Rwanda : Un double génocide

Le massacre sauvage des Tutsis par les Hutus au Rwanda a été accepté d'emblée comme un génocide, alors que celui des Arméniens par les Turcs a mis plus de vingt ans à faire l'unanimité et celui des paysans ukrainiens par les dirigeants de l'Union soviétique reste fortement contesté contre toute évidence au moins par une partie de l'opinion socialiste.

Le spectacle innommable d'une partie de la population s'attaquant à coup de machette à l'autre et liquidant près de 500.000 personnes en quelques semaines imposait la qualification de génocide sans contestation possible.

Cette reconnaissance a été d'autant plus facile qu'elle n'impliquait aucune force idéologique en débat en occident. Il n'y avait derrière ces crimes ni fascisme ni socialisme.  On a bien vu que certains, sans doute par habitude, ont essayé comme toujours de faire retomber la responsabilité des évènements sur la droite honnie. Mais on était alors en période de cohabitation Mitterrand-Balladur. Comment accuser l'un en épargnant l'autre, surtout lorsqu'on sait que la responsabilité de la politique étrangère appartient au Président de la République ? Le prurit fut un peu gratté mais sans plus.

En revanche, dès le départ, il nous a semblé que la "jurisprudence de la Shoah" aurait du mal à s'appliquer dans le cas d'espèce. On sait que cette jurisprudence d'essence essentiellement médiatique mais aussi pénale s'applique à :
- Expliciter un devoir de mémoire important et constant
- Refuser tout pardon et rechercher inlassablement les responsables
- Mettre en accusation toutes les causes intellectuelles et tous les comportements qui ont pu rendre possible le génocide
- Sacraliser le peuple  victime.
- Exclure du champ du débat intellectuel et politique les négationnistes et d'une façon générale les partisans des idées qui ont eu des conséquences aussi dramatiques.
- Exiger réparation.   

La difficulté principale d'une attitude aussi linéaire était un fait historique un peu troublant pour nos consciences démocratiques. Les Hutus, races de petite taille, ont été de tout temps sous la domination d'une minorité, les Tutsis, races de grande taille de seigneurs de la guerre. Cette domination raciale d'un peuple majoritaire par un peuple minoritaire est totalement étrangère à notre conception de la démocratie. Dans une perspective de gauche, elle est même franchement condamnable. Une situation différente mais du même genre s'agissant des effets de domination se retrouvait en Afrique du Sud : les blancs minoritaires gouvernaient et les populations noires étaient marginalisées. Personne à gauche n'a jamais soutenu un tel système.   Le principe un homme, une voix est la base de la démocratie même s'il est corrigé par un droit plus ou moins développé des minorités.

Le maintien de la domination des Tutsis sur les forces armées tenant elles même en respect le gouvernement civil ne pouvait qu'être dénoncé dans une optique démocratique. La résistance acharnée des militaires Tutsis du Rwanda, en liaison avec le gouvernement du  pays voisin, dirigé également par les Tutsis, ne pouvait qu'être condamnée par la communauté internationale.

C'est la raison pour laquelle les explications "tribalistes" du conflit entre Hutus et Tutsis n'ont jamais tenues. Le fond du problème est l'application des principes généraux des droits de l'homme et du citoyen, d'origine occidentale, à un pays africain soumis depuis des siècles à d'autres règles.

Autre aspect de ce génocide, il n'a pas été véritablement préparé et commandité par les autorités disposant du pouvoir militaire et policier. Les forces militaires étaient entre les mains des Tutsis. Bien entendu des forces de propagande Hutus, on se rappelle Radio Mille Collines, faisaient chauffer la haine à blanc entre les communautés. Mais elles ne le faisaient pas principalement sur une base raciste : le slogan était plutôt "la démocratie enfin" et la colère dirigée contre ceux qui la bloquaient indéfiniment. La haine du Tutsis ne provenait pas d'une quelconque idéologie de la supériorité de la race des Hutus mais de l'exaspération devant une situation de domination ethnique historique ressentie désormais comme intolérable.

L'espèce de folie qui s'est emparée des Hutus après l'attentat qui a tué le président de la République hutu du Rwanda a plus le caractère d'une révolte et d'une vengeance de masse que d'un crime collectif préparé par des dirigeants, justifié par une idéologie raciste ou socialiste, stigmatisant des ennemis qu'il faut éliminer pour créer la société voulue, organisé patiemment,  les moyens policiers et militaires étant mis en action selon des ordres précis et un plan préparé à l'avance.

La masse s'est jetée sur la minorité au cri de "y en a marre, tuez les tous". Les militaires tutsis du Rwanda ont été dépassés par les évènements. Partout le Hutu en folie tuait son voisin et éventuellement ami Tutsi.

On est très loin des dirigeants  soviétiques liquidant les paysans ukrainiens par millions pour créer le socialisme réel dans un seul pays et faire émerger un prétendu homme nouveau  ou des autorités nazies liquidant tous les juifs sur lesquels ils pouvaient mettre la main pour assainir le monde d'une engeance selon eux historiquement maléfique et souillant le beau sang aryen.

On est moins loin de ce qui s'est passé en Turquie contre les Arméniens. Là aussi la majorité turque était confrontée à une série de défaites à la quelle contribuaient les dirigeants de minorités. Il est bien, clair que de nombreux Arméniens étaient favorables aux Russes et les aidaient effectivement. Dans l'échauffement des haines nées de la guerre le "y en a marre tuer les tous" a trouvé quelques supporters actifs. La différence avec le Rwanda c'est que le massacre a été réalisé par les forces étatiques en place et par l'armée. Son inspiration était nationaliste.  Elle violait le droit des minorités.

Pour les républicains occidentaux la condamnation de la Turquie ne pose pas de problème puisqu'il s'agit d'appliquer directement leurs principes : il y a un droit des minorités ; un état démocratique on ne massacre pas des parties minoritaires de sa population. Il est juste de rétablir les Arméniens dans leur dignité et il faut condamner la répression aveugle et brutale  des autres minorités en Turquie : kurdes etc. L'islamisation honnie de la  Turquie et ses prétentions à rejoindre la communauté européenne sans prendre en compte sa responsabilité dans le massacre des Arméniens ont achevé de convaincre qu'il fallait une reconnaissance générale du génocide arménien et la condamnation des autorités turques  pour la non reconnaissance.  

Rien de tout cela au Rwanda. La suite des évènements a été totalement contraire aux principes des droits de l'homme et du citoyen. Les Tutsis du pays voisin ont décidé de se ruer au secours des Tutsis en cours de massacre. Les forces tutsis des deux pays se sont jointes et ont commencé la chasse au Hutu. Il en est résulté un nouveau massacre encore plus important que le précédent parce que cette fois là organisé par les forces armées. Pendant plusieurs années la chasse au Hutu va se poursuivre provoquant la mort de centaines de milliers de Hutus.  

Au final, bien que le nombre des victimes dans ces circonstances soient très difficiles à évaluer exactement, les Tutsis vont massacrer encore plus de Hutus qu'il n'y a eu de victimes tutsies.  Derrière l'objectif affiché de mettre fin au génocide, on retrouve la traditionnelle volonté tutsie de dominer les Hutus en leur rappelant à l'occasion par un joli massacre qui détient la force. Un des symboles de cette mise en laisse est l'obligation pour les hutus, francophones, de parler désormais l'anglais, le français étant devenu "la langue du génocide" !

Paul Kagamé et ses troupes ont bien commis un génocide contre les Hutus pour des raisons de pure domination raciale et contre tous les principes républicains défendus par les occidentaux. La frénésie de rapprochement de Bernard Kouchner vis à vis de Kagamé a toujours été contestable. Péan le rappelait à juste titre dans son livre sur ce personnage.

Nous sommes donc dans une situation inédite de double génocide.  Avec cette particularité qu'on ne trouve pas de responsables clairs dans la partie hutue et que Paul Kagamé et ses séides tutsis sont au pouvoir et difficilement à portée d'un tribunal pénal traitant du génocide.  

Que peut faire un démocrate dans cette situation ? Prêcher la réconciliation sous domination perpétuelle Tutsi, avec une opprobre perpétuelle sur le peuple hutu dominé et obligé de changer de langue ? Ce serait cautionner une des plus viles situations de domination ethnique qu'on puisse imaginer.  Condamner aussi Paul Kagamé et quelques autres pour génocide ? Certainement. Mais il faut alors une force internationale d'interposition et de tutelle du Rwanda chargé de mettre en place des institutions réellement démocratiques et de démanteler la domination tutsie.

Qui y est prêt ?

Le temps où l'Europe et plus généralement l'occident se croyait moralement assez forts pour imposer ses règles démocratiques n'est plus. L'ONU le pourra-t-elle ?

En tout cas le rapport de sa commission de sa commission des droits de l'homme vient à point et crée une dynamique souhaitable.

Philippe labro et Katyn

Excellent article de Philippe Labro dans le Figaro de ce jour (lundi 5 avril 2010) rappelant l’affaire de Katyn, l’exécution de plus de 20.000 jeunes espoirs de la république polonaise (militaires, universitaires etc.).  Il s’agissait de décapiter une nation dépecée en accord avec Hitler suite à l’immonde pacte germano soviétique qui était un blanc sein donné à Hitler pour  ravager l’Europe occidentale, en contrepartie d’annexions sur le glacis ouest de l’union soviétique.

 Nazis et socialistes virils unis dans l’ignominie et l’impérialisme. Les nazis commenceront les purges ethniques en Pologne occupée, chassant des millions de Polonais de leurs terres pour y installer le « herrenfolk » et commençant leur politique da ramassage et de déportation des juifs .Les soviétiques renouvelleront  leurs méthodes de purification sociale et d’asservissement national déjà bien rodées  en Ukraine,  aux Kazakhstan et  bien d’autres parties du paradis socialiste réalisé.

Sur la pointe des pieds (on n’est jamais trop prudent, une accusation de fascisme étant si vite arrivée) P. Labro s’étonne du temps mis à reconnaître ce crime effroyable,  la complaisance des médias et des politiques français à accepter le mensonge communiste selon lequel le massacre était le fait des nazis,  et l’absence de toute citation dans les programmes d’histoire français.  Il le dit bien gentiment, histoire de ne pas réveiller le chien communiste qui dort ettrop mettre au jour l’énorme complicité de l’ensemble du « peuple de gauche », en fait de la secte socialiste toute entière, PS compris, à interdire sous peine de chasse à l’homme médiatique, toute énonciation de la vérité.

