Les temps sont durs pour le CHE

Scène vue ce jour près de l'hôtel Méridien de Montparnasse.

Un homme dans les trente cinq ans et portant un tee shirt avec l'habituelle portrait de CHE GUEVARA  est en discussion pas loin de l'entrée de l'hôtel avec un homme passablement énervé.

Les éclats de voix augmentent.

On entend : "le jour de la libération d'Ingrid Betancourt vous pourriez éviter de porter un tee shirt à la gloire des tueurs révolutionnaires socialistes. On en a assez des crétins qui croient malin de faire référence à des criminels contre l'humanité."

"Pourquoi ne portez vous pas un tee shirt à l'effigie de Goebbels  lors de la commémoration du Vel d'Hiv."

"Si vous voulez signaler votre amour des tueurs communistes  vous avez encore Pol Pot, Mugabe, Pachandra, Ho Chi Minh, Mengistu, Léline, Trotsky, Staline, Marulanda, Guzman : portez un boubou africain, c'est plus large".

L'autre était pratiquement aphone. C'est bien la première fois qu'on ne le jugeait pas si merveilleusement jeune et dynamique, membre du camp des bons, avec son tee shirt.

De temps à autres : "Fichez moi la paix avec ces questions vestimentaires. Ce n'est pas un Tchador"

"C'est pire".

"Ca va comme ça : ne jetez pas de cadavres sur mon engagement à gauche espèce de fasciste".

"Qui est fasciste sinon celui qui se promène avec la bouille d'un tueur sur la poitrine ?"

La pluie se mit à tomber. L'intéressante dispute cessa.  Le guévariste boutonna sa veste en jean sur son T Shirt.

Rappelons qu'en 68, c'était les photos de Lénine, de Mao et de Marx qu'arboraient fièrement les jeunes soixantehuitards.

Et maintenant même le Che ce n'est plus possible. Sauf pour Besancenot, qui vient de lui consacrer un livre. Il est vrai que jusqu'il y a peu, la LCR déclarait sur son site WEB les Farc comme organisation AMIE.

Merci Ingrid Betancourt  d'avoir bouter hors du champ de la bonne conscience révolutionnaire le tueur en série qu'on appelle le CHE !

 

 

 

INGRID BETANCOURT LIBEREE !!!!!!!!!!!

 

Il ne faut jamais bouder  sa joie et  celle de la libération surprise de Mme Ingrid Betancourt est immense.

Pour moi elle signifie la fin d’un cycle de combats  commencé en 1997 après la publication du Livre Noir du Communisme et qui visaient à faire prendre conscience que des pages nouvelles de ce livre horrible s’écrivait encore tous les jours, ici et maintenant.

Avec mon regretté ami Léon Chaix,  nous avons décidé à cette époque de montrer que les mêmes crimes idéologiques continuaient en Colombie, au Népal et sur une échelle moindre au Zimbabwe.  Nous considérions que l’opinion  dans cette affaire était cruciale et qu’il fallait se mobiliser pour mettre fin au martyre de populations innocentes.   Bien que tous ces crimes fussent commis  par des mouvements  qui se réclamaient de la gauche, il fallait les condamner dans une perspective de gauche.

Comme nous étions seuls en 1997 !  Qui se rappelle que Jean François Revel  venait de révéler que le comité d’entreprise de la RATP, CGT  communiste,  avait cédé des  bus de réformes  aux Farc ?  Qui se rappelle qu’à chaque premier Mai, les Farc défilaient avec la CGT au nom des luttes contre l’impérialisme yankee et de la libération des peuples ?  

Les crimes des Farc, immenses, ignobles,  répétés étaient tout simplement tus par la presse française.  Nous étions dans la phase d’Occultation du syndrome décrit par Léon.  Toute dénonciation de ces crimes horribles étaient immédiatement  l’occasion  d’un déchaînement  ahurissant de haine et de violence de la part de ceux qui voulaient absolument se montrer un bon petit soldat du socialisme.

-          Les victimes n’étaient pas innocentes mais des complices ignobles de la réaction

-          La violence était nécessaire pour contrer celle encore plus forte de « l’oligarchie sous influence de l’impérialisme Yankee »

-          Toute personne qui ne croyait pas cela était automatiquement un « fasciste ».

J’ai environ 30 pages d’insultes ad hominem récoltées sur le forum du Monde,  de la part de socialistes « vraiment socialiste » et soucieux de tenir le haut du pavé.  Leur discours était toujours le même, marque typique de l’idéologie  qui débite   ad nauseam le même discours automatique.

Ces réactions ne faisaient que traduire un esprit général et parfaitement compris dans les medias : attention à ne pas parler des Farc sinon l’accusation de Fasciste surgirait aussitôt et adieu les belles perspectives de carrière.

C’est l’époque Le Monde sortait un article indigne sur les Farc  et Internet, sur le thème les gentils guérilleros sont aussi des modernes  astucieux qui savent utiliser toutes les ressources de la modernité.  Ne parlons pas du Monde Diplomatique, ce torchon.  La dénonciation de la pusillanimité devant les crimes de masse  des Farc nous valurent nos premières censures sur le Forum du Monde.

Pourtant que disions nous : que les Farc, organisation communiste,  commettait à répétition des crimes contre l’humanité  épouvantables contre lesquels il fallait se mobiliser, au nom des droits de l’homme ! et que notre passivité nous rendait complice  de ce qui se passait en Colombie et des nouvelles pages noires qui s’y écrivaient.   A tous ceux qui nous insultaient nous répondions inlassablement : votre combat est perdu d’avance ; vous serai obligé d’en venir aux mêmes condamnations que nous prononçons.  Il n’y a pas de bons crimes contre l’humanité,  même si les bourreaux se réclament du socialisme, du communisme, de la révolution prolétarienne et du marxisme léninisme.   Version bolivarienne bien sûr.

