Aragon : l'hymne à la Guépéou. A lire d'urgence dans les écoles.

Au moment où Marianne publie un numéro sur les gloires du Parti Communistes français et d'inévitables poèmes d'Aragon sur la Résistance, il n'est pas mauvais de publier le poème d'Aragon à la gloire de la Gépéou.

De 1929 à 1939, ce sera le grand moment de l'OGPEOU, transformée un peu avant la guerre en NKVD avant de devenir le KGB.


De 1929 à 1934 cette aimable organisation va s'occuper des paysans, ces koulaks inutiles dans le monde nouveau du socialisme réalisé : 10.000.000 de morts.  C'était le prix à payer pour la destruction d'une classe sociale devenue embarassante.

De 1934 à 1939, ce sera la grande terreur avec près d'un million de personnes tuées dans les seuls centres de la Guépéou.

Puis la mise aux pas des nations, avec des millions de déportations au Goulag dans des conditions abjectes.

La Guépeou, c'est la SS nazie  mais avec 75 ans d'exactions continues derrière elle.



Le poème d'Aragon à la gloire du Guépéou

"Prélude au temps des cerises "

Il s'agit de préparer le procès monstre
d'un monde monstrueux
Aiguisez demain sur la pierre
Préparez les conseils d'ouvriers et soldats
Constituez le tribunal révolutionnaire
J'appelle la Terreur du fond de mes poumons
Je chante le Guépéou  qui se forme
en France à l'heure qu'il est
Je chante le Guépéou nécessaire de France

Je chante les Guépéous de nulle part et de partout
Je demande un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
Demandez un Guépéou pour préparer la fin d'un monde
pour défendre ceux qui sont trahis
pour défendre ceux qui sont toujours trahis
Demandez un Guépéou vous qu'on plie et vous qu'on tue
Demandez un Guépéou
Il vous faut un Guépéou

Vive le Guépéou véritable image de la grandeur matérialiste
Vive le Guépéou contre Dieu Chiappe et la Marseillaise
Vive le Guépéou contre le pape et les poux
Vive le Guépéou contre la résignation des banques
Vive le Guépéou contre les manoeuvres de l'Est
Vive le Guépéou contre la famille
Vive le Guépéou contre les lois scélérates
Vive le Guépéou contre le socialisme des assassins du type
Caballero Boncour Mac Donald Zoergibe
Vive le Guépéou contre tous les ennemis du prolétariat."

Editions Denoël
1931


On se demande pourquoi M. Sarkozy ne demande pas que cette belle lettre humaniste soit lue le même jour et à la même heure dans toutes les écoles de France.


M. Aragon est un poète comblé : il a appelé la terreur de tous ses voeux et il a été exaucé. La terreur a massacré des dizaines de millions de pauvres gens innocents au nom du socialisme réalisé par les communistes.

Et il est honoré. Indéfiniment honoré. Nécessairement honoré.

Le Panthéon l'attend. Ce n'est plus qu'une question de temps. Un chantre du génocide, cela nous manque trop ! Sollers et sa France Moisie, à régénérer par des flots de sang révolutionnaire, cela fait médiocre.


Quelle abjection !

Actualité d'Holodomor, le génocide soviétique en ukraine

Actualité d’Holodomor.

Comme la majorité des gens ne le savent pas (personne ne s’est précipité dans les médias pour le leur expliquer)  Holodomor est le nom donné par les Ukrainiens au génocide perpétré par l’Union Soviétique contre leur peuple entre 31 et 34.

Bien décidé à en finir avec l’irrédentisme ukrainien et ses particularismes, Staline lance la « destruction des koulaks en tant que classe »  en accélérant un programme d’élimination massive de la propriété privée et d’expropriation des paysans, de destruction de toutes les structures religieuses ukrainiennes (ne survivront que deux évêques et une poignée de popes),  d’élimination de toutes les institutions culturelles et intellectuelles proprement Ukrainiennes.  Les terribles réquisitions de blé et de bétail empêchent bientôt de faire la soudure.  Les manifestations de paysannes sont réprimées dans le sang. Les récalcitrants sont déportés et réduits en esclavage, avant de mourir presque tous dans des conditions de dénuement total dans des contrées sibériennes où rien n’était prévu pour eux.

 La famine s’installe en Ukraine et au Kouban.  Les femmes et les enfants de koulaks jetés à la rue se retrouvent sur les chemins ou dans les grandes villes. Près de 30.000 enfants orphelins hantent les rues de Kharkov où ils survivent comme ils peuvent. La plupart mourront de faim et de maladie (on estime à plus de 600.000 le nombre d’enfants tués pendant Holodomor).  Le CC du PCUS décide de « donner une leçon définitive » aux paysans ukrainiens. Une loi des épis permet de sanctionner la possession du moindre boisseau. On arrache le peu de  semence et de nourriture dans la poche des paysans. On interdit aux paysans de quitter leur village. On massacre ceux qui s’enfuient. Des « listes noires » de villages à exterminer  sont établies. On les encercle militairement et on interdit tout échange avec les proscrits.  La faim frappe enfants, femmes et hommes. Le typhus s’installe, gonflant encore le nombre des victimes.  Des scènes d’horreur se font jour : on mange les charognes dénaturées, et on meurt dans d’atroces souffrances ; des actes de cannibalisme sont relevés :  on sacrifie un enfant pour sauver la famille…

Selon la logique totalitaire qui veut qu’en quelques mois le pays se divise entre bourreaux et victimes, 180.000 personnes sont lancées sus aux récalcitrants. Ils parviendront à faire mourir entre 7.000.000 de personnes (3 à 4 millions morts de faim, 1.000.000 exécutés, 1 à 2 millions déportés).  On remplace en partie les populations  mortes par 2.000.000 d’immigrés russophones.

Les massacres doivent être cachés. Hitler vient de prendre le pouvoir. Les démocraties se rapprochent de l’URSS. Ils demandent l’intégration de l’URSS dans la SDN. Impossible de faire entrer un état génocidaire dans la SDN ! Alors on se tait. On sait et on se tait. Car des partout les témoignages affluent. Des voyages « potemkine » sont organisés pour laisser croire qu’il n’y a aucune famine. E. Herriot, Pierre Cot, Bernard Shaw et finalement la croix Rouge se prêtent à ces opérations de camouflage.  Le mensonge s’installe dans les démocraties.  Partout on est prié de révérer le succès du « socialisme réalisé » par le « génial Staline ».  Là où on ne trouve plus que des cadavres on est prié de voir les moissons glorieuses et le blé qui coule à flot !

Avec Holodomor nait d’un seul coup le génocide révolutionnaire de masse en temps de paix, la négation du génocide et l’antifascisme politicien. Staline donne l’ordre de se rapprocher de la sociale démocratie  sous l’égide du concept d’antifascisme , dépassement des clivages anciens. Le terrorisme intellectuel s’impose en occident autour d’un mensonge structurel, après que le terrorisme social, au nom de l’instauration violente du socialisme,  ait fait des millions de victimes dans les conditions les plus atroces.  Et désormais le terrorisme intellectuel n’est pas seulement celui des partis Communistes et ses relais embusqués dans les médias et l’université, mais aussi  celui des socialistes démocratiques.  Quiconque remet en cause l’URSS et ses génocides à répétition devient un « fasciste ».

La guerre gagnée contre les nazis où l’URSS fait partie des nations alliées, conduit à la découverte des charniers de la Shoah. Le mensonge sur Holodomor en est aggravé d’autant en même temps que s’exacerbe l’antifascisme politicien :  celui qui conteste Holodomor et les crimes soviétiques, celui qui dénonce le mensonge monstrueux, celui qui demande justice au nom des millions de victimes n’est plus seulement un vil fasciste, il devient  un antisémite.  Robert Hue ne manquera pas d’envoyer cet argument frelaté à la tête de Courtois lors de la fameuse émission de Pivot accompagnant la sortie du Livre noir.

L’amnésie sur Holodomor et l’hypermnésie sur la Shoah deviennent la règle d’or « à  gauche », en fait dans un camp socialiste divisé mais qui croit devoir trouver une existence commune autour d’un « peuple de gauche » mythique  en inventant un « peuple de droite » indéfectiblement associé à la Shoah, au fascisme et à l’antisémitisme.

Alors même que l’URSS s’effondre, que la compilation de ses crimes apparait dans toute son horreur, cette reconstruction de l’histoire est avalisée par les socialistes dits « démocratiques », comme le PS de Jospin en France. Le tapage contre un Pinochet (3200 morts) poursuivi pour « génocide » par le juge Garzon, le procès Papon avec son équation simpliste « droite= Shoah, De gaulle = droite, Papon = de gaulle, De gaulle = Shoah) permet d’alimenter le fumigène. Alors qu’on est prié de considérer tous les mouvements révolutionnaires comme un magnifique exemple de sacrifice au nom de l’idéal socialiste. C’est particulièrement vrais pour les Farc (plusieurs dizaines de milliers d’assassinats, force 15 sur l’échelle de Pinochet)  absouts de toute critique et dont les crimes sont cachés et niés pendant des décennies jusqu’à ce qu’un enlèvement de trop retourne l’opinion.  Ou pour les exactions de Mugabe. Ou pour les crimes de Prachandra, le brahmane fou et maoïste du Népal (force 5 sur l’échelle de Pinochet).

Et voilà que les peuples soumis à l’URSS et qui ont réussi à se détacher de l’URSS et finalement à se doter de gouvernement indépendant des structures communistes réclament la reconnaissance des génocides qu’ils ont subis.

La bulle mensongère est tendue à l’extrême. L’antifascime, 70 ans après la disparition du nazisme et du fascisme italien,  commence à prendre l’air de ce qu’il est : un artifice de propagande particulièrement odieux. L’instrumentalisation de la Shoah finit aussi par faire mauvais effet tant elle est manifeste. Le galvaudage de la notion de génocide fait le reste : si un bourreau argentin ou chilien peut être poursuivi pour génocide pour une série d’assassinats politiques ciblés, alors comment ne pas considérer  comme génocide des crimes contre l’humanité qui ont touché des millions de personnes totalement innocentes ?