Nous sommes ici en plein syndrome de Léon Chaix, cette attitude maladive qui consiste, en cas de génocide socialiste, à d’abord occulter, ensuite à nier, ensuite à minimiser et enfin à chercher tous les moyens d’exonération  quand la vérité ne peut plus être cachée.  Le massacre de Katyn ayant été dénoncé d’abord par les Allemands, sous le régime Nazi, l’évoquer après la libération revenait à être traité immédiatement de nazi avec une violence inouïe. Ce terrorisme intellectuel et politique a parfaitement fonctionné.  Quand, à la suite d’une enquête internationale, la responsabilité soviétique a été reconnue, le négationnisme a fonctionné à plein : c’était l’impérialisme yankee qui voulait « relancer la guerre froide », sous l’influence des nazis que les Etats unis avaient venir après la guerre au lieu de les exécuter comme criminels nazis.  Quand , à la suite de l’aveu de Gorbatchev, le crime soviétique ne put plus être nié on a vu se développer les tentatives de minimisation. Non il n’y avait pas 23.000 morts « mais 22.999, seuls les fascistes peuvent le contester » et  les revanchards fascistes polonais  dont on sait la virulence.  Enfin on est entré dans la phase « exonération » : c’était Staline, pas le vrai socialisme ; c’était la guerre ; et qui a vaincu les nazis sinon les soviétiques, alors mollo les basses.  

Résultats, la presse française gauche et droite confondue, s’est couchée.  Comme les diplomaties occidentales se sont toujours couchées devant les crimes contre l’humanité et les génocides socialistes : ne pas remettre en cause l’unité des « alliés » et la « coexistence pacifique ».  Il aurait été « irresponsable »  de ne pas concéder à Vychinski, l’ignoble procureur chargé des milles et un génocides staliniens, notamment en Ukraine, au Kazakhstan, au Kouban, en Tchétchénie, bref partout où le socialisme a été réalisé, lors du vote de la résolution sur les génocides en 1948, l’exclusion des exterminations de classes sociales de la définition du génocide.

Le film de Wajda a joué son rôle de révélateur. Toute la classe médiatique sous influence socialiste a fait la fine bouche ; tout le terrorisme intellectuel habituel s’est donné libre cours.  Wajda, ce grand cinéaste, quelle tristesse, quel mauvais film !  On ne pouvait pas décemment le traiter de fasciste. Alors on a envoyé les fleurs et les couronnes et tout fait pour décourager les Français de voir le film, après que diverses pressions et « la solidarité antifasciste » aient permis que le film ait une distribution ridicule. La camarilla communiste qui règne encore sur certains  circuits « culturels », dont l’université  et l’école françaises notamment en histoire (quel est l’historien français qui n’est pas ancien communiste, socialiste ou maoïste ?)  s’est  donnée  à fond. La presse de droite, toujours soucieuse de ne pas paraître complice des « fascistes », s’est tue avec distinction, comme d’habitude depuis 1945.

France Inter a été, également comme d’habitude,  la radio la plus engagée dans le travail de  désinformation outrancière. Le thème : mauvais film à ne pas voir, avec larmes de crocodile à l’appui d’une part sur « l’auteur génial fourvoyé » et d’autre part sur le crime  « évidemment inacceptable, mais bon depuis le rapport Khrouchtchev  on sait tout cela et on ne va pas nous bassiner les oreilles indéfiniment avec les crimes de Staline ».  Sous entendu : il y a les bons génocides qui démontrent le caractère intrinsèquement fasciste  de la droite abominable, pétainiste de façon innée et  génocidaire dès que l’occasion se présente,  et les génocides qu’il faut oublier et ne jamais commémorer car ils sont les accidents sans doute inévitable d’une histoire « complexe » mais dont les auteurs avaient les intentions les plus heureuses, sauf naturellement quand ils étaient pervers comme Staline, fous comme Pol Pot, négusifiés comme Mengistu,   légèrement dérangés comme les dirigeants  Nord-coréens,  ridicules comme Ceauscescu ou Enver Hodja,  obsédés sexuel comme Mao,  psycho rigides comme Honecker.

La Shoah mérite les centaines d’articles, de reportage, de livres, de film  qui inlassablement plaident pour un devoir de mémoire impérieux.  Mais les génocides innombrables du socialisme viril et de la révolution marxiste- léniniste doivent être oubliés à peine cités.   

Il importe de ne pas remettre en cause l’enthousiasme  de la jeunesse « conscientisée »  pour la divine révolution socialiste, celle qui permet de créer une société « vraiment de gauche »  et dont les figures admirables vont de Ho Chi Minh et ses trente ans de guerre incessante, ses 700.000 déportés dont les deux tiers périront dans les camps, sous la direction de conscience des Boudarel de service, en attendant les boat people,  Fidel Castro et sa jolie dictature où on se paie les balseros à la mitrailleuse à partir de joyeux hélicoptères en goguette,  Mugabe, son racisme anti blanc  et la ruine radicale du pays le plus riche d’Afrique, les gentils Farc en lutte contre le droit de cuissage et l’oligarchie ( jusqu’au jour où leurs crimes devenant intolérables on les éliminera du radar socialiste en évoquant que désormais c’était «  la faucille et le narco », pas les « vrais socialistes ».  

Il importe surtout de ne pas remettre en cause les réseaux qui tiennent  l’information, la culture et l’enseignement. Alors M. Labro vous pouvez feindre de vous étonner que l’enseignement français ait totalement occulté l’étude de Katyn dans les collèges et les lycées.  Aucun dirigeant du Ministère de l’Education Nationale ne prendra le risque d’affronter les accusations de fascisme de toutes les camarillas socialistes et communistes qui noyautent l’enseignement depuis Langevin Wallon.  Ce serait aussi la chasse à l’homme contre l’anticommuniste primaire qui veut assimiler les crimes d’Hitler et des nazis avec les petits débordements  du camp du progrès, une idée nécessairement « simpliste ».

Alors le film de  Wajda sur Katyn passé aux élèves comme Nuit et Brouillard ? Vous n’y pensez pas !  Et si un jour un peu de conscience et de courage l’y impose, on verra aussitôt un cordon sanitaire se mettre en place pour minimiser l’impact  sur les jeunes consciences.

Katyn ce n’est rien si vous pensez par exemple au génocide Ukrainien : des millions de femmes d’enfants et d’hommes anéantis après avoir été privés de tout moyen d’existence pour tuer tout risque de rébellion nationaliste  et paysanne devant le magnifique programme de changement  historique de l’homme pourri par l’esprit de possession en « homo sovieticus » modèle.  Il existe des films sur ce massacre connu en Ukraine sous le nom de Holodomor (assassinat par la faim).   Jamais vous n’avez vu en 75 ans la moindre information dans aucun média. Le film n’est jamais passé à la télévision. Seule la télévision canadienne, mobilisée par la diaspora ukrainienne très forte au Canada, a osé briser le tabou en Occident.  Elle en a parlé et avec vérité.  En France rien.

EN FRANCE RIEN !

Une honte. Et au contraire une désinformation partout et notamment dans les programmes scolaires.

Il suffit de voir comment une camarilla travaillant en réseau désinforme et manipule les articles parus sous Wikipedia sur les épisodes les plus graves de la criminalité socialiste,  pour vérifier la force et l’actualité du syndrome de Léon Chaix.

Seule la création d’un mémorial aux dizaines de millions de victimes des génocides socialistes permettra de sortir enfin de cette maladie intellectuelle mortifère et mortiphile qui frappe toute la croûte médiatico-universitaire en France et qui explique en partie l’effondrement de la crédibilité des intellectuels français dans le monde, désormais assimilés à l’amour des génocides socialistes, façon Badiou.

La France doit redevenir le pays de Voltaire et ne plus vivre dans le syndrome de Léon Chaix pour retrouver un minimum de rayonnement.  Les gardes roses ou rouges  qui veillent à terroriser tous ceux qui osent dénoncer les génocides socialistes doivent être renvoyés à leurs ébats sinistres dans la mare de sang qu’ils adorent  et dans le mépris général.

Les innocents massacrés par la barbarie socialiste doivent être honorées. Ici et maintenant !  

Il faut à la France mille Labro !  Mais des Labros qui n’hésitent pas à parler de génocide. Katyn est un geste génocidaire.  Si Sebrenitsa est un génocide comme le dit le TPI alors Katyn en est aussi un : massacrer la moitié de la population de Sebrenitsa , les hommes,  près de 8000 victimes, est bien un génocide  (la liquidation d’une fraction de la population  sur un critère de race, de religion ou de nationalité).  Katyn, c’est trois fois plus de victimes et le critère est explicitement dans la définition du génocide.  Et au-delà de katyn, Holodomor, plusieurs millions de victimes, l’est aussi.  Et la destruction des cosaques l’est aussi. Et le traitement réservé aux pays baltes l’est aussi.  Etc. Etc.

M. Philippe Labro, on comprend votre prudence. Les socialistes et les communistes veulent bien qu’on parle de crimes contre l’humanité et sont vent debout lorsqu’on parle de génocide.  Le vrai courage est tout de même de ne pas trembler et de qualifier les génocides de génocides avec toute la rigueur nécessaire.  

M. Philippe Labro, encore un effort !

Jean Ferrat communiste sans états d'âme malgré les génocides

Nous n'avions pas l'intention de parler de Jean Ferrat.

Mais volià qu'on exploite son nom dans les manifestations communistes et cégétistes, après qu'une presse hagiographique ait choisi l'encensement sans la moindre réserve dans les jours suivants sa mort.

Rappelons que Jean Ferrat ne s'est pas contenté d'être communiste. Il n'a pas hésité à mettre son image au service du PC dans les pires moments sans JAMAIS avoir un mot de repentir pour les victimes des génocides commis par les différents partis socialistes.

Lorsque le Livre Noir du communisme  il n'a pas hésité une seconde à voler au secours de l'image du PC qui sombrait dans la mare de sang des massacres inuois révélés, en se multipliant dans les radios et les télévisions. 

