critique Staline comme nous tous !  Alors son message n’a rien de bien particulier ». Oubliée la dénonciation du marxisme, de la révolution, de Lénine et de Trotski !

2.      Le décrire comme  un russophile exalté pourri par la religion orthodoxe et de plus antisémite.  « Il n’ouvre aucune voie utile pour l’avenir ». 

Il faut donc vite le ranger sur une étagère et surtout ne pas s’appesantir sur ce que Soljenitsyne dénonce : le droit à la mémoire des millions de victimes innocentes ; le caractère intrinsèquement génocidaire du socialisme violent. Soljenitsyne est un témoin pas un messie.

Critiquer le messie pour éluder le témoignage, voilà la stratégie !

Pour pouvoir à nouveau s’arroger  le droit suprême d’être le représentant du bien contre les méchants, le fer de lance des luttes contre l’oppression,  comme si rien ne s’était passé et sans la moindre repentance.  On croit pouvoir surnager en pataugeant dans l’immense flaque de sang avec des gros sabots et des petites combines.

Ce sang est la tunique de Nessus du communisme qui ne pourra JAMAIS s’en débarrasser.  Et Soljenitsyne est l’un de ceux qui ont ajusté étroitement  et définitivement cette tunique sur le dos de ces assassins génocidaires,  pathologiques et impénitents.

Soljenitsyne est mort : sa leçon reste vivante !

Alexandre Soljenitsyne est mort ! Sa leçon reste vivante, plus que jamais.

 

Aujourd’hui sur France Inter, tôt ce matin,  on interviewe un proche de Soljénitsyne. Il dit : « il est le premier à avoir fait  prendre conscience au monde entier de l’ampleur des crimes contre l’humanité  commis par Lénine, Trotski et Staline ».  Tête de l’interviewer habitué à ce que la liste des criminels s’arrête à Staline. Cette simple phrase dit tout sur les mauvais traitements médiatiques qu’a subi Soljenitsyne en France.   Il y était de bon ton de considérer qu’il n’y avait eu de crimes que staliniens. Lénine et Trotski ? Des héros révolutionnaires au cœur pur et sans la moindre tâche sur leur lin blanc de révolutionnaire rouge.

Et voilà que « ce demi fou » de Soljenitsyne leur enlevait leur couverture commode.  C’est bien l’idéologie complète de Marx à Engels et de Engels à nos trois premiers grands  criminels rouges qui était la source du mal et qu’il fallait éradiquer.  L’archipel du Goulag, c’était la fin d’un énorme mensonge.  La fin d’une occultation volontaire des pires crimes contre l’humanité.  La fin d’un négationnisme honteux puis d’une minimisation  lamentable, cherchant à réduire à la sauvagerie de Staline ce qui était le fruit  direct d’une doctrine génocidaire : le socialisme violent.

 Avec Soljenitsyne pas de possibilité non plus de s’échapper par des exonérations faciles. L’occident n’était pas dédouané.  Une part de la responsabilité dans le massacre incroyable qu’aura été toute l’histoire du « socialisme réalisé » revient à l’Occident et à ses intellectuels qui se sont révélé des complices actifs ou passifs.  On voit tous les jours que cela continue « ici et maintenant » : Les Farc, Mugabe,  les maoïstes du Népal, la volonté absolue de cacher toujours et encore l’ampleur des massacres, le refus du terme de génocide, les campagnes pour que les tueurs des différents mouvements de terreur rouge des années 70 et 80 ne soient pas condamnés ou immédiatement libérés,   tout témoigne qu’il ne doit pas y avoir de « devoir de mémoire »  pour les victimes du socialisme génocidaire.

Justement Soljenitsyne, c’est le devoir de mémoire incarné.  Comment y échapper ?  

Une première manière est de l’enrober dans le sucre de la valeur littéraire.  Au fond ce serait un réactionnaire gâteux  dont tout n’est pas à prendre au sérieux mais quelle littérature !   On connaît la musique quand on pense à Céline : innommable mais quel talent !  Ou à Sartre : bien sûr c’est un « salaud » au sens où il entendait ce mot, mais il y a eu « les mots » et quel théâtre !  

Une seconde manière est de ridiculiser le bonhomme, ses grands airs de Saint prophétique,  son nationalisme étroitement « pro russe »,  son christianisme cucul etc.  La méthode ne date pas d’hier. L’indéfendable Jean Daniel s’y était essayé lors d’une émission de Pivot à la télévision.  Il avait littéralement craché à la figure de Soljenitsyne qui venait tout juste d’être expulsé de Russie.  Qui c’était ce « clown caricatural » qui remettait en cause la bonté intrinsèque du socialisme  même dans ces formes les plus violentes et destructrices d’humanité ?   Depuis l’inénarrable prétentieux qu’est Jean Daniel a montré un peu de contrition. « Nous avons sans doute un peu vite sanctifié certains mouvements révolutionnaires ».  Sans doute. Sans aucun doute.

Et le gentil Pivot a laissé faire.  Pas question de passer pour un « fasciste ».  On ne pouvait  éviter Soljenitsyne, mais avec le cordon sanitaire qu’il fallait ! On verra la technique à nouveau en pleine action à la sortie du  « Livre noir ».  On se dédouanera plus tard  en allant voir le maître seul à seul au Canada pour ne parler que… littérature.

Soljenitsyne, c’est le symbole d’une certaine mauvaise conscience de l’Occident.  Pas seulement l’occident socialiste,  celui qui croit qu’il n’ya pas d’autre morale que celle que la praxis des masses heureusement conduites par des intellectuels engagés et accouchant de l’histoire éventuellement au forceps et au prix d’effroyables génocides.     Mais d’une certaine  façon celle de tout l’Occident qui nie la force de la conscience et du destin unique d’une humanité en lutte contre elle-même pour aller vers le meilleur d’elle-même, de tout l’occident qui se fourvoie dans le culte d’icônes délétères, comme le veau d‘or,  autant que dans celui d’idéologies monstrueuses déguisées en aimables engagements pour la jeunesse généreuse.  

Plus de message

Le blog en hommage a Léon Chaix

Léon Chaix est un humaniste de gauche qui a donné son nom a un syndrome essentiel a la compréhension de notre temps. Le syndrome de Léon Chaix décrit  la réponse automatique des adeptes du mouvement socialiste confronté a l'ampleur des crimes contre l'humanité commis en son nom :

  1.  L'occultation
  2.  La négation
  3.  La minimisation
  4.  L'exonération.

Tous ceux qui essaient de dénoncer l'occultation,  de démonter la négation,   de se moquer de la minimisation et de rire des tentatives d'exonération  sont évidemment présentés comme < fascistes > et ne sont dignes que des attaques ad hominem les plus basses. 
Léon Chaix et son ami Didier Dufau ont pendant des années commenté en temps réel sur le forum du journal le Monde les exemples de ce syndrome,   montrant  au jour le jour comment il s'appliquait aux révélations du Livre noir, aux crimes des Farc qu'ils furent longtemps les seuls  a évoquer et a condamner, a ceux du sinistre  Mugabe ou de l'ignoble < Prachandra > le tueur en série du Népal.  Le combat continue ici !

 

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