Le plus drôle est que la contestation ne vient pas de droite : la droite est muette par construction. Mais de l’ultra gauche. Depuis le tournant du socialisme dans un seul pays et de « la réconciliation » entre bolchévique et socialiste démocratique, imposé par Staline face à la montée d’Hitler (nous revoici dans les années trente),  l’ultra gauche dénonce l’abandon de l’idéal révolutionnaire. On pactise avec l’ennemi de classe. La révolution est finie. Le front « antifasciste » pour eux est le nom de l’abandon de la révolution. Avec le virage qui associe antifascisme et Shoah, leur combat prend un mauvais tour. S’ils attaquent l’antifascisme, c’est qu’ils sont antisémites !  L’affaire de la « vielle taupe » et les évolutions de Garaudy sont là pour le prouver ! L’affaire trouve son épilogue burlesque avec l’accusation d’antisémitisme lancée contre Alain Krivine et le facteur Besancenot, mobilisés dans la défense des palestiniens contre l’oppression israélienne.

Voici donc la droite et l’extrême gauche réunies dans le même opprobre par l’antifascisme  socialo-communiste !  

Voici le lambeau de parti qu’est le parti communiste français, le seul à être resté indéfiniment stalinien à la manœuvre pour tuer à droite comme à gauche toute reconnaissance comme génocide des immenses massacres de l’URSS et des pays frères. 

Que resterait-il de « l’antifascisme »  idéologico-politique et de la dénonciation antisémite et progénocidaire  de la droite si les mêmes concepts qui sont à la base de la dénonciation s’appliquaient aux exactions de l’URSS ? Que resterait-il de l’Union de la gauche si le PC français était réduit à un simple auxiliaire de génocides répétés et globalement plus massifs que ceux du nazisme ? Que resterait-il de l’idée socialiste si on la jugeait avec la même rigueur que les autres idées et comportements sources de génocides ?

Il faut que le crime soit tu et que le mensonge continue à  s’imposer pour que tout le charabia politique socialiste autour d’une union de la gauche mythifiée garde un semblant d’existence. Les forumeurs socialistes ne s’y trompent pas dans leur hystérie collective contre ceux qui dénoncent le crime et font voler en éclat le mensonge. Ils y voient une véritable menace contre l’idée même du « peuple de gauche ». « Ne jetez pas de cadavres sur mon idéal ». Indépendamment des bouches à feu officielles chaque militant se croit le défenseur ultime de la vraie foi. Il appelle à la rescousse tout le clan pour jeter dehors sous un torrent d’infamies, d’injures, et de violences, le malheureux qui viendrait à parler « vérité », « hommages aux victimes », « devoir de mémoire ». L’instrumentalisation politique et idéologique de la Shoah fait craindre une instrumentalisation symétrique d’Holodomor.

Alors partout on occulte, on nie, on minimise. Le Parlement Européen se ridiculise en inventant le génocide « canada dry » : les millions de victimes innocentes de l’URSS ne peuvent pas se considérées comme victimes d’un génocide mais « seulement » d’un crime contre l’humanité. Mais il faut le même devoir de mémoire qui si c’était un génocide.  Holodomor ressemble à un génocide, a le goût amer du génocide, doit être traité comme une génocide,  mais, Mesdames et Messieurs, ce n’est pas un génocide ! La France courageusement, bien  qu’elle ait eu, un court instant une secrétaire d’état  aux droits de l’homme n’a pas cru devoir répondre du tout à la réclamation victimaire de l’Ukraine. C’est la droite sous influence, au parlement européen comme au gouvernement, qui a décidé d’opter pour visser une chape de plomb sur la mémoire des  millions de victimes ukrainiennes. Encore bravo !

On voit qu’Holodomor n’est pas une affaire du passé, mais une clé structurante de notre quotidien idéologique et politique en France, mais aussi à travers la planète. On trouve des négationnistes d’Holodomor au Canada, aux Etats Unis et au Royaume uni, pas seulement en France et pas dans les seuls rangs des éternels  compagnons de route du PCUS.

L’actualité d’Holodomor n’est pas seulement ukrainienne.

Salomon, d’après Finkielkraut, priait Dieu pour lui donner un cœur intelligent. La posture antifascite idéologique et politicienne, née en 1933, interdit et la mobilisation de  l’intelligence et l’émotion du cœur. Le mensonge partisan en matière de génocide ne peut être considéré comme une marque d’intelligence. Et le refus de considérer les victimes comme innocente démontre une atrophie du cœur pratiquement totale.

Nous devons adopter la ligne de conduite de Salomon. La gauche doit devenir ou redevenir le camp des cœurs intelligents.

Cela passe par la reconnaissance en tant que génocide d’Holodomor.
Hic et nunc !

 

Didier Dufau

Rafael Lemkin et Holodomor

Vous ne connaissez pas le mot "Holodomor" ? C'est normal. Le terme et ce qu'il recouvre, un effroyable génocide commis dans des conditions atroces qui fit en Ukraine entre 6 et 7 millions de victimes  entre 31 et 34.

Depuis que l'Ukraine a retrouvé sa souveraineté et surtout que des gouvernemenets non alignés sur Moscou ont réussi à s'imposer au pouvoir la vérité sur cette immense massacre s'est imposée en Ukraine.

Le gouvernement ukrainien cherche à faire reconnaître ce génocide.  Il a formulé de nomreuses demandes auprès de toutes les institutions. La dernière est le Parlement Européen. Sept millions de morts dont plus de la moitié morts de faim dans des villages coupés du monde par l'armée rouge ; un massacre dont tous les documents récemment publiés mongtrent qu'il a été commandé expréssement. Il fallait réduire l'Ukraine et détruire les Koulaks en tant que classe.

Et bien le Parlement Européen a bien voulu admettre le crime contre l'humanité mais pas le génocide. Vous n'en avez pas entendu parler. Normal : la presse française n'en a pas parlé ou tellement vite et tellement peu ou tellement négativement que votre attention n'a pas pu être attirée.

Des discussions filandreuses ont eu lieu pour savoir ce qui était ou n'était pas un génocide. Elles étaient toutes de mauvaise foi à gauche : on ne veut tout simplement pas que le socialisme se retrouve avec un génocide sur les bras. Imaginons qu'on lui applique le même traitement politique et médiatique qu'à la Shoah !

Alors le parlement a inventé le génocide canada dry : cela ressemble à un génocide ; cela a le gout du génocide ; mais ce n'est pas un génocide.

Les élections européennes ont eu lieu récemment. Personne n'a jamais discuté des décisions qui ont été prises pendant la législature finissante. pas un mot.

Personne n'a parlé de cette terrible forfaiture qu'aura été la non qualifiation de génocide d'Holodomor.

Chut !!!!

Parmi les arguments invoqués, il y a eu cet argument massue : celui qui a défini le concept de génocide et a réussi à l'imposer lors du procès de Nuremberg, Raphaël Lemkin, n'a jamais qualifié Holodomor de génocide et ne s'est déclaré que sur l'affaire arménienne et sur la Shoah.

C'était naturellement un mensonge. Il éclate aujourd'hui, alors que l'on va fêter le centième anniversaire de la naissance de R. Lemkin un document imparable a été déniché dans ses papiers. la source est totalement officielle et validée.

Voici le texte :

Raphaël LEMKIN


                                Un  GENOCIDE SOVIETIQUE EN UKRAINE*


                                   Sossyura  - AIMEZ L’UKRAINE -
« Vous ne pouvez aimer les autres peuples si vous n’aimez pas l’UKRAINE » (1)

    Le meurtre de masse de populations  et de nations qui marqué la progression  de l’Union Soviétique en Europe n’est  pas une nouvelle spécificité de sa politique d’expansionnisme, il ne s’agit pas d’une innovation  destinée simplement à créer l’unité à partir de  la diversité des Polonais, Hongrois, Baltes, Roumains, présentement en train de disparaître dans les franges  de son Empire. C’est au contraire une caractéristique structurelle même de la politique intérieure du Kremlin, dont les gouvernants actuels se sont certainement inspirés des nombreux exemples donnés par  les opérations de la Russie tsariste. Il s’agit en fait d’une étape indispensable dans le « process » de l’Union que les leaders  Soviétiques espèrent ardemment voir produire  « l’Homme Soviétique », la « Nation Soviétique » et afin d’atteindre ce but, cette nation unique, les dirigeants du Kremlin vont détruire sans remords les nations et les cultures  qui existent depuis des temps immémoriaux en Europe de l’Est.

Ce (2) dont je veux vous parler est peut être l’exemple type du Génocide Soviétique, son expérience la plus ancienne et la plus achevée en terme de Russification – la destruction de la nation Ukrainienne. Il s’agit tout simplement – comme je l’ai dit - de la suite logique des crimes tsaristes tels que  la noyade ordonnée  par Catherine la Grande, de 10.000 Tatars de
Crimée, les crimes de masse perpétrés par les « troupes S.S » d’Ivan le Terrible – l’Oprichtchina - l’extermination des leaders nationaux polonais, et des catholiques ukrainiens par Nicolas 1er et les séries de pogroms anti-juifs, qui ont entaché périodiquement l’Histoire Russe. Cela s’est déjà traduit au sein de l’Union Soviétique par l’annihilation de la nation ingérienne, des cosaques du Don et du Kouban, , des Tatars de la République de  Crimée des nations Baltes : Lituanie, Lettonie, Estonie, . Tous ces cas sont des exemples de la politique  à long terme de liquidation des peuples non Russes, par la suppression d’éléments spécifiques.

    L’Ukraine constitue  une parcelle méridionale de l’URSSS comparable par sa superficie à la France et à l’Italie , et comprenant plus de 30 millions d’habitants (3).  Véritable grenier à blé de la Russie, sa géographie a fait de l’UKRAINE un  point d’accès stratégique vers le pétrole du Caucase, de l’Iran et vers l’ensemble du Moyen-Orient. Au Nord, elle borde la Russie à proprement parler.
Aussi longtemps que l’Ukraine conservera son unité Nationale, aussi longtemps que son peuple continuera à se considérer comme ukrainien et à revendiquer son indépendance, l’Ukraine représentera une sérieuse menace pour le cœur même du soviétisme. Il n’y a rien de surprenant à ce que  les leaders communistes  aient attaché depuis longtemps la plus grande importance à  la russification de ce membre indépendantiste de leur « Union des Républiques » et aient décidé de le rendre conforme  à leur modèle d’une nation russe unique. Tout simplement parce que l’Ukrainien n’est pas et n’a jamais été un Russe ; sa culture, son tempérament, sa langue, sa religion ….tout est différent. Au voisinage immédiat de MOSCOU, il a toujours refusé d’être collectivisé, acceptant la déportation et même la mort. Il est donc particulièrement important  que l’ Ukrainien soit réajusté  au moule de l’Homme Soviétique idéal.