Des millions de morts, des dizaines de millions de morts, des centaines de millions de vie irrémédiablement gâchées ?

Il s'en foutait bien M. Ferrat. Faire de cette indifférence aux victimes de génocides un gage de "fidélité" est immonde.Est-ce qu'on trouverait réellement fantastique la "fidélité" d'un nazi à la SS qui n'aurait aucun regards sur les victimes de la Shoah ?  Est-ce qu'on en chanterait la louange en coeur dans tous les medias ? 

Ce double traitement est obscène.Cette inversion des valeurs est immonde.

Ferrat s'est vautré dans le communisme génocidaire  et a chanté à répétition Aragon dont on a donné ici le "poéme" appelant à l'élimination d'innocents par une guépou maqssacreuse.

On est dans l'abjection pas dans l'exemplarité.

Seule la création d'un mémorial aux victimes des génocides commis au nom de l'instauration brutale du communisme permettra de mettre fin  l'inversion totale des valeurs dont témoigne ce genre de culte dévoyé à la fidélité aux boureaux responsables de plus de 100.000 millions de morts innocentes.

 

 

 

 

 

Philosopher sur un tas de cadavres et dans une mare de sang

Il y aurait donc un "retour de flamme" pour le communisme mené par de nouveaux nouveaux-philosophes. C'est le Monde qui nous le dit en page essai/dossier du 5 février 2010.  

Alain Badiou établit définitivement  sa grandeur philosophique par cette phrase étincelante d'à propos : "Sans l'horizon du communisme rien dans le devenir historique et politique n'est de nature à intéresser le philosophe". Evidemment , quand on se retourne, le dit horizon est un  peu bouché par les cadavres. Un océan de sang versé. Combien de morts ? Lors de la sortie du Livre Noir on disait : 50.000.000 de morts comptées, 80.000.000 pratiquement certaines, 100.000.000 plus que probables. Aujourd'hui que les études se font plus précises, les révélations plus complètes, on en est à 100.000.000 de morts comptées, 130.000.000 pratiquement certaines et 150.000.000 plus que probables. En attendant mieux. La plus grandiose boucherie de toute l'histoire de l'humanité qui pourtant ne s'est pas privée d'en commettre !  Et qui était à la manœuvre : les partis  communistes, pressés d'imposer par la violence le socialisme sur terre. Des milliards de vies gâchées.  La mort ou la misère et la plus totale désespérance. Des régimes abjects avec une propagande abjecte sortant de mille bouches abjectes. Et tant de bourreaux !  

Voilà l'horizon insurpassable de Monsieur Badiou le philosophe qui se roule dans le sang, dans des transes philosophiques de type Vaudou tendance sanguinolantes. Ah ! Justifier des tueries  et des exterminations  avec le sentiment de fabriquer l'histoire  sans avoir à faire sa révérence à un Kanapa !  Philosopher dans les grands cimetières rouges c'est tout de même mieux que de philosopher dans un boudoir. Pas d'horizon sans le crime total. Le crime où on dit à l'enfant ukrainien condamné à une mort sordide par famine :

-"Tu vas mourir crapule de koulak indécrottable. Ton horizon est d'être mangé par un rodeur, peut être par tes parents. Tu est né indigne de l'expérience insurpassable du socialisme dans sa forme magique de l'idée communiste. Moi, Badiou, le philosophe maximus, je te regarde crever, avec tes yeux vides et exorbités, tes membres et ton  ventre gonflés, tremblant dans le froid, près de ta mère mourante sur le carreau de ta hutte vidée de toute nourriture par la vraie philosophie, l'intéressante philosophie. Ca y est : tu es crevé, sale bête fasciste. Je jouis de l'extase philosophique que me produit ce développement historique et politique épatant".

Et où on dit à une institutrice raflée :

- "Et toi,  Lena Stouirtsevitch. "Enseignante en Ukraine, déportée aux Solovki en 1929, exécutée en 1930", moi Badiou, je vois ton portrait affiché à l'entrée du Monastère des iles Solovski, et je jouis philosophiquement de ton calvaire, de ta déroute. La balle qui t'a déchiré le cerveau je l'admire, je la baise. Ah ! Si ma pensée pouvait avoir la même pouvoir de pénétration et de destruction.   Démolir un cerveau ; faire gicler de la cervelle ; pour rien ; comme cela ; en injuriant la victime : "tu meurs pour que s'ouvre l'horizon indépassable de mon envie philosophique". Quel pied ! ".

Car sans la mort communiste la philosophie est sans intérêt. C'est évident.  

"Moi",  Badiou 1er, roi des philosophes intéressés,  "je ressource mes envies philosophiques dans les assassinats sans nombre du communisme. Car mes sources philosophiques coulent à gros bouillons. Ah, ces enfants crevant les yeux de leurs pères, ces mandarins non philosophiques, comme c'est beau, comme cela m'inspire. Et ce bâton enfoncé dans le vagin d'une bourgeoise dans un camps du Danube et qui perce tout et tue une jeune femme innocente de tout sauf d'être dans le viseur philosophique de Moi, Badiou, le philosophe qui a besoin d'un peu de stimulant pour philosopher,   comme il me plait et me donne des sensations philosophiques intenses. Voilà mon symbole, à moi Badiou : un vagin de sale bourge déchiré au bout d'un bâton communiste sacré".

Alors le 22 et le 23 janvier (anniversaire de la mort de quelque grand philosophe praticien du communisme insurpassable), M. Badiou était avec ses copains à fêter "la puissance du communisme" en pondant sur fond de beuverie intellectuelle communiste des oeufs philosophiques plus pourris les uns que les autres. Il faut bien que l'odeur des idées soient en ligne avec celles cadavres.

Jacques Rancière, rançi parmi les rançis de l'orgasme génocidaire socialiste, Toni Negri (le petit  penseur des brigades rouges : 700 morts seulement : raté Toni !), et quelques autres minables thuriféraires du bon génocide communiste, se sont éclatés. Le Communisme est "un mot magnifique" qui a couvert de sang des maux également magnifiques.  On les voit ces amateurs de bons maux, fabriquant des petits auto-collants portant le "mot magnifique" et les collant sur toutes les mémoriaux, sur toutes les tombes, sur tous les monticules couvrant les cadavres fabriqués par le "socialisme réalisé", où à même les os qui affleurent de ci de là en Sibérie aux approches des charniers.  

Ils semblent affirmer en groupe : "Nous irons tous ensemble cracher philosophiquement  sur vos tombes, salopards dont l'élimination a débouché l'avenir "philosophiquement intéressant" des massacres à répétition sur fond de ruine économique radicale et sans espoir.  Bien sûrs nous sommes gros et gras. Nous vivons des impôts des infâmes connards bourgeois qui fournissent notre pitance et nous permettent de jouir d'autant plus intensément du communisme que nous n'en vivons aucun des inconvénients".

Ecoutez-les, ces philosophes en manque de l'idée communiste. Voici un certain Nancy éjaculant sous le pouvoir jouissif extrême des grands cimetières communistes sous la lune rouge :  "  Le communisme a donné au politique  un requisit absolu : celui d'ouvrir l'espace commun au commun lui même". Qu'est ce que le Goulag ou le Lao Gaï sinon un espace commun ouvert au commun ?  Au commun des mortels qui vont effectivement y mourir, par millions. Merci Monsieur Nancy d'avoir transformer ces charniers en champs philosophiques "total requisit" !

Toni Negri, le penseur des brigades rouges jamais inquiété pour avoir tonifié une jeunesse marxisée et terroriste,  y va de son délire : "l'éthique (étique) communiste est une articulation généreuse et créative de la puissance des pauvres, un désir commun d'amour, d'égalité, de solidarité".   Les tiques communistes ont en effet bu le sang des pauvres jusqu'à ce que mort s'en suive.  Leur créativité a surtout été vue dans l'art de massacrer des innocents. Qui dira le désir d'amour, la vraie égalité, la solidarité effective des camps de la mort ! "Arbeit macht frei" disait Hitler. "Le goulag stimule jusqu'à l'orgasme le désir d'amour d'égalité et de solidarité" affirme avec d'autres termes M. Negri.  Sans risque. En pantoufle devant sa télé ou en représentation dans ses studios.

Terry Eagleton souligne lui "le caractère sublime du communisme".  Si un autre imbécile soulignait le caractère sublime d'Auschwitz il serait déjà en taule et pour un moment. Mais trouver sublime les cent millions de morts comptés du communisme, chez nous, c'est sans risque. Ce n'est même plus cracher sur les tombes des innocents massacrés par dizaines de millions. C'est vomir à gros bouillon.

L'immense penseur Jacques Rancière voit dans le communisme une émancipation. C'est vrai qu'elle a été radicale l'émancipation des milliards de pauvres hères qui ont subi et qui subissent encore les affres d'un régime communiste. A l'est, prétendument libérée du communisme, ils vous le diront tous : "nous regrettons notre formidable émancipation. La Stasi nous émancipait, c'était formidable. Le Vopo aussi.  Et quand un balle nous tuait alors que nous courrions vers la liberté notre première pensée était toujours la même : "enfin émancipé"".  

Le communisme a été en effet " le développement autonome de la sphère du commun" :  seulement cette sphère a été d'abord  une demi sphère celle des monticules des charniers et l'espace commun était si solidement gardé que les prisonniers ainsi libérés n'ont même pas réalisé qu'ils étaient libres.

Dans l'article du Monde on explique que le communisme "a mené ses amis sur quelques sentiers glorieux". On voudrait bien savoir lesquels. "Nous n'avons pas à présenter nos excuses" affirme le nouveau grotesque de service pour les intellos de gauche qui tiennent les programmes "culturels" français à la télévision, un certain Slavoj Zizek. Le devoir de mémoire et la repentance c'est pour les fascistes. Quel penseur ! Quelle âme d'élite !  S'excuser d'avoir tuer des millions d'hommes, de femmes et d'enfants, dont le seul crime est d'être nés à portée de quelques Zizek, Badiou ou autre amoureux de l'idée philosophique sublime dotée du pouvoir de tuer en toute impunité ? Vous n'y pensez pas !

D'ailleurs qui y pense ?  J. F. Revel a écrit "la grande parade" en donnant à ce terme celui de déviation astucieuse du coup porté à l'idée communiste par les charniers qu'elle a gonflés. Aujourd'hui on en est à la vraie parade de cirque des singes savants du communisme philosophique qui se prennent pour de blanches colombes en vol vers de nouveaux paradis.

Une fois encore seule l'édification d'un mémorial aux dizaines de millions de victimes du communisme permettra de mettre fin à cette valse sinistre des thuriféraires des idées qui ont conduit au plus grand génocide de l'histoire de l'humanité.



Les enfants oubliés des génocides socialistes

Dans l'esprit de négation et de minimisation qui entoure les génocides socialistes en France, on a tendance à éviter la question de la déportation et de l'extermination des enfants. Incidemment une émission de télévision sur Arte, le 16 décembre 2009, montrait un camp du goulag dont la mémoire était conservée par une association humanitaire Russe de grande importance : Mémorial. Une dame montrait une sorte de bois  bosselée sous la neige et expliquait que chaque monticule était un charnier et que l'un d'entre eux avait livré cette sinistre réalité : 700 corps d'enfants morts en déportation ; pour l'essentiel des enfants de koulaks ukrainiens.

Les enfants de koulaks ukrainiens sont morts par centaines de milliers : ils sont morts pendant le transport en Sibérie ou en Sibérie. Ils sont morts de faim en Ukraine  le long des routes ou dans les villes où ils s'étaient réfugiés. Ils sont morts agressés et mangés par des adultes conduits au bout de l'inhumanité par la faim. Ils sont morts de faim ou de typhus dans ce qui restait de leur famille à l'agonie.  

Les Français sont sensibilisés à juste titre  aux martyrs des  dizaines enfants juifs d'Ysieu, assassinés sans pitié par la barbarie du national-socialisme. Il y eu en Ukraine entre 1932 et 1933 douze mille Ysieu simultanément ! Douze mille ! Et il ne faut surtout pas le dire.

Des centaines de milliers d'enfants sont morts en Ukraine pour que se réalise le socialisme, qui n'avait pas besoin d'eux, qui étaient "souillés irrémédiablement par l'esprit bourgeois indécrottable de leurs parents". La vie d'un enfant de koulak ne valait rien. Comme la vie d'un koulak et de sa femme ne valaient rien. Comme la vie d'un individu ne valait qu'en fonction de son adéquation au projet socialiste, nouvelle idole qui comme le Dieu Bââl, exigeait qu'on immole en son nom des milliers de gamins n'ayant rien connu d'autre de la vie que ce que le socialisme marxiste léniniste leur offrait : une mort abjecte dans un sinistre cimetière de l'humanité fourvoyée. 

Qu'on se rappelle ces centaines de milliers d'enfants lorsqu'on évoquera la question d'un mémorial aux victimes innocentes des génocides socialistes.

Une histoire falsifiée enseignée à nos enfants

Un des exercices consternants que l'on peut faire aujourd'hui est de parcourir les manuels d'histoire imposés à nos enfants par leurs professeurs de lycée ou de collèges et de rechercher la manière dont la famine génocide organisée en 32-33 par la direction soviétique  notamment en Ukraine est présentée aux élèves.

On sait que ce génocide planifié, organisé, intentionnel, avait pour but d'une part de casser définitivement la résistance nationaliste ukrainienne dans le cadre du socialisme dans un seul pays, et d'autre part d'éliminer une classe sociale considérée comme incapable d'accepter le régime socialiste et donc irrécupérable.

Connue désormais sous le nom d'Holodomor, cette famine  est le premier grand génocide organisé en temps de paix. C'est un des plus grands crimes collectifs  de l'histoire du XXième siècle. Les hommes, les femmes et les enfants  classés "koulaks" seront exterminés sans pitié par millions.  Le bilan de ce massacre planifié explicitement et mené par 140 à 160.000 miliciens ou activistes pendant plus de deux ans  atteint  selon les sources entre 3 et 7 millions de morts, soit à peu près l'équivaent de la Shoah.

Les ordres explicites d'extermination sont connus. La confiscation de toute ressource alimentaire et l'enfermement dans des villages totalement coupés du monde des populations sacrifiées ont été conduits de façon explicite par les autorités, sans cacher aux cadres responsables qu'il fallait être radical et sans pitié et que l'objectif était l'élimination pure et simple.

La population de 12.000 villages ainsi encerclés et dépouillés de toute ressources disparaîtra en totalité.

Ce génocide perpétré de sang froid afin d'assurer "la victoire définitive du socialisme" est sans doute avec la Shoah l'abomination  qui interpelle le plus toutes les consciences  mondiales éprises d'humanisme et de justice. Car ce génocide sera un modèle qui sera reproduit ailleeurs, en Corée, en Chine, au Cambodge, en Erythrée, selon les mêmes modalités et pour les mêmes raisons. 

Au nom du "plus jamais cela" il importait et il importe toujours que cette ineffable horreur soit connue et méditée, notamment par les élèves.

Eh bien non ! En France, ce génocide est caché, occulté, maquillé, travesti, minimisé.  Les élèves français ne doivent pas savoir qu'il y a eu une Shoah socialiste et surtout ils ne doivent pas en tirer la moindre leçon.

Les deux livres cités ci dessous ne sont pas choisi de façon maligne : ils sont extraits de la bibliothèque des manuels de mes deux enfants qu'on leur a imposé d'acheter lorsqu'ils étaient  élèves au lycée Henri IV.

Le premier est : Le siècle des excès de 1870 à nos jours de Touchard, Bermond, Cabanel et Lefevre, nouvelle édition "tout sur le XXème siècle" au PUF.

Un génocide de 5 à 7 millions de personnes ne saurait manquer d'y figurer en bonne place. Le livre de 698 page consacre  exactement 1 (une) ligne au génocide :

"L'Ukraine est ravagée par une terrible famine durant l'hiver 31-32". 

On sait que la famine a commencé dès 31 et qu'elle a atteint son pic d'extermination en hiver 33.  La loi des 5 épis ? Non citée. La confiscation des ultimes ressources des paysans ? Non citée. Le passeport intérieur et l'interdiction faite aux villageois de circuler ?  Non citée.

Un ravage est arrivé, on ne sait ni comment ni pourquoi  en Ukraine. Ce n'est pas une opération politique, encore moins un crime. Tout juste un "désastre économique" temporaire auquel il sera remédié ; ce n'est pas une élimination planifiée mais un simple "nivellement social"  rendu obligé par la transformation en profondeur des mentalités, si on en croit les quelques lignes de commentaire portant elles sur l'ensemble de la politique de collectivisation.   Inutile de s'attarder plus avant.

Du beau travail d'historiens escamoteurs en réunion.

L'autre livre est l'Histoire du XXème siècle, tome 1, 1900-1945, de Serge Berstein et Pierre Milza.Sur les 488 pages  on trouve tout de même quelques lignes (page 341)  sur cet immonde génocide appelé à se répliquer.

"La façon brutale dont la collectivisation est réalisée entraîne la résistance des  paysans. La désorganisation ds campagnes, la faible motiviation des paysans, le manque d'outillage, et d'engrais, entraînent la diminution de la production des céréales, faisant réapparaître la famine qui atteint tout le pays en 32-33".

De quel pays s'agit-il ? Ce n'est pas dit. On imagine que l'auteur veut dire "l'union soviétique". Auquel cas c'est un mensonge éhonté. Le gros de la famine touche l'Ukraine et le Kouban, et quelques régions de la Volga (l'extermination des cosaques répoindant à d'autres mécanismes). Cela s'appelle "noyer le poisson".  Surtout ne pas aborder la question de la mise au pas d'une nation de paysans dont 25% de la population sera tué et remplacé par des russophones.

La brutalité de la collectivisation n'entraîne pas la famine, mais la résistance des paysans. Ah les idiots, ils se sont tués tout seuls. Ce n'est pas la première fois qu'un génocideur accuse le génocidé d'être la cause de son propre malheur, mais il est rare de voir la thèse développée dans un livre d'histoire à l'attention des élèves des lycées et des collèges. Salauds de Koulaks pas motivés !  C'est de votre faute si vous êtes morts ! Surtut les enfants !

Vous avez provoqué la diminution de la production et vous en êtes morts. Les réquisitions abusives ? Le fait que la production a toujours été exportée en masse en 32 et 33 ? L'organisation politique et militaire du massacre ? Pas un mot. C'est une famine spontanée liée à la résistance des paysans  et à des aspects techniques secondaires : manque d'engrais et de machines par exemple.

Imaginons un  professeur de lycée expliquant que la shoah est de la faute des juifs et que c'est leur résistance et le manque de savons qui ont imposé les chambres à gaz. Il coucherait en prison. Très légitimement.

Mais on peut tuer des millions d'ennemis du peuple et de koulaks et expliquer benoitement que c'est de leur faute ou tout au plus celle d'un petit accident de gestion.

Evidemment pas un mot ni sur la loi des 5 épis, sur le passeport intérieur, sur l'encerclement des villages privés de toute possibilité de mouvement. Pas un mot sur les ordres donnés et l'organisation mise en palce pour faire mourir en Ukraine notamment des millions d'innocents, hommes femmes et enfants, dans ces conditions atroces. 

A ce point ce n'est plus de l'histoire mais de la falsification historique honteuse et quasiment de la complicité morale de génocide.

Voilà où on en est en France, patrie supposée des droits de l'homme : une histoire falsifiée et malhonnête visant à ce qu'on ne vienne pas fourrer son nez et son coeur dans un génocide immonde mais estampillé "socialiste".

Ce livre immonde est paru chez Hatier.  Pas dans un appentis de la société des amoureux des génocides socialistes. En 2007, pas en 1934.

Un enseigement officiel de cet acabit dans les meilleurs établissements supposés du pays, cela fait frémir.

Quelle honte mais quelle honte ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Témoignages sur le premier grand génocide planifié en temps de paix

Puisqu'en France le sujet est tabou, donnons ici les témoignages importants de personnalités incontestables sur le premier grand génocide décidé et planifié en temps de paix du XXième siècle : la liquidation de million de paysans en Ukraine en 32-33.  Pour qu'on ne puisse pas dire : on ne savait pas !