    L’Ukraine est gravement  menacée par le meurtre racial de catégories spécifiques,  de sorte que  les tactiques  communistes sur place  n’ont pas vraiment pris  la même forme que les attaques allemandes contre les Juifs. Cette nation est trop peuplée pour être complètement et efficacement exterminée. Quoi qu’il en soit, ses leaders religieux, intellectuels, politiques et ses élites sont assez peu nombreux et ils sont éliminés facilement. Et c’est sur ces groupes  que la toute puissance de la machine soviétique s’est abattue avec ses  armes  habituelles que sont le meurtre de masse, la déportation et  les travaux forcés, l’exil et la famine.

    Les attaques se sont toujours manifestées de la même façon avec un mode opératoire  sans cesse réitéré afin d’écraser  toute nouvelle manifestation de l’esprit national.  Le premier coup a été porté contre l’Intelligentsia, la conscience nationale,  afin de paralyser le reste de la Société. En 1920, 1926, et à nouveau entre  1930 et 1933, les enseignants, écrivains, artistes, penseurs, leaders politiques ont été liquidés, emprisonnés ou déportés. Selon le trimestriel Ukrainian Quaterly  paru en Automne 1948, 51713 intellectuels ont été envoyés en Sibérie pour la seule année 1931. Au moins 114 éminents poètes, écrivains et artistes, les éléments culturels les plus brillants de la nation, ont connu le même sort. Les estimations les plus  prudentes indiquent qu’au moins 75% des intellectuels ukrainiens et des entrepreneurs d’Ukraine occidentale, d’Ukraine carpatique et de la Bucovine ont été brutalement exterminés par les Russes ( ibid – Ukrainian Quaterly - été 1949 )

    En parallèle  avec  ces attaques contre l’intelligentsia ont été  déclenchées des offensives contre les églises, les prêtres, leurs hiérarchies, l’Ame de l’Ukraine. Entre 1926 et 1932, l’Eglise ukrainienne autocéphale, son Métropolite (Lipkisky) et 10.000 membres du clergé  ont été liquidés. En 1945 quand  les soviétiques se sont établis en Ukraine occidentale
un sort similaire a été réservé  à l’Eglise Catholique Ukrainienne. Que la russification ait été le motif unique  de ces actions est clairement démontré par le fait que, avant sa liquidation,  on ait proposé  à l’Eglise de rejoindre le Patriarcat de Moscou, l’instrument politique du Kremlin.
    Deux semaines seulement avant la Conférence de San Francisco, 11 Avril 1945, un
détachement du NKVD  a encerclé  la Cathédrale St Georges à Lviv, arrêté le Métropolite SLIPYJ, 2 évêques, 2 prélats et de nombreux prêtres (4). Tous les étudiants du séminaire théologique ont été expulsés de leur école, tandis qu’on expliquait aux professeurs que l’Eglise gréco-catholique avait cessé d’exister, que leur Métropolite avait été arrêté, et qu’il serait remplacé par un évêque désigné par les Soviétiques. Ces faits se sont répétés à travers toute l’Ukraine occidentale, et en Pologne, au-delà de la ligne Curzon (5). Au moins 7 évêques ont été arrêtés, et l’on n’a plus jamais entendu parler d’eux ; il n’y a plus aucun évêque de l’Eglise catholique ukrainienne libre dans cette zone. 500 prêtres qui s’étaient  rassemblés pour protester contre les actions des Soviétiques ont été arrêtés ou abattus. Dans toute la région les prêtres et les fidèles ont été tués  par centaines, alors que des milliers d’entre eux ont été envoyés dans des camps de travaux forcés. Des villages entiers ont été dépeuplés. Pendant la déportation les familles ont été délibérément séparés, les pères en Sibérie, les mères dans les briqueteries au Turkestan  et les enfants dans des  internats pour y être « éduqués ». Pour le seul  crime d’être ukrainienne, l’Eglise elle-même a été déclarée  nuisible à la prospérité de l’Etat Soviétique et ses membres ont été fichés par la police politique  en tant qu’ennemis du peuple potentiels.

    En conséquence, à l’exception de 150.000 fidèles en Slovaquie, l’Eglise catholique d’Ukraine  a officiellement été liquidée, sa hiérarchie emprisonnée, son clergé dispersé et enfermé.
    Ces attaques contre la Spiritualité, ont eu et continuent d’avoir des effets désastreux sur les élites de l’Ukraine, dans la mesure où ce sont les familles du clergé qui ont traditionnellement fourni une partie importante des élites, tandis que les prêtres eux-mêmes ont toujours été des leaders dans leurs villages  et leurs épouses responsables d’organisations charitables (selon la tradition byzantine, les prêtres ont le droit de se marier et de fonder une famille- ndt). Les ordres religieux, de leur côté, géraient les écoles  et s’occupaient des œuvres de bienfaisance.
    La troisième attaque du plan soviétique était dirigée contre les fermiers, la très grande masse de paysans indépendants qui sont les dépositaires des traditions, du « folklore » et de la musique, de la langue nationale, de la littérature de l’Ukraine..L’arme utilisée contre cette partie de la population  est sans doute la plus terrible de toutes – la famine. Entre 1932/1933
5 millions d’ukrainiens sont morts de faim. Un acte inhumain que le 73° Congrès a dénoncé le 28 Mai 1934 (6). On a bien essayé de dissimuler ce sommet  de la cruauté soviétique, de le réduire à un problème économique lié à la collectivisation des terres à blé et à  l’élimination des koulaks (fermiers indépendants), qui apparaissait de ce fait indispensable. Il n’en reste pas moins que les grands propriétaires terriens,  étaient très peu nombreux en Ukraine, et très dispersés. L’auteur soviétique KOSSIOR (7)  a déclaré dans les Izvestias du 2 Décembre 1933  que « Le nationalisme ukrainien est notre danger principal », et c’est pour cette raison, pour détruire ce nationalisme, pour  mettre en place l’horrible uniformité de l’Etat Soviétique, que la paysannerie ukrainienne a été sacrifiée. La méthode employée dans cette partie du plan  n’a pas du tout été restreinte à un groupe particulier. Tous ont souffert : les hommes, les femmes, et les enfants. La récolte, cette année, était  largement suffisante pour nourrir  toute la population et le bétail d’Ukraine, même si elle était inférieure à celle de l’année précédente une baisse due, probablement, au combat contre la collectivisation. Mais une famine était nécessaire aux soviétiques et ainsi en ont-ils décrété une, dans le cadre du Plan,  au travers de réquisitions inhabituellement élevées au bénéfice de l’Etat.  Et par-dessus tout, des milliers d’hectares de blé n’ont pas été moissonnés et ont fini par pourrir dans les champs. Le reste a été envoyé dans les silos gouvernementaux pour y être stocké jusqu’à ce que les autorités aient décidé de quelle façon l’utiliser. La part la plus importante de cette récolte, si vitale pour la survie du peuple ukrainien, a fini sous forme d’exportations destinées à rapporter des devises depuis l’étranger.
         Confrontés à cette famine, des milliers des fermiers ont quitté  les zones rurales et se sont alors dirigés vers les villes pour y mendier de la nourriture. Rattrapés sur place puis renvoyés vers les campagnes, ils y ont laissés leurs enfants dans l’espoir que ceux-ci pourraient survivre. Par exemple, dans la seule ville de Kharkiv ( alors capitale de l’Ukraine soviétique – ndt ) près de 18 000 enfants ont été abandonnés. Des villages comptant à l’origine des milliers d’habitants se sont retrouvés avec quelques centaines de survivants. Dans d’autres, la moitié de la population a disparu, et dans ces bourgs entre 20 et 30 personnes pourraient chaque jour. Le cannibalisme s’est développé.
       Comme l’écrivait en 1933 C. Henry Chamberlain(8), correspondant à Moscou du Christian Science Monitor :  

   « Les communistes ont  suscité l’apathie et le découragement, le sabotage et la contre-révolution et,  avec à la manière  impitoyable coutumière des  idéalistes imbus d’eux-mêmes ils ont décidé de laisser la famine se répandre avec l’idée que cela pourrait donner une bonne leçon aux paysans. De l’aide a été distribuée au compte-gouttes aux fermes collectives mais d’une façon tellement inappropriée et si tardivement que beaucoup de vies avaient déjà été perdues. Les paysans individuels, quant à eux, ont été laissés à l’abandon  et  la mortalité particulièrement élevée dans leurs rangs s’est avérée être un argument de poids pour les forcer à rejoindre les fermes collectives. »

      La quatrième étape dans ce processus a consisté en une fragmentation brutale du peuple ukrainien par l’adjonction sur le territoire ukrainien de populations allogènes et la dispersion des Ukrainiens à travers toute l’Europe orientale, afin de détruire l’unité ethnique et de mélanger les nationalités. Entre 1920 et 1939, la part de la population d’origine ukrainienne dans la totalité de la population d’Ukraine est passée de 80% à seulement 63,2 % (9). A cause de la famine, la population  ukrainienne absolue est passée de 23.2 millions à 19.6 millions, cependant que la population d’origine non-ukrainienne s’est accrue de 5.6 millions d’individus. Si l’on se souvient qu’il n’y a  pas si longtemps l’Ukraine avait le taux de croissance démographique le plus élevé de toute l’Europe, alors on peut se dire qu’effectivement la but des  Russes a été atteint.