Extraits de la lettre adressée par P. Blonski au camarade Kantorovitch, Commissaire du peuple à la Santé de la RSS d’Ukraine

« En tant que médecin, je connais bien la situation dans le district de Zvenigorod et les districts avoisinants. Quant à celle qui règne ailleurs, j’en entends longuement parler par des témoins. En bref, la situation actuelle est proprement épouvantable. La pauvreté est incroyable, la famine généralisée, la mortalité massive. Près de 30 % de la population est amaigrie ou gonflée. La natalité est réduite à néant. Le cannibalisme, la nécrophagie sont devenus des phénomènes courants. On ne voit plus dans les villages de chiens ou de chats - tous ont été mangés. La criminalité a pris des proportions incroyables. La faim conduit les gens à commettre des crimes inimaginables il y a encore peu de temps. Je ne parle évidemment pas du fameux « vol des épis ». Tous (et pas seulement les paysans) sont devenus des voleurs par nécessité, ou plus exactement à cause de la faim. La mendicité est générale. Un nombre incroyable de gens sont devenus des « spéculateurs » ou des « gens vivant de l’air ». Les arrestations sont légion. On manque de prisons. À Zvenigorodka, on vient d’ouvrir ces jours-ci la vieille prison, qui ne fonctionnait plus depuis huit ans. Les tribunaux condamnent à la pelle. Un grand nombre de gens arrêtés meurent de mauvais traitements au poste de police. Au cours de la seule année 1932, plus de 10 000 personnes du district ont fui vers diverses régions de l’URSS. Il y a énormément de maisons et d’exploitations vides ; dans les rues errent des gens amaigris ou gonflés. En un mot, la situation est pire qu’après une invasion ennemie, un siège, une catastrophe naturelle.

On a fait quelque chose pour lutter contre la famine l’an dernier, mais ce que l’on faisait, c’était uniquement par « voie non officielle ». On ne pouvait pas parler de la famine, c’était « inconvenant ». À cause de cette « inconvenance », fort peu a été fait. Cette année aussi (au moins jusqu’au début du mois de mars), parler de famine était pratiquement « contre-révolutionnaire ».

Les organisations locales (de district et de région) ne peuvent s’en sortir, dans la lutte contre la famine, sans un soutien massif du Centre. L’insuffisance notoire de l’aide alimentaire, le retard avec lequel elle parvient ici constituent autant d’obstacles à une intervention efficace. En attendant, le silo de Zvenigorodka regorge de céréales, les moulins marchent à plein régime. L’usine de beurre continue de tourner. De même que la raffinerie de sucre à 5 km.

Les responsables locaux ont une « théorie » politique néfaste, selon laquelle les affamés sont eux-mêmes responsables de la famine. Ils ne voulaient pas travailler - bon, qu’ils crèvent, on ne les regrettera pas. Avec une « théorie » pareille, il n’est pas étonnant que la « lutte contre la famine » donne des résultats aussi faibles. Cette « théorie » est d’autant plus étonnante dans la bouche de responsables soviétiques qu’elle ne fait que reprendre ce que l’on disait de tout temps, à savoir que celui qui est pauvre ou celui qui a faim est le premier responsable de la situation dans laquelle il se trouve. Or, on sait bien qu’un grand nombre de kolkhoziens ayant accompli de nombreuses journées-travail sont touchés eux aussi. Cette année, des kolkhoziens de kolkhozes ayant bien rempli leur plan sont affamés. Comment expliquer que tous ces « fainéants » sont prêts à partir travailler n’importe où, dans des usines, sur des chantiers, des sovkhozes, des mines, à aller jusqu’à Sakhaline, Batoum, Leningrad ? N’est-ce pas étrange que nos « théoriciens » ne se sont pas posé la question de savoir pourquoi ces gens qui travaillaient si bien la terre ont cessé de la travailler, ne veulent plus la travailler ? Qu’est ce qui a tué en eux le désir de travailler ? Qu’est ce qui les détourne du travail ?

Il y a une attitude impitoyable d’exploitation pure envers les affamés. On les considère non pas comme des gens dans le malheur, mais comme une force de travail qu’il s’agit d’exploiter. On ne lutte pas contre ce fléau qu’est la famine, on ne fait d’effort que pour remettre en état de marche une force de travail. Naturellement, de ce point de vue, un cheval vaut bien plus qu’un homme. Pour la perte d’un cheval on punit, pour la mort d’un nombre incroyable d’êtres humains, c’est la plus totale impunité.
P. Blonski
Source : TsA FSB, 2/11/56/203-205

Le témoignage de Vassili Grosmann

"Je ne veux pas m'en souvenir. C'est trop terrible. Mais je ne peux pas oublier.  Cela chemine en moi et même lorsque la blessure s'apaise elle est toujours là. Une pièce d'acier dans mon coeur, comme un morceau de shrapnell. Une blessure dont on ne guérit pas.

J'étais adulte quand c'est arrivé.  Non il n'y a pas eu de famine pendant la campagne de liquidation des koulaks. Seuls les chevaux moururent. La famine vînt en 1932, la seconde année de l'opération.  Ainsi au début de l'année 1930, nous entreprîmes de liquider les familles de koulaks. Le sommet de cette action vint en février et mars. On les a expulsé de leur maison et de leur région, si bien que quand le moment vint de semer, il n'y aurait  plus aucun koulak pour gêner. Une nouvelle vie pourrait commencer. Tout le monde le répétait : ce serait le grand printemps des fermes collectives.

Il est vrai que notre nouvelle vie commença sans les koulaks. Les paysans furent forcés de s'enrôler dans les fermes collectives. Des réunions se tenaient du matin au soir. Les cris et les injures fusaient. Certains criaient : nous ne viendrons pas. Et, fous que nous étions, nous pensions qu'ils ne pouvaient pas avoir plus tort, car rien n'était pire que l'état de Koulak. Comme nous nous trompions. La hache s'abattit sur eux, petits ou grands, là où il se trouvait.

Le temps de l'exécution par la famine était arrivé.

A cette époque je ne lavais plus les parquets mais était employé comme comptable. En temps qu'activiste du parti je fus envoyé en Ukraine pour renforcer une exploitation agricole collective. On nous expliqua que l'instinct de propriétaire en Ukraine était bien plus fort qu'en Russie. Et que la collectivisation marchait vraiment moins bien là bas.

Moscou avait décrété des quotas de livraison par régions et celles-ci les avaient à leur tour répartis par districts. Les réquisitions demandées au village où j'étais assigné n'auraient pas pu être satisfaites en dix ans ! Au conseil municipal même ceux qui ne buvaient pas se saoulèrent par terreur. Evidemment ces demandes ne pouvaient pas être satisfaites. Du fait de la dékoulakisation, on avait emblavé moins de parcelles et la productivité de ces parcelles avait baissé. Dans ces conditions d'où pourrait bien venir le flot de blé dont on avait promis que les fermes collectives seraient la source ?   

On conclut en haut lieu que si les promesses n'étaient pas tenues c'étaient la faute des Koulaks qui cachaient le blé. Les Koulaks avaient été liquidés mais pas l'esprit Koulak. Ces ukrainiens étaient décidemment des propriétaires dans l'âme.

Qui a signé le décret qui allait imposé le crime de masse ? Car le décret était bien clair : les paysans de l'Ukraine, du Don et du Kouban devait mourir de faim. Y compris leurs enfants. Les ordres étaient de confisquer toutes les semences. Les caves furent retournées, les plafonds fouillés avec minutie. Les grains n'auraient pas été cherchés avec plus d'attention s'il s'était agi de bombes ou de mitrailleuses. La terre fut partout retournée, les jardins potagers entièrement fouillés.  De temps à autre on trouvait du grain qui était alors entassé sans soin, entourés d'un cordon de soldats. L'hiver venu la récolte était détrempée et fermentait. Le gouvernement n'avait aucune bâche pour protéger les grains.

Les pères et les mères voulait sauvegarder de quoi éviter que leur famille ne meure. On leur répondait : "vous haïssez la patrie du socialisme. Vous voulez faire échouer le plan quinquennal. Vous êtes des parasites, des pro koulaks, des rats". Tout fut confisqué. La terreur du lendemain s'installa.

Les mères regardèrent leurs enfants et hurlèrent de peur. Elles criaient comme si un serpent s'était faufilé dans leur maison. Ce serpent s'appelait : la famine qui annonce la mort.  Pas un seul grain ne leur fut donné par le "gouvernement des ouvriers et paysans". On bloqua les routes avec des pelotons de miliciens, ou d'agents de la NKVD. L'armée vin en renfort. Les gares de chemins de fer furent gardées.  Pas un carrefour ne fut laissé libre.  Pas de pain pour vous, messieurs les affameurs !

Les enfants de paysans dans les villages ne reçurent pas un grain. C'est comme cela, exactement comme cela, que les nazis ont enfourné les enfants juifs dans les chambres à gaz : "Vous n'avez pas le droit de vivre, tas de juifs".

Et il fut impossible d'obtenir la moindre compréhension, la moindre compassion. Car ces enfants après tout étaient des enfants soviétiques et ceux qui les affamaient à mort étaient leurs frères soviétiques.

Les villages furent fauchés une à un : d'abord les enfants, puis les vieux, puis la population dans la force de l'âge. Au début on enterra les morts. Bientôt on ne le put plus. Les morts gisaient là où ils étaient tombés, dans les cours de ferme ou dans la ferme elle même. Le silence s'installa. Le village était mort.

Qui est mort en dernier ? Je ne le sais pas. Nous, les administratifs, avions été renvoyés en ville.

Alors qu'ils leur restait un peu de force, les survivants allaient le long des voies de chemins de fer. Ils élevaient leurs enfants mourants vers les fenêtres et criaient : du pain, du pain. parfois on leur jetait quelques quignons. Ils se précipitaient alors sur les miettes, au milieu des tourbillons de poussière levés par le passage du train dont le grondement s'effaçait dans le lointain.

Bientôt ordres furent donnés de fermer les fenêtres et de tirer les rideaux. Il fut interdit de regarder dehors par les fenêtres.

On renforça les gardes mais partout les paysans fuyaient vers les villes. Ils rampaient partout, dans les marais, les bois, les espaces inhabités pour contournés les points de contrôle.  Partout ils rampaient vers Kiev.

Quand le village demeura silencieux. On envoya la troupe faire les semailles. Elle était cantonnée dans des tentes à l'extérieur avec interdiction d'entrer dans le village.  On allégua les risques d'épidémie. La troupe ne cessa de se plaindre de l'odeur pestilentielle qui venait du village.  La troupe fit aussi les moissons.

L'année suivante des kolkhoziens d'Orel, en Russie, furent envoyés au village, contents de se retrouver dans ces terres de tchernoziom si riches, si fertiles, eux qui étaient habitués à leurs terres ingrates."


Vasily Grossman, Forever Flowing, New York : Harper & Row, 1972

Le témoignage de Lev Kopelev

"En décembre 1932 le district de Myrhorod n'avait pas atteint ses objectifs de fourniture de grains. Le comité de l'oblast avait fait venir une délégation de journalistes, représentants  deux journaux : "Le registre socialiste de Kharkov" et  "le travailleur de locomotive", dans les villages en retard de livraison.  Nous étions quatre : deux types de Myrfhorod, un typographe et un imprimeur, et deux de Kharkov, Volodya, mon assistant, et moi.

La mesure la plus extrême dans les lieux de résistance les plus durs était "la confiscation sans discussion". Des kolkhoziens et des membres de la municipalité, dirigés par Vaschenko lui même, fouillaient les masures, les granges et les cours  et emportaient tout : les réserves de graines, la vache, le cheval,  les cochons. Nous fûmes présents, Volodya et moi,  lors de plusieurs de ces  raids dévastateurs. Nous y primes même part : nous avions la pmission de confiance de tenir l'inventaire des produits saisis. Les femmes hurlaient à la mort de façon hystérique en s'agrippant aux sacs. J'entendais les enfants dont les cris faisaient écho à ceux de leurs mères et qui toussaient et  s'étranglaient de sanglots. Et je contemplais le visage des hommes : effrayés, implorants, haineux, dont une partie, saisie de désespoir, sombrait dans une dépression passive  et une autre explosait de jurons avec férocité.    

Je me convainquais moi même de ne pas sombrer dans des sentiments de compassion débilitants.  Nous accouchions d'une nécessité historique. Nous faisions notre devoir révolutionnaire. Nous obtenions les grains nécessaires au succès du plan quinquennal et de la patrie socialiste. Une sorte de rationalisation fanatique me permettait de surmonter mes doutes, les élans de ma conscience ou mes simples sentiments de sympathie, de pitié et de honte. Ce fanatisme n'était pas seulement nourri des écrits des journaux ou des textes de la littérature. Bien plus forte était l'influence de ces personnes qui à mes yeux personnalisaient la justice et la vérité. Tous ces gens nous disaient qu'il fallait serrer les dents, fermer notre coeur,  et obéir coute que coûte aux ordres du Parti et de la direction soviétique.

Je n'ai jamais pu oublier l'hiver des dernières réquisitions, les semaines de la grande famine. J'en ai toujours parlé. Mais je n'ai pu écrire sur le sujets que bien des années plus tard.  Et au fur et à mesure que j'écrivais mes brouillons et les soumettaient à mes amis, mille questions se soulevaient. Des questions pour l'histoire, pour le jour présent, ou simplement pour moi.  

Comment tout cela avait-il été possible ? Qui était responsable de la famine qui avait fait tant de millions de victimes ? Par quelle diablerie avais-je pu participer à tout cela ?

Le 27 décembre 1932 le Comité Central  instituait les passeports intérieurs. Ils étaient destinés aux citadins afin d'aider "au comptage de la population, d'éliminer les populations réfugiées en ville abusivement et de se saisir des éléments koulaks criminels". En fait ces passeports intérieurs créait les conditions administratives et juridiques pour établir un nouveau servage et jeter les fondations d'un totalitarisme d'état comme on n'en avait jamais vu.

Les "éléments" Koulaks s'avérèrent n'être que des paysans ayant quitté leur village sans autorisation explicite de la part des autorités locales. Le passeport intérieur revenait à la législation abolie en 1861 qui liait le serfs à la terre.

Je tombais malade en février 1933. Mon père arriva après une tournée d'inspection à travers les provinces pour préparer la campagne de récolte des betteraves à sucre. Il s'assit, les traits crispés, le visage sombre, les yeux étincelants, comme s'il avait une crise de malaria. Mais il n'était pas émacié. On ne devient pas maigre quand on travaille pour les raffineries de sucre. Père était en colère et me le montra aussitôt : "tout est fait exprès ! Vous comprenez ? Plus aucun grain dans les villages.  Je ne parle pas des coopératives centrales des travailleurs des villes. Les paysans sont en train de mourir de faim. Je ne parle pas des handicapés, des vagabonds  ou des chômeurs américains. Mais des paysans Ukrainiens qui meurent faute de grain. Et mon cher fils a aidé à l'emporter ! ""

Lev Kopelev, The Education of a True Believer. New York : Harper & Row, 1980. (Chapter IX "The Last Grain Collections")

Le témoignage d'Arthur Koestler.

"Voyager dans la campagne était une tragique aventure ; on voyait les paysans mendier le long des gares, les mains et les pieds enflés. ; les femmes élevaient jusqu'aux fenêtres des wagons d'affreux bébés à la tête énorme au ventre gonflé aux membres décharnés. Le spectacle des gares qui se renouvela tout au long du voyage me donna une impression de désastre mais aucune idée de son étendue.  

Mes compagnons de voyage russes prirent la peine de m'expliquer que ces bandes lamentables étaient des koulaks,  riches paysans qui avaient résisté à la collectivisation du pays et qu'il avait fallu nécessairement expulser de leur ferme.  Quand je repense aujourd'hui à ces choses je suis frappé du fait qu'alors nous savions très bien à quoi nous en tenir. Nous connaissions la détresse du pays. Nous pensions que le socialisme triompherait et que cette détresse n'était que passagère. Nous avions ce qui se passait au pays de la révolution mais nous défendions quand même le pays de la révolution.  

Mon idée de la Russie avait été formée toute entière par la propagande soviétique. C'était l'image d'une super Amérique engagée dans l'entreprise la plus gigantesque de l'histoire, bourdonnante d'activité, d'efficacité, d'enthousiasme. La devise du premier plan quinquennal avait été de rattraper et de dépasser l'Occident. Cette tâche avait accomplie en quatre ans au lieu de cinq.  Tous les matins quand je lisais le Kommunist de Kharkov j'y trouvais les statistiques des plans réalisés et dépassés, le compte rendu des compétitions entre les brigades de choc, les nominations à l'ordre du drapeau rouge, les nouveaux travaux géants dans l'Oural, les photographies représentant soit des jeunes gens qui riaient toujours et qui portaient toujours un drapeau soit de pittoresques vieillards qui souriaient toujours et apprenaient toujours l'alphabet.

Pas un mot de la famine locale, des épidémies, de l'extinction de villages entiers. Cela donnait un sentiment d'irréalité,  une impression de rêve ; le journal semblait parler d'un tout autre pays, sans aucun rapport avec la vie quotidienne et c'était aussi vrai de la radio. La conséquence c'est que la majorité des gens à Moscou n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait à Kharkov".  "La nécessité du mensonge et de la calomnie ; de l'intimidation des masses pour les sauver de leur propre myopie ; de la liquidation des groupes d'opposition des classes hostiles ; du sacrifice  d'une génération entière au bénéfice de la suivante, tout cela peut paraître monstrueux et pourtant je l'acceptais sans difficulté suivant la voie toute tracée de la foi".     

Arthur Koestler - Hiéroglyphes.


"Chez la plupart des intellectuels communistes il y a une scission de la conscience" notera Margarete Buber-Neumann.

 
Le drame c'est que cette scission de la conscience perdure en France en 2010, 80 ans plus tard et concerne l'ensemble des intellectuels français ou presque.


Les faits sont toujours occultés, niés, minimisés. Le génocide ukrainien est expulsé du domaine de la réflexion publique et des médias. On voit pourquoi en lisant ces témoignages  :

 
- Il ne s'agit pas de communisme ni de stalinisme: on a fait mourir des millions d'hommes, de femmes et d'enfants au nom du socialisme en train de se réaliser. On admet que le socialisme détient un droit de tuer incorporé dans la doctrine. les victimes ne peuvent être innocentes. Ce sont des ennemis du socialisme. Les classes hostiles peuvent être détruites par le massacre, même dans les formes les plus abjectes.

- la sensiblerie petite bourgeoise est telle qu'il est légitime de mentir, tromper, combattre la vérité, pour éviter l'effet sur les masses impressionnables.

On n'en toujours là : " Cachez ce génocide que nous ne saurions voir".  Et qui donnerait des arguments contre nous qui sommes le Bien. 

"Nous les socialistes nous sommes les bons ; nous sommes gentils.  Mais nous savons bien que si on devait traiter ce génocide exécuté en temps de paix selon une planification rigoureuse et mené jusqu'à son terme sans aucune pitié comme on traite politiquement et médiatiquement la Shoah, alors nous serions, nous et nos doctrines, ravalés au statut de déchet de l'humanité comme de vulgaires hitlériens racistes et antisémites, alors qu'on tient tous les carrefours des medias, de la culture et de l'université".

Impensable !

Alors la France, "pays des droits de l'homme", n'a pas reconnu le génocide ukrainien. 

Alors les médias français n'en parle absolument jamais.

Alors les programmes scolaires sont aux mieux vierges de toute information sérieuse ou pratique une désinformation criminelle. Pourquoi se gêner ?

Les politiques et les intellectuels français ont accepté de se coiffer collectivement d'une chape de plomb sans même avoir la justification de la terreur stalinienne ou de l'illusion que le socialisme est un espoir sérieux pour l'humanité depuis la chute généralisée des systèmes "vraiment" socialistes.  L'auto censure y est aussi totale que spontanée : la crainte de se faire traiter de fascistes et d'être exclu du camp des bons est trop forte.  Alors le devoir de mémoire n'existe plus. Alors le besoin de justice inaliénable et perpétuel  des victimes n'existe plus non plus.