        Nous venons de voir  les principales étapes de la destruction systématique de la nation ukrainienne. On remarque qu’il n’y a pas eu de tentative de complète annihilation, comme cela a été le cas avec les attaques allemandes contre les Juifs. Pour autant, si le programme soviétique est mené à son terme, si l’intelligentsia , les prêtres et les paysans sont tous éliminés, alors l’Ukraine sera aussi morte que si tous les Ukrainiens avaient été éliminés, dans la mesure où elle aura perdue l’essence même de ce qui a permis de maintenir et de développer dans le temps sa culture, ses convictions, ses valeurs communes, et ce qui l’a guidée et lui a donné une âme, ce qui  a, en résumé, fait d’elle une Nation et non pas simplement une masse de population.   
         Quoi qu’il en soit, les meurtres de masses, aveugles, n’ont pas manqué. Mais ils ne faisaient pas partie intégrale des plans, ils en étaient  simplement des variations fortuites. Des milliers de personnes ont été exécutées. Des dizaines, voire des milliers d’autres sont parties vers une mort certaine dans les camps de travaux forcés de Sibérie.
         La ville de Vinnitsya pourrait être considérée à juste titre comme le Dachau ukrainien. Là-bas, dans près de 91 fosses  reposent les corps de  9 432 victimes de la tyrannie soviétique, abattues par le NKVD entre 1937 et 1938. Depuis cette date, les corps avaient été placés par une cruelle ironie sous un plancher de danse, au milieu des pierres tombales de vrais cimetières, dans les bois, jusqu’à leur découverte par les allemands en 1943. La plupart des victimes avaient été déclarées comme exilées en Sibérie par les autorités soviétiques.
         L’Ukraine a elle aussi son Lidice, dans la ville de Zavadka, détruite par les laquais polonais du Kremlin en 1946 (10). A trois reprises, les troupes de la seconde Division polonaise ont attaqué la ville, tuant les hommes, les femmes et les enfants,  brûlant les demeures et volant le bétail. Au cours du second raid, le commandant Rouge   déclara à ce qu’il restait de la population : «  Un sort identique attend tous ceux qui refuseront de retourner en Ukraine. J’ordonne donc  que le village soit évacué dans les trois jours. Sinon, j’exécuterai chacun d’entre vous. »( source : La mort et la dévastation sur la ligne Curzon, de Walter Dusnyk ).
        Quand la ville a finalement été évacuée par la force, il ne restait que 4 hommes parmi les 78 survivants. Au cours du mois de mars de la même année, deux autres villes ukrainiennes ont été attaquées par la même unité Rouge et ont subi à peu près le même sort.
   Ce que nous venons de voir ici ne concerne pas la seule Ukraine. Les méthodes employées par les Soviétiques là-bas  ont été et sont encore  fréquemment réutilisées. Il s’agit même d’une caractéristique de leur plan d’expansion dans la mesure où cela leur permet de construire très rapidement une unité à partir de la diversité des nations qui constituent l’Empire soviétique. Le fait  que cela  engendre des souffrances indescriptibles pour des millions de personnes  ne les conduit absolument pas à infléchir leurs méthodes. Ne fut-ce qu’au nom des souffrances humaines, nous devrions absolument condamner cette uniformisation  comme criminelle. Mais il s’agit bien plus que de cela, que d’un simple crime de masse. Il s’agit d’un acte de génocide, de destruction, pas seulement des individus mais d’une culture, d’une nation. Même s’il était possible de réaliser ceci sans aucune souffrance, nous devrions tout de même le condamner parce que la communauté des valeurs, l’unité des idées, des langues et des coutumes qui constituent ce que nous appelons une nation  représentent le plus important de nos moyens de civilisation et de progrès.  Il arrive que des nations se mélangent et forment ensemble de nouvelles nations – nous en avons un bon exemple en ce moment dans notre pays – mais alors ce mélange consiste à une mise en commun au bénéfice de tous des avantages  de chacune des cultures.  Et c’est de cette façon que le monde progresse. Alors, en-dehors de la question cruciale des souffrances humaines et des droits de l’Homme, ce que nous désapprouvons totalement avec les méthodes soviétiques c’est le gaspillage criminel des cultures et des civilisations. Parce que l’unité nationale soviétique se créé non pas par une union des civilisations  et des cultures mais par la destruction de toutes les cultures et de toutes les idées à l’exception d’une seule, la  culture soviétique.     


*  Ce texte est une reproduction de l’original typographié retrouvé dans les documents  de Raphaël LEMKIN – Département des manuscrits et archives, Bibliothèque publique de New York , Fondations Astor, Lenox et Tilden, boîte 2, dossier 16. A l’exception d’erreurs typographiques manifestes qui ont été identifiées et corrigées, la terminologie et l’orthographe des noms géographiques utilisées par l’auteur ont été conservées.

 1. Vers de Wolodymyr Sossyura, rajoutés au crayon. Sossyura écrivit ce poème patriotique en 1944, pendant la guerre germano-soviétique. Choyé par les autorités dans un premier temps, il fut condamné pour nationalisme en 1948. Voici les deux lignes en version ukrainienne originale :
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2. « Commencer ici »  rajouté au crayon devant le mot « Ce »
3. Au moment où Lemkin écrivit ce texte (années 50), la population ukrainienne avoisinait les 40 millions de personnes.
4. La Charte créant les Nations Unies fut signée lors de la conférence tenue les 25 et 26 Avril 1945 par les délégués de 50 pays, y compris l’URSS et la RSS d’Ukraine.
5. La Ligne Curzon fut proposée  par les Britanniques pour délimiter la frontière entre la Pologne et l’URSS au sortir de la première Guerre mondiale. Par la suite, elle servit de base à la définition de la frontière entre ces deux états à la fin de la seconde Guerre mondiale. La frontière ainsi définie laissait une importante minorité ukrainienne du côté polonais.
6. LE 28 Mai 1934, le député de New York Hamilton Fish proposa une résolution ( résolution 399 du 73em. Congrès ). LE document stipulait que «  plusieurs millions d’habitants de la République socialiste soviétique d’Ukraine … sont morts de faim entre 1932 et 1933. » La résolution condamnait l’URSS pour « usage de la famine comme arme destinée à diminuer la population ukrainienne et à détruire ses droits politiques, culturels et nationaux » et exigeait :
   Que la Chambre des Représentants exprime son soutien à tous ceux qui ont été victimes  de la grande Famine en Ukraine qui a provoqué  la souffrance, la désolation et la mort  pour des millions de paisibles paysans ukrainiens, …
   Que le gouvernement soviétique prenne des mesures énergiques pour réduire les conséquences terribles de cette famine, …
   Que le gouvernement soviétique ne s’oppose pas aux citoyens américains désireux d’envoyer de l’aide sous forme d’argent, de nourriture et de matériel aux régions d’Ukraine touchées par la famine.
La résolution fut transmise à la Commission des affaires étrangères mais ne fut jamais adoptée par la Chambre des Représentants (cette résolution est reproduite dans The Ukrainian Quaterly n°4 – 1978 – pp. 416-17).
7. Dans la version originale, le nom est écrit « Kossies », une erreur orthographique évidente. Stanislas Kossior n’était pas un auteur mais le Secrétaire général du Comité central du Parti communiste (bolchévique) d’Ukraine, c’est-à-dire le dirigeant politique de la république. Le numéro du 2 Décembre des Izvestiia contient un discours de trois pages de Kossior intitulé «  Les résultats et les tâches immédiates dans la mise en place de la politique nationale en Ukraine. » En voici  très précisément l’un des passages, tiré d’une résolution adoptée lors d’un plénum commun entre le Comité central et le Comité de contrôle central  du Parti (bolchévique) d’Ukraine : «  A l’heure actuelle, le danger principal en Ukraine vient du nationalisme ukrainien, lié à des int&eacu

Peut-on parler de génocides socialistes ?

Léon Chaix a posé cette question  sur le forum du Monde.fr dès la parution du Livre Noir du Communisme. On alléguait à l’époque une querelle entre Courtois et Woerth, l’un considérant que la qualification de génocide était légitime et l’autre non.  Nous donnons ici ce texte important.

« On sait aujourd’hui l’ampleur des massacres commis par les différents mouvements révolutionnaires se réclamant  du socialisme, notamment ceux conduits par des partis communistes. Il s’agit de dizaines de millions de morts.  Les assassinats ont eu lieu lors de la révolution proprement dite puis lors de l’installation du nouveau régime et enfin pendant la vie même du nouveau régime. Peut-on parler de génocide ?

« Il y a génocide lorsqu’une autorité de droit ou de  fait décide d’éliminer une fraction de la population considérée comme nocive non pas pour ce qu’aurait fait tel ou tel de ses membres  mais par suite d’une condamnation collective idéologique, politique  ou passionnelle.  Les victimes sont toujours des innocents puisqu’il n’y a en droit que des culpabilités individuelles et factuelles.  Les femmes et les enfants ne sont pas épargnés : il suffit qu’ils appartiennent au groupe honni et voué à la destruction pour que leur mort soit programmée.  Dans tout génocide la victime est surtout coupable d’être là où on ne veut pas d’elle, coupable d’être née. 

« Le génocide se caractérise par l’absence de tout frein : puisqu’il n’y a pas recherche d’un acte fautif, il n’y a pas de limites à l’inculpation. Il suffit que la qualification choisie soit projetée sur un groupe pour que les suspects soient en grand danger d’élimination.  Il n’y a pas non plus de défense possible : que répondre à quelqu’un qui vous condamne pour ce qu’il  croit devoir penser de ce que vous êtes indépendamment de tout ce que vous auriez pu faire ?

« Il va de soi que l’élimination du groupe condamné se fait pour d’excellentes raisons et un superbe idéal ; comment sinon convaincre des milliers de bourreaux  de mettre la main à la pâte ?  Le crime de masse s’accompagne toujours de textes qui expliquent que la morale usuelle ne s’applique pas et qu’une nécessité supérieure doit annihiler en soi  tout reste d’humanité.  Tout génocide est le fruit d’une rencontre entre un discours  et un pouvoir,  d’une rhétorique et d’un appareil meurtrier.  C’est pour cela qu’il est juste de s’attaquer à la rhétorique génocidaire même une fois que l’appareil qui l’a mis en œuvre  a été détruit.  Cette rhétorique vise à mettre au pilori  la population honnie et de la priver de toute respectabilité, tout en la chargeant de toutes les perversions imaginables.  Elle devient alors un objet de sarcasmes, de mépris, d’injures, de menaces, et enfin d’exactions.  L’élimination de la « pourriture » devient une tâche de salut public.

« Le marxisme, aussi bien dans son texte que dans sa vulgate politique,  apporte deux éléments pro- génocidaire :

-          L’explication  de l’histoire par le jeu des classes et la dénonciation de la classe bourgeoise prétendument au pouvoir pour le malheur du peuple ;

-          L’identification de la morale et des valeurs usuelles à une « superstructure » destinée à assurer le pouvoir de la bourgeoisie.

« Le triomphe du prolétariat, seule classe digne, passe non seulement  par l’élimination de la classe bourgeoise dominante mais aussi par la destruction de la société bourgeoise.

« Les droits de l’homme dans cette optique ne sont qu’un « camouflage essentialiste » visant à empêcher la divine révolution.  Toutes les lois morales qui s’élèvent contre la révolution sont « bourgeoises » et on ne doit pas en tenir compte. Le « devoir révolutionnaire » et dur mais il doit s’exercer, fut-ce au prix de millions de morts.  Sartre en précisant que la Praxis du peuple est seule génératrice de morale véritable et qu’après tout si le peuple veut tuer il en a bien le droit ne fait que compléter le message de Marx dans le sens de l’affranchissement  de toute limite morale dans la lutte contre l’ennemi.

« On ne compte plus les déclarations  des marxistes léninistes ou autres déclarant comme Boukharine qu’il ne fallait pas craindre l’élimination physique  du quart de la population,  ou comme Sartre que « la révolution russe n’a pas assez tué ».

« Nous sommes en présence d’une idéologie qui considère qu’une classe doit être éliminée et que le travail de liquidation  ne doit pas effrayer.  Ses leaders développent bien une justification du passage à l’acte et entendent par tous moyens qbaisser les défenses humanitaires (déclarées bourgeoises) qui interdisent le meurtre politique. 

« La réalité des massacres est venue confirmer ce que l’idéologie exigeait dans tous les pays où les mouvements se réclamant du marxisme léninisme ont sévi.  On a liquidé des strates entières de population considérées comme dangereuses ou contaminées. Cette action a été menée par des pouvoirs constitués contre des civils désarmés.  Pratiquement aucun pays où la doctrine avait pu trouver des adeptes organisés  n’a échappé à ces crimes.

"Comment pourait-on ne pas parler de génocides socialistes ? "

Réponse à l'article choquant de Nicolas Weill dans le monde du 16 août 2008

A Nicolas Weill – weill@lemonde.fr – Article disponible à l'adresse : http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/08/15/soljenitsyne-un-heros-inquietant-par-nicolas-weill_1084097_0.html

Lundi 18 août 2008 Lettre ouverte.

Monsieur,

Votre article dans le monde du 16 Août 2008, intitulé « Soljenitsyne un « héros inquiétant » », ne peut que susciter des réactions attristées voire indignées. La Shoah, 3 millions de victimes comptées, 5 millions quasi certaines, 6 millions plus que probables, a fixé des règles en matière de génocide, grâce à l'action persévérante de quelques uns et la prise de conscience générale :

- Devoir de mémoire pour les victimes.

- Devoir de vérité pour les faits qui ne doivent pas être occultés, niés ou minimisés.

- Devoir imprescriptible de sanction contre les auteurs.

- Devoir de dénonciation des idéologies et des attitudes qui ont créé les conditions du génocide, sans tolérer les exonérations faciles.

- Devoir de vigilance contre ceux qui tentent de justifier l'intolérable et qui veulent éventuellement remettre au goût du jour des pensées mortifères.

- Devoir de repentance pour les institutions ayant favorisé d'une façon quelconque et aussi peu que ce soit l'occurrence des massacres.

 

Bien sûr, il faut se garder d'aller trop loin et des dérives sont possibles :

- Dérive mercantile, l'exploitation financière du drame et de l'émotion l'emportant sur les devoirs de la mémoire.

- Dérive communautariste, les morts passés servant à donner des avantages aux vivants d'aujourd'hui contre des adversaires de toujours.

- Dérive politique, les souffrances subies servant à justifier des violences infligées ici et maintenant à d'autres.

- Dérive idéologique, limitant la liberté de pensée et générant une censure sur le travail des historiens.

- Dérive religieuse, la condamnation tournant à la malédiction et la culpabilisation de collectivités entières.

Mais tout le monde admettra qu'il y a une « jurisprudence » indispensable et légitime du traitement des génocides sur l'exemple de la Shoah. C'est très bien ainsi. Elle doit s'appliquer naturellement à tous les génocides et le TPI nous rappelle que c'est le cas pour ceux perpétrés à Srebrenica ou au Rwanda. Le Grand Génocide Socialiste, 100 millions de victimes comptées, 130 millions quasi certaines et 150 millions plus que probables, doit évidemment faire l'objet du même traitement.

C'est le plus grand massacre d'innocents de toute l'histoire de l'humanité (qui en a connu pourtant de sévères) et malheureusement on compte des victimes encore aujourd'hui (15.000 au Népal tuées par l'ignoble maoïste Prachanda qui a même réussi à s'imposer au pouvoir, des dizaines de milliers de victimes des Farc en Colombie, les exactions du marxiste Mugabe, la répression au Tibet, à Cuba ou en Corée du bord etc.).

Ce génocide gigantesque fait l'objet notamment en France d'une tentative odieuse de maquillage sous l'influence d'un terrorisme intellectuel organisé par le mouvement socialiste toutes composantes réunies. Comme l'a si bien décrit Léon Chaix pendant des années sur le site du Monde .fr, la manipulation s'organise autour de quatre comportements condamnables :

- L'occultation

- La négation

- La minimisation

- L'exonération.

La force du témoignage de Soljenitsyne, c'est qu'il a empêché l'occultation du Goulag et réduit à rien les tentatives de négation, de minimisation et d'exonération. Grâce à lui on sait et de façon indéniable que la révolution bolchévique, avec Lénine et Trotski, et l'Union Soviétique avec Staline , ont massacré systématiquement des millions d' innocents avec parfois les mêmes méthodes que les Nationaux Socialistes allemands (comme le gazage des «koulaks » Ukrainiens, ou la mort en masse dans des camps de concentration) et souvent avec des trouvailles d'une rare cruauté comme les famines organisées liquidant des pans entiers de population comme en Ukraine ou en Chine.

Les mots Goulag et Zek totalement occultés en Occident grâce à la vigilance des socialistes et des communistes de toutes obédiences (notamment trotskistes) apparaissent soudain dans les consciences mondiales grâce à Soljenitsyne, toutes les tentatives précédentes de vérité ayant été étouffées avec succès. C'est un véritable exploit que d'avoir ainsi imposé contre une formidable coalition d'intérêts idéologiques et politiques la connaissance véritable du plus terrible génocide qui ait affecté la planète, au moins en terme quantitatif. Il y fallait une personnalité hors normes.

En réduisant Soljenitsyne à un homme dont « les épreuves traversées forcent l'admiration », vous abaissez votre hommage douteux à sa seule personne. Son épreuve n'est rien par rapport au génocide qu'il dénonce. En en faisant par petites touches un « héros inquiétant » vous aggravez encore l'ignominie précédente.

Qu'espérez-vous donc ? Qu'en rendant suspect un individu vous pourrez occulter son témoignage ? Il semble bien que cela soit votre but. Vous enchaînez aussitôt sur une deuxième diatribe aussi infâme que la précédente. Selon vous les génocides commis au nom de l'instauration violente du socialisme ne méritent aucun devoir de mémoire.

Hommage du vice à la vertu vous ne le dites pas comme cela, ce serait trop clairement honteux. Vous mettez entre guillemets « l'obligation morale » d'un Nuremberg du communisme. Comme vous avez mis entre guillemets votre « héros inquiétant ». Vous évoquez ensuite une « pénible compétition mémorielle et victimaire avec la Shoah ». Pourquoi pas la « pornographie mémorielle » pendant que vous y êtes ? En quoi un génocide peut-il porter ombrage à un autre génocide ? Comment peut-il y avoir compétition entre génocides ? Cette notion est vide de sens. Il ne peut y avoir de bons et de mauvais génocides. Tous les génocides doivent bénéficier de la jurisprudence si bien établie pour la Shoah.

Il est intéressant de noter que vous ne prétendez pas qu'il y a « compétition victimaire » entre la Shoah et les génocides traités actuellement devant le TPI : Srebrenica et Rwanda. Il est vrai que ce sont des « petits » génocides et qu'ils ne portent ombrage à aucun clan et aucune idéologie en France.

Dernière accusation portée contre Soljenitsyne, toujours avec l'air de ne pas y toucher, celle d'antisémitisme.

Soljenitsyne a demandé des comptes à l'idéologie marxiste. De même que l'on cherche les racines idéologiques ou autres de la Shoah il est parfaitement légitime de chercher les sources du Grand Génocide Socialiste ; Marx en est indiscutablement une et la plus importante. En théorisant la nécessité de détruire « la classe dominante » pour permettre l'émergence de la société sans classe, en énonçant que la morale était une « superstructure » générée par la bourgeoisie pour pérenniser son pouvoir, il est en première ligne dans la fourniture des moyens idéologiques du Grand Génocide Socialiste.

On connait l'intensité des efforts faits par certains (comme par exemple J. Attali) pour tenter de disculper Marx. On l'aurait mal lu et mal compris ! C'est tragique et ridicule ! Tous ceux qui connaissent un tout petit peu la mécanique totalitaire mise en place dans les pays communistes savent que Marx a été constamment mis en avant pour donner au socialisme son caractère « scientifique » et justifier qu'on ne s'attarde pas trop sur des scrupules « bourgeois » lors de la destruction des classes dangereuses, à savoir « la bourgeoisie et ses séides ». Il suffit de lire le crédo public des Farc pour remarquer qu'ils se mettent sous la bannière du « marxisme » comme Mugabe et Prachandra. S'en prendre à l'idéologie mortifère marxiste ne peut être considéré comme de l'antisémitisme.

Soljenitsyne a exigé une forme de repentance de la part de la partie de la communauté juive qui a alimenté le communisme et qui en a dirigé une partie des crimes. L'implication directe dans le Grand Génocide Socialiste de personnalités reconnues comme juifs par eux même ou leur communauté, est bien établie. A commencer par Trotski, le premier organisateur et fournisseur du Goulag. Il suffit d'aller dans les anciens pays envahis par l'URSS pour se rendre compte encore aujourd'hui de la rancœur existant contre ceux des juifs qui ont accompagné l'occupation de leur pays par l'URSS et parfois ont  été les rouages des massacres et des épurations ethniques.

Bien sûr l'antisémitisme historique, permanent, toujours aussi fort dans ces pays, est largement la cause de cette rancœur inextinguible. Mais pas seulement. Un exemple ? En Bucovine du Nord récupérée par l'URSS après que Hitler et Staline se soient partagés l'Europe de l'Est, la communauté juive de Cernauti, majoritaire dans la ville, se divise en 1939 entre ceux qui veulent la démocratie, condamnent les exactions, refusent la soviétisation et finalement fuient le pays, et ceux qui non seulement la justifient mais y participent et condamnent leurs coreligionnaires réticents. Les Roumains expulsés ou massacrés dans l'année suivante ne pardonneront pas. Et on trouve là une des explications de la revanche hideuse qu'ils prendront au côté des Allemands dans l'annihilation des juifs de Bucovine dans les effroyables camps de Transnistrie quand l'opération Barbarossa leur redonne le pouvoir en Bucovine du Nord.

Le fait que Staline liquidera en grande partie les juifs de l'appareil soviétique après la guerre ne peut dédouaner ces derniers d'avoir eu quelques responsabilités dans les crimes précédant leur élimination. La demande de Soljenitsyne est du même genre que celle des instances juives qui exigent du catholicisme un devoir de repentance pour l'antisémitisme larvé ou ouvert d'une partie de leur doctrine ou de leur hiérarchie.