Par pitié ne parlez pas de la loi des cinq  épis du 7 août 32 qui a permis de confisquer par la violence  la nourriture de millions de paysans, les condamnant à une mort abjecte et inévitable, une des dates les plus horribles de toute l'histoire de l'humanité. Une de celles qui devraient gravées dans la conscience de l'humanité, comme témoignage de ce qui ne doit jamais plus arriver.

Par pitié ne parlez pas de la résolution du 14 décembre 32  du CCUS qui appelait "à l'extermination des saboteurs de la collecte".   L'extermination ! On ne cachait pas l'objectif. Ici, ce n'est pas comme pour la Shoah où on cherche désespéremment les ordres écrits de la Solution finale, et où on doit déduire la volonté d'exterminer des résultats de la politique menée par les Nazis.  Pour le génocide ukrainiens on a tout : les ordres et les résultats.

Par pitié ne parlez pas  de la loi sur le passeport intérieur  du 27 décembre 1932 et de la circulaire de Staline et Molotov du 22 janvier 33 qui ont bloqué les victimes sacrifiés dans leur village jusqu'à ce que mort de faim s'en suive.

12000 villages exterminés en Ukraine, entourés par 120.000 militaires de la Milice et 40.000 activistes communistes mobilisés à cette fin. Entre 3.5 et 4.5 millions de morts directes en deux ans. Et le remplacement des morts dès 1934 par des millions de Russes afin de noyer le nationalisme petit bourgeois des Ukrainiens et relever l'armée pour les semailles et les récoltes !

Il n'y a pas le moindre doute sur le caractère intentionnel du génocide : on a les textes, les ordres, l'organisation, les résultats. Et tous les témoignages.   Un vrai  génocide modèle qui sera répliqué en Corée, au Cambodge, en Chine, en Erythrée. Avec à nouveau des millions et des millions de morts.  Le concepteur de la notion de génocide, Raphael Lemkin, ne s'y est pas trompé : il a lui même spécifiquement écrit qu'il s'agissait d'un génocide manifeste.

Mais non. Il n'y a pas de génocide.  Circulez, il n'y a rien à voir.

Il ne faut surtout pas contempler et condamner la sinistre matrice, surtout pas en parler, surtout pas en tirer la leçon.

En France ! Au pays qui se flatte que Voltaire ait soutenu Calas injustement condamné.  Un innocent et voilà nos intellectuels engagés. Des millions de morts avec le label "assassinés pour l'établissement sur terre du socialisme". Et voilà nos intellectuels désengagés, accroupis dans la fange du silence, de l'autocensure et de la falsification.  

Holodomor tend un miroir à la France de 2010.  Le spectacle n'est pas ragoutant.

Aragon : l'hymne à la Guépéou. A lire d'urgence dans les écoles.

Au moment où Marianne publie un numéro sur les gloires du Parti Communistes français et d'inévitables poèmes d'Aragon sur la Résistance, il n'est pas mauvais de publier le poème d'Aragon à la gloire de la Gépéou.

De 1929 à 1939, ce sera le grand moment de l'OGPEOU, transformée un peu avant la guerre en NKVD avant de devenir le KGB.


De 1929 à 1934 cette aimable organisation va s'occuper des paysans, ces koulaks inutiles dans le monde nouveau du socialisme réalisé : 10.000.000 de morts.  C'était le prix à payer pour la destruction d'une classe sociale devenue embarassante.

De 1934 à 1939, ce sera la grande terreur avec près d'un million de personnes tuées dans les seuls centres de la Guépéou.

Puis la mise aux pas des nations, avec des millions de déportations au Goulag dans des conditions abjectes.

La Guépeou, c'est la SS nazie  mais avec 75 ans d'exactions continues derrière elle.



Le poème d'Aragon à la gloire du Guépéou

"Prélude au temps des cerises "

Il s'agit de préparer le procès monstre
d'un monde monstrueux
Aiguisez demain sur la pierre
Préparez les conseils d'ouvriers et soldats
Constituez le tribunal révolutionnaire
J'appelle la Terreur du fond de mes poumons
Je chante le Guépéou  qui se forme
en France à l'heure qu'il est
Je chante le Guépéou nécessaire de France

Je chante les Guépéous de nulle part et de partout
Je demande un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
Demandez un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
pour défendre ceux qui sont trahis
pour défendre ceux qui sont toujours trahis
Demandez un Guépéou vous qu'on plie et vous qu'on tue
Demandez un Guépéou
Il vous faut un Guépéou

Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
Vive le Guépéou contre Dieu Chiappe et la Marseillaise
Vive le Guépéou contre le pape et les poux
Vive le Guépéou contre la résignation des banques
Vive le Guépéou contre les manoeuvres de l'Est
Vive le Guépéou contre la famille
Vive le Guépéou contre les lois scélérates
Vive le Guépéou contre le socialisme des assassins du type
Caballero Boncour Mac Donald Zoergibe
Vive le Guépéou contre tous les ennemis du prolétariat."

Editions Denoël
1931


On se demande pourquoi M. Sarkozy ne demande pas que cette belle lettre humaniste soit lue le même jour et à la même heure dans toutes les écoles de France.


M. Aragon est un poète comblé : il a appelé la terreur de tous ses voeux et il a été exaucé. La terreur a massacré des dizaines de millions de pauvres gens innocents au nom du socialisme réalisé par les communistes.

Et il est honoré. Indéfiniment honoré. Nécessairement honoré.

Le Panthéon l'attend. Ce n'est plus qu'une question de temps. Un chantre du génocide, cela nous manque trop ! Sollers et sa France Moisie, à régénérer par des flots de sang révolutionnaire, cela fait médiocre.


Quelle abjection !

Holodomor l'introduction de la seconde édition augmentée du livre de Didier Dufau

Nous donnons ici l'introduction  du livre de Didier Dufau, publié début 2009,  consacré à la reconnaisance d'Holodomor comme génocide, dans la perspective du centième anniversaire de la mort de Raphael Lemkin à qui le livre est dédié. 

 

Holodomor


La France doit reconnaître le génocide Ukrainien


Didier Dufau


introduction

Le 28 août 2009 a été fêté le 100ième anniversaire de la naissance de  Raphaël Lemkin, l’homme qui a été depuis les années trente une des chevilles ouvrières de la lutte pour la reconnaissance des génocides, forme ultime du crime contre l’humanité.  A cette occasion a été publié un texte de lui exhumé des archives qui décrivait méthodiquement en quoi Holodomor, l’extermination programmée de millions d’Ukrainiens, affamés volontairement et morts dans des conditions atroces,  était un génocide caractérisé.  Par l’écrit du créateur du concept même de génocide  était dénoncé le premier grand génocide socialiste, génocide qui allait être suivi de nombreux autres pratiquement sur les mêmes schémas idéologiques et politiques.

Simultanément la République d’Ukraine remettait sur le terrain diplomatique une revendication  portée dès l’indépendance acquise du pays après l’effondrement de l’URSS par divers mouvements mémoriels locaux,  et qui a pris un essor officiel avec l’élection d’un président totalement indépendant de la Russie.  L’Ukraine réclame officiellement la reconnaissance  du génocide  de 1932-33 commis par l'URSS contre sa population et sa nation.

De nombreux pays ont fait droit à cette réclamation. Il faut dire que tous les éléments de définition du génocide sont réunis.  Le texte sur le sujet de R. Lemkin règle la question sans ambiguïté.  Il y a bien eu la volonté de détruire une structure nationale, organisation de cette destruction, passage à l’acte et le terrible bilan : entre 6 et 7 millions de morts affamés, assassinés ou déportés dans des conditions inhumaines dans des contrées non préparées à accueillir un tel flot  et dont ne reviendra qu’une faible partie des condamnés.  Sachant que la population ukrainienne de l’époque était d’environ 30.000.000 d’habitants, on voit que la saignée  en a porté sur une fraction considérable  : près de 25%.

En fait lorsqu’on ajoute les morts de la période révolutionnaire elle-même, provoquées par la guerre étrangère puis la guerre civile,  avec déjà une grande famine qui a fait près de 3.000.000 de victimes, ceux de la grande terreur stalinienne de la fin des années 30 et ceux de la répression d’après la guerre de 40 avec à nouveau une famine en 1947, c’est un bilan de plus de 12.000.000 de morts qu’il faut annoncer soit plus du tiers de la population ukrainienne.

Au génocide s’ajoute le viol même de la nation. Des millions de russophones étrangers à l’Ukraine y seront envoyés, à l’instar de ce qui s’est passé dans les pays baltes, d’une part pour gommer un tant soit peu les pertes démographiques  du génocide ukrainien mais aussi pour détruire le sentiment national et créer les conditions permanentes de l'asservissement du pays.

Les génocides arméniens, ukrainiens et juifs forment le triptyque tragique du nouveau monde ouvert par la guerre de 1914, guerre d’un nouveau genre qui a vu le progrès technique sans élévation de la conscience aboutir à un début d’anéantissement de l’humanité.  La guerre de 40, suite malheureusement logique de la première guerre mondiale, a démontré que cet anéantissement n’était pas une hypothèse et que désormais les nations disposaient du quantum d’action nécessaire pour détruire la planète et l’humanité.

La société des nations, SDN, a été créée après la première guerre justement pour qu’un droit international nouveau soit créé qui interdise les crimes contre la paix, devenue base de la sauvegarde de l’humanité, mais aussi pour définir, au-delà du simple crime contre l’humanité, les sanctions à prévoir contre les massacres  gigantesques organisés contre des groupes humains par des pouvoirs de fait ou de droit.

Le droit humanitaire international remonte à loin. La suppression de la traite des noirs et plus généralement  de l’esclavage,  du travail trop précoce des enfants,  des crimes de guerre, de la maltraitance des blessés et des prisonniers (les lois de la guerre étant encadrées par des conventions signées à Genève), ont rythmé le progrès du droit pendant tout le XIXème siècle.  Deux cent ans déjà.

Mais l'après-guerre de 14 et les génocides subséquents ont marqué un immense retour en arrière et trompé les espoirs de la SDN .

Pourtant, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité apparaissent dans le droit positif dès les années 20 dans la législation de la majorité des pays démocratiques.