Pour notre part nous pensons que l'intervention de la race ou de la religion ou de la nationalité dans les affaires de génocides n'a pas lieu d'être : ce sont des individus et des pouvoirs de droit ou de fait qui commettent les crimes. Et c'est sur la base des crimes individuels que le droit fonctionne. Les Allemands au sens collectif ne sont pas responsables de la Shoah, pas plus que les Juifs au sens collectif et communautaire que peut avoir ce terme ne sauraient être rendus responsables même en toute petite partie du Grand Génocide Socialiste.

 

D'autant plus que beaucoup de juifs se sont opposés et ont condamnés la terreur soviétique, même après en avoir été un moment les compagnons de route à l'instar d'Arthur Koestler. La « révolution culturelle » chinoise dont on sait qu'elle a massacré des dizaines de millions de pauvres gens a été purement intra-chinoise. Le génocide de Pol Pot et ses Khmers rouges ou les massacres du Staline Noir, Mengistu en Ethiopie ne doivent absolument rien à quelque membre que ce soit de la communauté juive. Les condamnations collectives de races, de religions, de peuples, de nations, n'ont strictement aucun sens et doivent être elles mêmes condamnées avec la plus grande fermeté.

En revanche tout groupe organisé dont une partie des membres s'est livrée à des crimes aussi effroyables qu'un génocide doit chercher la condamnation de ceux qui, en leur sein, les ont suscités, justifiés ou pratiqués. C'est vrai pour les Turcs vis-à-vis des actes effroyables commis contre les Arméniens, autant que pour les Français vis-à-vis des chefs de la Collaboration, ou pour la communauté juive vis-à-vis de ses membres qui ont été les adeptes zélés des violences  révolutionnaires marxistes.

On sait que cette repentance là est très difficile et peu populaire. Raison de plus pour l'exiger.

Dans cet esprit, votre article qui ne vise qu'à écarter le témoignage de Soljenitsyne et à éviter que la jurisprudence de la Shoah ne s'applique au Grand Génocide Socialiste, est une mauvaise action.

Votre conclusion qui renvoie le témoignage de Soljenitsyne « à la littérature ou à l'histoire » n'est pas qu'une erreur. C'est une faute. L'actualité du devoir de mémoire ne s'élimine pas d'un trait de plume. D'autant plus que la mémoire des 150.000.000 victimes innocentes du Grand Génocide Socialiste n'est toujours pas honorée, alors que ce serait le devoir absolu de la gauche.

Vouloir enterrer la mémoire de ces victimes avec Soljenitsyne, celui qui les avait sorties du silence et de l'ignorance organisés, est une infamie.

Surtout en France, pays des droits de l'homme. Qu'écririez-vous si on renvoyait Anne Frank à la petite littérature et la Shoah à un épisode marginal de l'histoire ? Non, le Goulag n'est pas non plus un « détail » de l'histoire à enfouir au plus vite loin de l'actualité ! Cette nouvelle tentative d'enterrement, qui vient après tant d'autres, justifie à elle seule que l'on crée au Trocadéro, parvis des droits de l'homme, un Mémorial à ces victimes innocentes mais, on le voit, tellement embarrassantes. Leur mémoire doit être absolument protégée et honorée. Ici et maintenant.

Didier Dufau

NB : vous pouvez accéder au texte de N. Weill en frappant la fonction "télécharger" ci dessous.

Le journal l’Humanité et la mort de Soljenitsyne

Le journal communiste ne peut plus taire, nier  ou minimiser comme il l’a fait pendant des décennies l’ampleur des génocides commis par les mouvements communistes. Il avait craché sur  Victor Kravchenko, le premier à dénoncer officiellement le Goulag, dans les années quarante, nié la responsabilité de L’Urss dans le massacre de Katyn dans les années cinquante,  refusé la déstalinisation jusqu’aux  années soixante, crié sa passion  résiduelle pour Staline par la voix de l’ignoble  Lili Marcou lors de la parution du Livre Noir, et au total  le PVF avait été au-delà de son rôle comme « voix de son maître » soviétique.  Il était instructif de voir comment il allait traiter de la mort de Soljenitsyne.

Bien sûr on verse les plus belles larmes  sur la mort du grand homme : le cœur communiste a toujours été si grand ! Mais on se lance dans deux manipulations :

1.      Assimiler le message de Soljenitsyne à une entreprise  que le Parti communiste a fini par cautionner : la déstalinisation. « Il critique Staline comme nous tous !  Alors son message n’a rien de bien particulier ». Oubliée la dénonciation du marxisme, de la révolution, de Lénine et de Trotski !

2.      Le décrire comme  un russophile exalté pourri par la religion orthodoxe et de plus antisémite.  « Il n’ouvre aucune voie utile pour l’avenir ». 

Il faut donc vite le ranger sur une étagère et surtout ne pas s’appesantir sur ce que Soljenitsyne dénonce : le droit à la mémoire des millions de victimes innocentes ; le caractère intrinsèquement génocidaire du socialisme violent. Soljenitsyne est un témoin pas un messie.

Critiquer le messie pour éluder le témoignage, voilà la stratégie !

Pour pouvoir à nouveau s’arroger  le droit suprême d’être le représentant du bien contre les méchants, le fer de lance des luttes contre l’oppression,  comme si rien ne s’était passé et sans la moindre repentance.  On croit pouvoir surnager en pataugeant dans l’immense flaque de sang avec des gros sabots et des petites combines.

Ce sang est la tunique de Nessus du communisme qui ne pourra JAMAIS s’en débarrasser.  Et Soljenitsyne est l’un de ceux qui ont ajusté étroitement  et définitivement cette tunique sur le dos de ces assassins génocidaires,  pathologiques et impénitents.

Bernard Pivot et les génocides communistes

Bernard Pivot est un excellent journaliste  et un garçon aussi sympathique que pourri de talents.   Ses émissions littéraires ont connu un succès plus que mérité.  C’est pour ces qualités même que la manière dont il a couvert les deux dévoilements majeurs des génocides socialistes est représentative d’un véritable scandale français : la désinformation systématique imposée par le terrorisme intellectuel socialiste en France pendant des lustres, terrorisme toujours vivant  et intégré dans les consciences  (ce dont  témoigne le syndrome de Léon Chaix).

Lorsque l’Archipel du Goulag  de Soljenitsyne frappe comme un Tsunami toutes les consciences du monde, révélant ce qui avait été systématiquement  caché des crimes massifs contre l’humanité commis par les révolutionnaires  rouges puis par l’état oppressif qu’ils avaient créé, il est impossible de ne pas en parler dans une émission littéraire. Il est donc normal que le gentil Pivot s’organise en ce sens.   Il reçoit donc  Soljenitsyne à « Ouvrer les guillemets » en 1973  et conformément aux règles de base du terrorisme intellectuel il lui « oppose » un communiste qui s’était révélé parfaitement abject comme il se doit. La technique : esquiver la question du Goulag pour affirmer les succès inouïs de l’URSS, exemple typique de la séquence « exonération » du syndrome de Léon Chaix. On ne peut plus rien taire, ni nier ni minimiser. Alors on excipe de n’importe quoi pour affirmer qu’après tout cela n’a aucune importance.  L’omelette est bonne dont il est inutile de s’occuper des œufs cassés. L’ennui c’est que les œufs sont des hommes, des innocents et qu’ils ont été tués par millions.

 Lorsqu’il réinvite Soljenitsyne pour l’émission  Il avouera lui-même qu’on lui a à nouveau suggéré fortement d’inviter au moins un communiste dans son émission pour « équilibrer » le témoignage épouvantable de Soljenitsyne. 

Cet aveu est terrifiant. Il confirme ce que la première émission avait déjà révélé. Imagine-t-on un instant qu’on impose un nazi pour « équilibrer » le témoignage d’une victime de la Shoah !  Il ne prendra pas de communiste cette fois là. . Il s’en vante dans le Figaro magazine du 9 Août 2008 en prenant la pose de l’objectivité : la traduction aurait mis Soljenitsyne en difficulté face à un avocat sans scrupule.  Bernard Pivot est un peu hypocrite sur le coup :  il sait qu’il a son alibi « de gauche » en la personne de Jean Daniel, esprit faux et fat du journalisme de tromperie et de propagande socialiste. 

Comme prévu  cet odieux personnage se lancera dans une attaque invraisemblable contre Soljenitsyne  sur des futilités. Pour avoir suivi cette émission, j’ai encore en mémoire la rage  devant cet attentat immonde qui n’avait qu’un seul but, dégonfler la mauvaise impression que pouvait provoquer sur le « peuple de gauche », en pleine union entre le PS et le PCF,  la révélation des crimes immenses commis au nom de l’instauration violente du socialisme.  La diversion fut efficace. On se souvint de la polémique mais pas du fond du sujet. Une méthode souvent retrouvée depuis sur les forums : on fait du tapage autour de la personne qui dénonce les crimes pour éviter de parler des crimes. Et on supprime le fil « pour calmer le jeu ». Ce petit stratagème marche encore très bien aujourd’hui par exemple sur le forum du Monde.

La presse française est ainsi faite que pratiquement TOUS les journaux évoquant  ces derniers jours la mort de Soljenitsyne parleront de cette émission, non pas pour dénoncer l’attitude de Jean Daniel,  mais simplement parce que la polémique avait fait date. Comme si la polémique était l’évènement et la boucherie révolutionnaire une toute petite question accessoire.

Jamais à la télévision ou dans la presse ne seront évoquées précisément  les thèses principales de Soljenitsyne :

-          La responsabilité directe et immense  de Marx et du marxisme.

-          Le rôle néfaste d’une partie de la communauté juive investie suite à Marx dans  le bolchevisme pur et dur, puis  dans le développement criminel de la révolution soviétique

-          La violence intrinsèque du mouvement socialiste dès lors qu’il faut détruire « l’ennemi de classe ».

-          Les crimes immenses commis contre l’humanité dès le début de la révolution bolchevique par Lénine et Trotski. C’est Lénine qui crée les premiers camps de travail où mourront des millions d’innocents.

-          Le lien structurel et non pas accidentel entre Goulag et communisme : les camps sont nécessaires à la dictature communiste et toutes les dictatures communistes en mettront en place.

-          La nécessité de remonter aux racines du crime et pas seulement aux quelques responsabilités individuelles consenties du bout des lèvres. Staline n’est qu’un épiphénomène du crime collectif rouge.

-          Le mensonge permanent et la désinformation systématique  ayant cours en occident, cause partielle mais durable de la perpétuation du crime pendant des décennies dans de multiples pays se réclamant du socialisme réalisé

Pour les représentants qualifiés du « peuple de gauche », être socialiste c’est appartenir au camp des bons ; les autres sont des vilains.  Les 150.000.000 de victimes innocentes n’ont pas à peser sur cette affirmation centrale.