Très vite, les réflexions se sont portées sur une autre catégorie de crime contre  l’humanité, les massacres de grande envergure visant à liquider ou mettre au pas des groupes humains entiers. C’est à cette mission que R. Lemkin s’est attaché, soutenu par différents organismes comme la fondation Carnégie.  Il ne fait pas de doute que le moteur de ses réflexions a été alimenté à la fois par des faits anciens et des réalités contemporaines : massacres  du début du siècle dans les colonies allemandes, en Turquie, en Ukraine, en Pologne  etc.

Paradoxalement la montée du nazisme bloque l’évolution prometteuse de ce nouveau droit international. Les travaux cessent en même temps que la SDN reçoit en son sein une des puissances génocidaires, l’URSS,  pour faire pièce aux nazis. L’effroyable génocide par famine qui culmine en 1933, c'est-à-dire la veille de cette admission, doit être masqué. Malgré les avertissements qui émanent de partout sur l’ampleur du désastre humanitaire et sur la férocité démente de la direction de l’URSS,  l’adhésion de l’URSS est acquise en 1934 après que des voyages diplomatiques  trompeurs aient été organisés pour anesthésier l’opinion et masquer la réalité.  La Croix Rouge commet à cette date une des fautes les plus lourdes de toute son histoire en cautionnant le mensonge de la non existence de la famine.

Toutes ces fictions s’effondreront avec la signature du pacte germano-soviétique  entre Molotov et Ribbentrop ! La Pologne est dépecée, et subit des deux côtés des crimes atroces. L’affaire de Katyn  où près de 20.000 cadres militaires et civils polonais sont assassinés montre que Staline n’a que faire du droit international humanitaire. Il se saisit à cette occasion de la Bucovine Nord où il commet à nouveau des crimes contre l’humanité majeurs, comme la liquidation de près de 20% de la population de l’ancienne capitale du Duché de Bucovine, Cernauti , puis la déportation de toute la population allemande et  la majorité des roumanophones de la région  !

Sous l’Egide des Etats-Unis, qui prennent la tête des alliés contre l’Allemagne nazie et le Japon impérial,  les fondations d’une nouvelle organisation internationale, l'ONU, organisation des nations unis,  sont construites et les travaux sur l’élaboration d’un nouveau droit international reprennent dès 1943. Ils déboucheront lors du procès de Nuremberg, où, sous l’influence de R. Lemkin, la notion de génocide  et les éléments d’un droit du génocide sont affirmés.

Citons le texte de la Documentation Française qui en 1946, explicite la notion de génocide.


« Le génocide a été inclus dans l'acte d'accusation des principaux criminels de guerre à Nuremberg. Il y est dit:  Les accusés se sont rendus coupables de génocide délibéré et systématique, c'est-à-dire, des groupes nationaux et raciaux, contre les populations civiles de certains territoires occupés, en vue de détruire des races et des classes déterminées, et des groupes nationaux, raciaux ou religieux, plus spécialement des Juifs, des Polonais, des Tziganes et d'autres encore.

En introduisant le génocide dans l'acte d'accusation, l'énormité des crimes nazis a été définie d'une façon plus précise. De même que, en cas d'homicide, le droit, naturel de l'individu à l'existence est impliqué, de même en cas de génocide en tant que crime, le principe que tout groupe national, racial et religieux a un droit naturel à l'existence ressort clairement. Des attentats contre pareils groupes violent ce droit à l'existence et celui du développement au sein d'une communauté internationale. Concluons: le génocide n'est pas seulement un crime contre les règles de la guerre, mais encore un crime contre l'Humanité. »


Raphael Lemkin participe alors à son grand œuvre, le vote par l’ONU d’un cadre légal contre "le crime  des crimes", le génocide. Il est l'inspirateur et le principal rédacteur de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, approuvée le 9 décembre 1948 par  l’assemblée générale des Nations Unis et entrée en vigueur le 12 janvier 1951. Ce vote conduira ultérieurement  à celui du caractère  imprescriptible des crimes contre l’humanité et du génocide, puis au tribunal pénal international.

Malheureusement le vote est entaché d’un lobbying conjoint de la part des Etats-Unis et de l’URSS. Les premiers ne veulent pas que l’apartheid et les massacres de noirs sans jugements comme il s’en produit souvent encore sur leur sol puissent entraîner une incrimination. L’Union Soviétique ne veut pas que ses propres crimes soient évoqués.   La France et le Royaume uni qui ont quelques guerres coloniales sur les bras ne veulent pas non plus d’une extension trop large du concept de génocide.

On châtre donc  le texte rédigé après le procès du Nuremberg et on supprime la notion de « classes  déterminées» insupportable au génocidaire  lui-même, c'est-à-dire à  l’URSS.  Staline obtient satisfaction et la définition du génocide est restreinte aux seuls massacres collectifs  basés sur la notion de race, de religion et de nation.

C’est toujours un inconvénient d’avoir avec soi l’organisateur d’un crime pour le définir  et le sanctionner !

Raphaël Lemkin n’est pas dupe des compromis qu’il a fallu accepter pour qu’une avancée fondamentale du droit humanitaire mondial puisse être institué.  Plus tard, à l’instigation des associations de la diaspora ukrainienne il en viendra à expliciter complètement  sa vision des choses en démontrant qu’Holomodor est bien un génocide.

Malheureusement ce génocide restera totalement occulté. Le mot n’est connu de personne en Occident.  Toutes les occasions de remettre en perspectives ce premier grand  génocide socialiste , et elles ne manqueront pas, de la publication des mémoires de Kravchenko, le premier grand témoignage d’un acteur d’Holodomor,  à la déstalinisation,  à la publication de « l’archipel du Goulag » de Soljenitsyne,  à la chute du mur, puis à la publication du Livre Noir,  ne sont pas exploitées.

Une chape de plomb pèse sur Holodomor. Pire encore, lorsque la réclamation victimaire de l’Ukraine pourra enfin être formulée, une fois sa dépendance vis-à-vis de Moscou supprimée, elle sera occultée en même temps qu’à l’initiative des communistes et malheureusement aussi de socialistes non communistes, un tir de barrage négationniste est massivement organisé pour que la réclamation ukrainienne soit cachée (les media, particulièrement  les français,  seront d’une remarquable discrétion), supectée   et surtout, scandale des scandales, non reconnues par les instances internationales.

C’est ainsi qu’en catimini le Parlement Européen  refuse de reconnaître le caractère génocidaire d’Holodomor tout en admettant son caractère de crime de masse contre l’humanité devant faire l’objet d’un devoir de mémoire !  Qu'est ce donc qu'un génocide sinon un crime de masse exigeant un devoir de mémoire de la part de toute l'humanité ?

Plus classiquement, à la demande de la Russie, l’organisation des Etats-Unis refuse également de reconnaître le caractère génocidaire, pourtant évident, le texte de Lemkin le montre bien.

Le scandale d’un génocide qui devrait interpeller la conscience mondiale des nations civilisées  et de sa non reconnaissance,  qui  suggère que les millions de victimes civiles sans défenses ne sont pas innocentes, est l'objet de ce livre.

Comment un tel déni a-t-il pu être possible ? Par quel mécanisme est-il entretenu ?  Par quelle déviation de l’esprit démocratique et de l’humanisme est il toléré ?


Où sont les droits de l’homme si l'on nie ceux des millions de victimes exécutées dans des conditions de sauvagerie maximale  par un pouvoir disposant  seul de la force armée et en temps de paix ?

Où est la prétention  de la France à être la patrie des droits de l’homme lorsqu’elle est le pays où l’occultation, la négation et la minimisation d’Holodomor sont les plus systématiques, à tel point que la France est un des seuls pays démocratiques au monde à ne même pas avoir pris position sur la question, posée explicitement par la diplomatie Ukrainienne depuis 2003 et le 70ième anniversaire d’Holodomor ?

C’est  l’histoire de cette amnésie volontaire et scandaleuse que ce livre raconte.  Dans l’espoir que la France change sa position et se réconcilie avec elle-même. La France par son gouvernement et son parlement doit reconnaître Holodomor. Le plus tôt sera le mieux.

En même temps, la grande histoire du progrès du droit humanitaire doit reprendre son cours, après avoir levé l’hypothèque de la non-condamnation pour des raisons politiques et diplomatique des grands génocides socialistes.

75 ans après il faut sortir de l’ambiguïté de 1934. L’URSS n’est plus. La plupart des pays du « socialisme réel » ont disparu ou ont abjuré le marxisme léninisme. Il faut reprendre la lutte décidée contre les crimes contre l’humanité de grande ampleur. En les dénonçant tous.  Sans exception.  Il n’y a pas de « bons génocides » pour lesquelles l’amnésie est requise, et des "mauvais génocides" pour lesquels l’ hypermnésie serait de rigueur.
 
Il ne s’agit pas ici « d’appuyer sur les plaies pour en faire gicler des bouillies de staphylocoques » (expression de Yan Moax sur un tout autre sujet) , ni de « jeter des cadavres sur des espérances ». Mais de poursuivre le progrès du droit international humanitaire.

Que le cinquantenaire de la mort de Raphaêl Lemkin et le centenaire de sa naissance, soient l’occasion  de l’approfondissement définitif de son œuvre et des avancées nécessaires sur le chemin qu’il a tracé !



Le blog en hommage a Léon Chaix

Léon Chaix est un humaniste de gauche qui a donné son nom a un syndrome essentiel a la compréhension de notre temps. Le syndrome de Léon Chaix décrit  la réponse automatique des adeptes du mouvement socialiste confronté a l'ampleur des crimes contre l'humanité commis en son nom :

  1.  L'occultation
  2.  La négation
  3.  La minimisation
  4.  L'exonération.

Tous ceux qui essaient de dénoncer l'occultation,  de démonter la négation,   de se moquer de la minimisation et de rire des tentatives d'exonération  sont évidemment présentés comme < fascistes > et ne sont dignes que des attaques ad hominem les plus basses. 
Léon Chaix et son ami Didier Dufau ont pendant des années commenté en temps réel sur le forum du journal le Monde les exemples de ce syndrome,   montrant  au jour le jour comment il s'appliquait aux révélations du Livre noir, aux crimes des Farc qu'ils furent longtemps les seuls  a évoquer et a condamner, a ceux du sinistre  Mugabe ou de l'ignoble < Prachandra > le tueur en série du Népal.  Le combat continue ici !

 

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