Toutes les autres émissions de Pivot avec Soljenitsyne seront exclusivement littéraires.  Pas question d’encourir le risque de passer pour un « fasciste » et d’être exclu de facto de la scène  médiatique.

Lors de la parution du second livre majeur sur les génocides massifs commis au nom de l’instauration rapide du socialisme, le Livre Noir du Communisme,   Pivot évitera de risquer à nouveau les foudres de ceux qui considéraient qu’il eût du intégrer un communiste sur son plateau.  Les deux auteurs du livre seront littéralement livrés à un tribunal communiste conduit par le secrétaire du PC lui-même ! Et le thème de l’émission, selon l’astuce de propagande mise au point par la petite camarilla en charge du « bien penser de gauche » dans les media, ne sera pas les génocides socialistes d’une ampleur effroyable  révélés par le livre d’une façon irréfutable, mais un différent marginal entre Courtois et Woerth, les deux auteurs principaux du livre…

Ce différent sera d’ailleurs le thème de toute la couverture du livre dans la presse et pas seulement de gauche, la droite sous influence jouant le jeu à fond comme d’habitude, toujours par peur d’être traitée de pétainisme  larvé et de fascisme militant.  Nous avons dénoncé cette manœuvre grossière en temps réel sur le forum du Monde à l’époque au prix de réactions sauvages des internautes socialistes (et pas seulement communistes) qui considéraient cet espace comme le leur.  Nous fûmes … les seuls !

Encore une fois, imagine-t-on qu’on invite les suppôts d’Hitler et de Goebbels à chaque fois qu’un livre parait sur la Shoah  et accepterait-on qu’à chaque fois on laisse le digne représentant du nazisme se lancer dans des manœuvres bassement polémiques visant à déconsidérer les auteurs ? 

Le seul fait qu’on ait pu commettre  à répétition cette indignité en France sur un sujet aussi grave que les génocides commis au nom de l’instauration rapide et violente du socialisme  en dit beaucoup sur notre société.  Et le message est aussi ignoble que clair. La domination idéologique et politique des différents courants marxistes dans les media empêche que toute la vérité soit dite sur l’ampleur des crimes contre l’humanité commis au nom de « la cause » et leur origine idéologique marxiste. Les séides de cette idéologie criminelle ont encore le pouvoir de faire  taire un journalisme libre sur ces questions.  La peur a été intégrée dans les pratiques journalistiques. Pas question de prendre le risque d’être disqualifié par les monteurs de piloris rouges.

C’est toujours vrai aujourd’hui : il suffit de constater comment le terrorisme des Farc ou des  maoïstes du Népal ou de Mugabe a été couvert ses dix dernières années pour vérifier que le terrorisme intellectuel socialiste fonctionne encore très bien, à la grande honte  de tous ceux qui se placent dans une perspective de gauche et qui croient que la France est la terre des droits de l’homme.

Rappelons que les génocides socialistes issus des doctrines de Marx, Engels, Lénine, Trotski et les autres, repris et étendus par Staline, Mao, Ho chi Minh, Mengistu, Pol Pot, et toute la bande des criminels qui se sont appuyés sur  les doctrines socialistes pour décimer leur peuple,  forment le plus grand crime contre l’humanité de toute l’histoire des hommes.  Cent millions de victimes innocentes comptées sans le moindre doute,  cent trente millions pratiquement certaines, cent cinquante millions plus que probables quand toutes les sources auront été recoupées !  Et il faudrait s’excuser de critiquer cette infernale boucherie  et accepter que jamais l’image immaculée du socialisme n’en sorte quelque peu rougie, ne pas « jeter de cadavres sur le rêve des masses », « ne pas désespérer Billancourt » ?

Allons donc ! Tous les socialistes qui croient encore que la solidité du réseau tissé dans les media et dans l’Etat  permettra longtemps d’empêcher la mise en accusation du socialisme marxiste et du révolutionnarisme rouge au tribunal de l’histoire et de l’opinion se trompent lourdement.  Jamais la jeunesse et l’opinion une fois éclairées ne laisseront cette ignominie perdurer.  Et c’est avec mépris qu’on se rappellera cette période lamentable de l’histoire de la France, aussi lamentable que l’épisode de l’occupation nazie,  où les forces dominantes de la France ont été du côté du génocide et non pas des libertés et de la vérité, du côté des bourreaux et non pas des victimes innocentes.

Mugabe : un tiers mondain deux tiers assassin ruineux.

Lors que nous avons commencé notre campagne contre Mugabe sur le site du Monde.fr, vers 2000,  nous avons rencontré une énorme hostilité. C'était un de ces  héros de la décolonisation, une figure du tiers-mondisme, un homme qui se revendiquait du socialisme et du mouvement marxiste. Pas une page du Monde Diplomatique qui ne fut totalement élogieuse.

Nous commençâmes alors ce que nous faisions toujours : reprendre les informations de la presse internationale tue par la presse française.

Un jour nous évoquons la mort atroce devant sa femme et ses enfants d'un fermier blanc par la troupe du Zanu-PF conduite par un certain "hitler", tout un programme. Nous classions ce crime ignoble dans la catégorie des crimes contre l'humnité et demandions que Mugabe soit inculpé devant le TPI.

Une brave fille nous répondit : "Cet assassinat est normal ; le dominé a toujours le droit de tuer le dominant". C'est l'article de base de la légitimation de tout massacre socialiste.  Nous rappelâmes que le mort était Portugais, de fraîche date au Zimbabwe, qu'il avait acheté son terrain à Mugabe et qu'il n'avait contrevenu à aucune loi. Il était donc innocent sous tous critères.

La réponse fusa : "vous êtes un fasciste".  Il y aurait ainsi un droit naturel du socialisme au génocide et au crime contre l'humanité du fait de sa bonté naturelle, toute évocation de la vérité, du droit, des droits de l'homme allant contre cette évidence étant un "fasciste".

Nous avions conclu :

1. Il y a une responsabilité chez les socialistes français dans les meurtres commis par le simple fait qu'ils ne les dénoncent pas. Une campagne d'opinion permettrait d'obtenir des infléchissements. Les tueurs marxistes sont sensibles au quand d'ira-t-on ! On l'a bien vu avec les Farc et Betancourt.

2. Mugabe va ruiner son pays car quand on tue sans raison les entrepreneurs, la ruine suit.

On vient d'imprimer au Zimbabwe un billet de banque  de plusieurs dizaines de millions d'unités de la monnaie locale qui est morte au champ de déshonneur. Les habitants du pays  qui ont fuit pour survivre dans en Afrique du Sud  sont brutalisés par les noirs des townships   qui les tuent sans pitié dans des pogroms.

On a vraiment la totale.  Et Mugabe refuse de livrer le tueur génocidaire Mengistu, le poète qui massacrait à la mitrailleuse les enfants des rues et qui les laissait pourrir sur les trottoirs pour l'édification des masses. Alors qu'il vient d'être inculpé devant le TPI avec un noble retard.

Sûrs que les commentateurs du "peuple socialiste" vont bientôt nous expliquer que Mugabe, ce n'est plus bien, qu'il a "dérapé" de façon incompréhensible,  que le socialisme et le tiers mondisme restent les mamelles de la bonne pensée,  mais qu'il est "vieux", "gâteux", "ringard", "en peau de lapin" ou autres sornettes exonératrices.

Mugabe est un socialiste révolutionnaire, anticapitaliste, anticolonialiste, en lutte contre les vilains dominants alliés à Bush et  au reste de l'Empire britannique qui font du racisme anti noir et affament  par un blocus terrible la libre, socialiste et  dynamique nation zimbabwéenne. 

Il suffit de l'écouter pour le savoir.

Anticapitalisme plus démagogie populiste anticolonialiste, plus socialisme à l'africaine =  assassinat et ruine.  Un bel exemple à citer à Porto Allegre.  José Bové et le facteur Besancenot vont sans doute nous éduquer dans les détails sur les beautés du "modèle socialiste mugabéen".



Marie Delcas, le Monde et les Farc : l'ignominie

Marie Delcas est la journaliste du Monde chargée des Farc , comme Françoise Cjhipeaux est la journaliste chargée des maoîstes du Népal. Toutes les deuxc sont dans une situation difficile : il faut parler d’organismes politiques socialistes habitués des pires crimes contre l’humanité.

On sait que les maoïstes de Pachandra ont liquidé environ 16.000 innocents depuis 1997. Quant aux Farc,  le décompte des morts est tellement vertigineux et se continue depuis tellement de décennies qu’on ne sait trop où placer sa contribution  dans les 250.000 morts de la guerre civile lancée par les communistes depuis le début des années 60 dans la foulée de la révolution castriste.  Sur l’ échelle de Pinochet, 3200 morts compté officiellement,  Pachandra  est à force 5 et surtout Marulanda dépasse la force 50.  Bravo Messieurs.

Voilà Ingrid betancourt libérée et l’ampleur des crimles des Farc reconnue. Que va donc écrire la Marie  qui depuis des années est chargée l’occultation, de la négation et de la minimisation  de ces crimes au monde.  C’est qu’il s’agit de ne pas admettre la moindre tâche sur le lin blanc du socialisme même révolutionnaire.

Le titre est explicite : on constate une « dérive » des Farc. Depuis 50 ans les Farc sont les mêmes. Des tueurs impitoyables qui ravagent le pays et commettent les pires crimes contre l’humanité.   Mais comme on s’est tu sur ces crimes il faut bien expliquer qu’on en parle maintenant « parce qu’ils ont changé ». Ce qui n’est qu’un bobard  à rapprocher du qualificatif «  révolutionnaire en peau de lapin du gâteux Etienne Mougeotte.

On annonce, enfin, que les Farc détiennent des dizaines d’autres otages pour des motifs politiques « …et crapuleux ».  Tant que c’était politique, c’était bien. Mais voilà que c’est « crapuleux » : la dérive est bien là !  Faut-il vraiment en  rire ? Notons la minimisation au passage du nombre d’otages : dizaines au lieu de milliers. Point trop n’en faut.  Quand on citera le chiffre de 3000 ce sera aussitôt pour  dire « que certaines sources l’évoquent ».  Pas question de céder à la crédulité, hein !

Le nombre des guérilleros ? On ne serait être trop prudent. On cite un expert qui vous avertit : il faut prendre les rodomontades d’Uribe avec des pincettes. Evidemment, Uribe est un « fasciste » pour la gauche médiatique depuis son élection.  Le même expert explique, c’est une routine depuis qu’Uribe est président, que les succès  obtenus contre les Farc, grâce aux américains, sont à « relativiser » : « les guérilleros s’adaptent, c’est tout ».   Merveilleux expert que cet opportun  M. Echandia !

On dira bien que les Farc vivent du négoce de la cocaïne et des enlèvements.  Mais on citera aussitôt un autre « expert » qui affirmera que « les Farc ne sont pas pour autant une mafia ». Ouf ! Nous voilà soulagé.  C’était quand même des bons. Un peu en dérive, mais des bons quand même.  

Marulanda, le tueur génocidaire qui vient de mourir à la satisfaction général des Colombiens, ne s’est pas livré à la guerre révolutionnaire de son plein gré : « La guerre est venu me chercher » lui fait-elle dire. Pauvre chou, va !  Ce sont les « persécutions »  des conservateurs au pouvoir qui l’ont contraint à cet état de vagabondage révolutionnaire involontaire.  Tu parles : le gouvernement a simplement décidé de mettre fin à une tentative communiste de créer une zone communiste  à l’intérieur même de la Colombie.

S’il a continué la guerre civile après la tentative d’intégration du champ politique normal avec le mouvement UP, c’est que 3000 de ses membres ont été tués par « la droite haineuse ».  En vérité, UP était la vitrine « démocratique » d’une révolution qui continuait le combat révolutionnaire armé qui n’a JAMAIS cessé.  Marie Delcas reprend mot pour mot la propagande des Farc dont elle se fait purement et simplement l’agent.  Comme elle le fait depuis toujours au Monde, qui pourrait s’appeler dans l’affaire « l’Echo des Farc ».

Dans l’affaire de la zone accordée par le Président Pastrana aux Farc, Marie Delcas déclare : « les pourparlers piétinent  et le 20 févier 2002 les Farc reprennent le maquis ». Elle oublie simplement de dire qu’ils n’ont jamais quitté le maquis et jamais voulu la paix. Que ce sont eux qui bloquent  les pourparlers et qui simplement profitent de la trêve unilatérale des militaires colombiens pour se refaire la cerise.  Pendant la trêve, les assassinats, les trafics, les enlèvements  et les opérations violentes ne cesseront  JAMAIS.

Voilà comment on prend soin de la petite santé morale « du peuple de gauche ».  En atténuant autant qu’on peut le choc des images qui dans la foulée de la libération d’Ingrid Betancourt éclaire les crimes des Farc sous le jour le plus brutal.

Tout cela pour ne pas écrire la vérité : une révolution communiste, visant l’instauration d’un régime socialiste en Colombie,  lancée par l’Union Soviétique dans la foulée de la révolution castriste se perpétue grâce aux facilités du relief d’un pays pauvrissime,  et par le crime organisé, les massacres, les rapts, les trafics. Ils multiplient les crimes contre l’humanité tout en ruinant les chances de la Colombie de devenir une démocratie normale et prospère.   Les dirigeants survivants méritent le TPI.  Les complices Français de ces criminels dans les milieux communistes, cégétistes,  altermondialistes, trotskistes et journalistiques  doivent être dénoncés et poursuivis.

 Ce serait mieux que de vouloir au prix de la manipulation atténuer la mauvaise conscience de la mouvance  socialiste française.

 

 

 

 

Génocide ou démocide

 

Qu’est qu’un démocide ? Ce néologisme n’a de sens que comme compilation des personnes massacrées pour une raison ou pour une autre.  La notion est délicieusement neutre.  Elle ne comporte aucune réalité juridique : aucune sanction pénale ne  s’applique au « démocide ». Ce n’est qu’un état de fait. La révolution française a vu de nombreux massacres, soit dans le cadre de   « journées révolutionnaires », soit dans celui des guerres civiles,  des guerres étatiques ou des diverses répressions.  Sans compter les pertes démographiques dues au désordre.

C’est bien cela : démocide est quasiment synonyme de « pertes démographiques ».  La notion n’implique aucune responsabilité de personne : cela fut. Point final.

Pour le génocide l’affaire est autrement complexe.  Le génocide est une catégorie du droit pénal national et international comme le crime contre l’humanité.  Que les blancs colonisateurs apportent des maladies inconnues des populations « découvertes » et surtout démunies  d’immunisation, qui  les exterminent, c’est un fait malheureux, une énorme perte démographique, un démocide,  ce n’est pas un génocide. 

Quand une autorité de fait décide qu’une catégorie sociale sur laquelle elle a jeté l’anathème doit disparaître, et met en pratique cette grande idée c’est un génocide condamnable et qui plus est imprescriptible.

Bien sûr les catégorisations judiciaires actuelles du génocide sont très partielles, presque restrictives.  Issues de Nuremberg, elles concernent presqu’exclusivement la Shoah, le génocide des juifs par les Nazis.  Elles devraient être indiscutablement étendues.

Pour nous, il y a génocide lorsqu’il y la rencontre des plusieurs conditions :

-          Une doctrine qui théorise la disparition d’une catégorie de la population

-          Un mouvement qui défend la doctrine

-          Des penseurs qui expliquent qu’il faut blinder son âme et sa sensibilité pour accepter  la violence qui va être pratiquée

-          Une force, de droit ou de fait qui arme la main des bourreaux

-          Un début d’exécution selon des plans concertés.

Le génocide est un crime contre l’humanité mais tous les crimes contre l’humanité ne sont pas des génocides : faire sauter une bombe pour créer une terreur aveugle est un crime contre l’humanité, ce n’est pas un génocide.

Un génocide n’implique pas nécessairement une élimination physique : ce peut être une élimination sociale.  Interdire d’études, d’emplois, de soins   tous les enfants d’une catégorie sociale donnée possède un caractère génocidaire.  Interdire du bénéfice  des droits de l’homme des catégories sociales soumises  est aussi génocidaire. A ce titre l’esclavage a une connotation génocidaire évidente.  Même si l’esclavagiste ne tue pas son esclave pour des raisons économiques.

Une des caractéristiques  du génocide est l’absence de « faute » de la victime.  C’est son « état » ou du moins la vision que le génocideur projette sur lui, qui lui vaut le martyre. Pas ses actes.  Même si des faux procès permettent de créer des frictions d’actes gravement  illégaux.   C’est pour cela que les génocides concernent toute la population  signalée, femmes et enfants d’abord.  Il est difficile de faire délibérer par un tribunal qu’un nouveau né juif à d’Auschwitz soit coupable de grand-chose.  Les chambres à gaz en tuèrent autant qu’il en vint dans leur voisinage.  

La principale caractéristique d’un génocide est que la victime est  fondamentalement INNOCENTE.   Presque par définition.  La fréquence et l’ampleur des assassinats de femmes et d’enfants signalent le génocide  d’une façon quasi parfaite.

Peut-on donc parler de génocides socialistes ? Reprenons nos critères !

-          Une doctrine qui théorise la disparition d’une catégorie de la population : elle existe. C’est le marxiste léninisme qui prétend qu’il doit y avoir lutte des classes et élimination de la classe dominante.

-          Un mouvement qui défend la doctrine : tous les mouvements socialistes jusqu’à un passé très récent ont soutenu la lutte des classes qui a été éliminée des statuts de certains mouvements que très tard dans le 20ième siècle.  Tous les mouvements communistes ou révolutionnaires  se réclamant du marxisme léninisme  ont défendu l’élimination de la classe dominante « bourgeoise ».

-          Des penseurs qui expliquent qu’il faut blinder son âme et sa sensibilité pour accepter  la violence qui va être pratiquée :  on en trouve des centaines dans le temps des révolutions.  Certains avançaient même la proportion de la population qu’il fallait éliminer pour être sûr de faire triompher la Révolution, élevée au rang d’icône sanglante . On en trouve même en temps de paix sur les terrasses germanopratines. Voir Sartre  « la révolution soviétique n’a pas assez tué ».

-          Une force, de droit ou de fait qui arme la main des bourreaux.  Dans le cas des révolutions communistes puis des régimes communistes, ces forces se sont clairement fait connaître.

-          Un début d’exécution selon des plans concertés.  Tous les mouvements communistes ont tué et en masse. On sait aujourd’hui que la tuerie a été immense : plus que probablement autour de 150.000.000 de morts, une boucherie insensée concernant aussi bien les hommes que les femmes et les enfants.  Les régimes de terreur une fois installée ont continué, après les actes de terreurs et de destruction initiale à discriminer les « ennemis du peuple », en particulier les « enfants de bourgeois » leur interdisant logements, emplois, soins médicaux  et enseignement du fait non pas de leur « comportement » mais de leur « état ».

 Il est donc parfaitement légitime de parler de génocides socialistes. Lorsque j’ai fait cette démonstration sur le site du Monde.FR en 1997, cela m’a valu des dizaines de « posts » d’insulte,  la censure de Michel Tatu (« pour mon bien » selon le mot qu’il m’écrit)  et de ses anastasiens.  Lors des fêtes commémorant en Ukraine «  le génocide socialiste »  commis dans les années 30 et repris sous des formes diverses à plusieurs reprises, le journal LE MONDE reprit  le terme de génocide socialiste qui devenait ainsi légitime pour la gauche bien pensante.  J’avais dit à l’époque que l’arrivée des pays de l’est ne laisserait pas  beaucoup de choix  aux journalistes.

 Il est totalement légitime de parler de génocide socialiste.  Démocide n’apporte rien.

Plus de message

Le blog en hommage a Léon Chaix

Léon Chaix est un humaniste de gauche qui a donné son nom a un syndrome essentiel a la compréhension de notre temps. Le syndrome de Léon Chaix décrit  la réponse automatique des adeptes du mouvement socialiste confronté a l'ampleur des crimes contre l'humanité commis en son nom :

  1.  L'occultation
  2.  La négation
  3.  La minimisation
  4.  L'exonération.

Tous ceux qui essaient de dénoncer l'occultation,  de démonter la négation,   de se moquer de la minimisation et de rire des tentatives d'exonération  sont évidemment présentés comme < fascistes > et ne sont dignes que des attaques ad hominem les plus basses. 
Léon Chaix et son ami Didier Dufau ont pendant des années commenté en temps réel sur le forum du journal le Monde les exemples de ce syndrome,   montrant  au jour le jour comment il s'appliquait aux révélations du Livre noir, aux crimes des Farc qu'ils furent longtemps les seuls  a évoquer et a condamner, a ceux du sinistre  Mugabe ou de l'ignoble < Prachandra > le tueur en série du Népal.  Le combat continue ici !

 

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