Alors non au silence sur les exécutions sommaires, les  attaques de civiles à la bonbonne de gaz, les enlèvements systématiques  et massifs pour des durées effroyables,  la terreur  dans les campagnes et dans les villes.  Nous en venions à traduire des articles colombiens relatifs à des crimes affreux pour simplement TEMOIGNER.

Au milieu des insultes.

Puis est arrivé la période du négationnisme et de la minimisation.  Les crimes étaient trop massifs trop évidents, trop ignobles pour qu’on puisse les taire totalement.  L’important était pour la presse  socialiste de faire en sorte que l’image du socialisme n’en soit pas altérée chez les  esprits partisans du « parti des bons ».  Nous avons dénoncé au jour le jour toutes les désinformations  d’un prêt à penser rassurant pour les « forces de progrès ».  Ces journaux reprenaient mot pour mot la propagande menée en leur direction par Reyes.   Un accrochage avec l’armée  montre que les Farc mettaient en première ligne des enfants et notamment des jeunes filles.  On lance une campagne sur le thème : l’affreuse armée Colombienne inféodée aux Etats-Unis tue les enfants d’un village !  Les autres medias se taisaient.  Le Monde passait les communiqués des Farc niant être l’auteur de crimes qui n’avaient même pas été cité dans le journal.  

En même temps la part énorme prise par les Farc dans le business de la drogue  et du Kidnapping était systématiquement  minimisée.  Les mauvais, c’étaient les AUC, ces mouvements contre révolutionnaires, les autres, les Farc et l’ELN étaient des bons révolutionnaires qui évidemment cassaient quelques œufs mais c’était pour le bien de la Colombie.

Puis est arrivée Pastrana qui a souhaité faire la paix avec les Farc en leur concédant  un territoire protégé de toute répression.  Au fond tout le monde souhaitait que l’affaire s’arrange et qu’on en termine avec une guerre absurde.  Même les injurieurs  socialistes de forum étaient mal à l’aise devant l’évidence des crimes contre l’humanité commis à répétition par les Farc. Et puis le peuple colombien dans sa majorité énorme ne voulait plus entendre parler  de cette guerre civile sans raison et des ignominies des Farc.   La dénonciation par les journaux Boliviens de toute tendance du parti pris pro FARC  en occident et notamment  au sein de certaines  ONG, aux rapports biaisés voire carrément mensongers finissait par créer une certaine mauvaise conscience

Car l’expérience Pastrana montrait qu’il n’y avait rien à tirer des Farc qui exploitaient la trêve pour se refaire la cerise et activaient les réseaux internationaux de propagande  tout en multipliant crimes et enlèvements.  C’est l’époque où des représentants des Farc font leur tournée en Europe et passe même dans certaines rédactions parisiennes amies, une information tolérée sur le coup car tous les témoins étaient là , mais niée ultérieurement (comment prouver le fait  5 ans après ?).    Tous ceux qui dénonçaient l’irrédentisme des Farc et leurs crimes répétées étaient alors traités « d’ennemis de la paix ».  Et de fascistes naturellement.

Il fallut se rendre à l’évidence : les Farc ne feraient jamais la paix et ne pensaient qu’à s’installer dans le crime.  Pastrana s’écarta et Uribe fut élu sur une politique de répression militaire dure des Farc.  Que n’écrivit pas comme sottises la presse socialiste.  Uribe était nécessairement un « fasciste » « représentant de l’oligarchie », « inféodé à l’impérialisme yankee,  et complices des AUC. Un salaud quoi !  Interdit dans le monde journalistique français de sortir de cette caricature partisane qu’on retrouvait dans la presse écrite (Le Monde, Le Monde diplomatique, Libération,  Le Canard Enchaîné, Le Nouvel Observateur, l’humanité, le JDD, Marianne)  mais aussi parlée : notamment sur France Inter.

Vint alors l’enlèvement d’Ingrid Betancourt.  Cà c’était vraiment embêtant.  L’otage était voyante et  française au moment où  les prises d’otages français au Moyen Orient avait sensibilisé l’opinion.  Difficile de parler de la rayonnante humanité du bon guérillero émule du Che  et de l’alter-mondialisme anti Davos avec une pareille affaire sur les bras.

Que firent les officines médiatiques socialistes ? Le gros dos.  On redoubla de silence. On laissa entendre que  l’Ingrid Betancourt, elle n’était vraiment pas blanc bleu et qu’allait faire cette cruche au plus fort des zones du juste combat ?

Mais le morceau était dur à avaler.  D’autant que les crimes des Farc atteignaient des sommets terrifiants avec de nombreuses exécutions sommaires, des liquidations de villages, des extorsions de fonds quotidiennes, des attentats terroristes.   Les Farc furent alors classés Organisations terroriste par l’Europe et les Etats-Unis. Un vent mauvais soufflait pour les défenseurs de la vraie foi socialiste.

D’autant que  Jacques Chirac prenait fait et cause pour Ingrid Betancourt et s’engageait dans une aide ferme au Comité  de Soutien dont l’action allait être parfois ambiguë mais qui avait l’immense mérite de charger d’humanité une victime au sort tragique.  L’opinion fut bientôt informée que des enlevés, il y en avait des centaines  et même près de 1500, que leur supplice était effroyable, qu’il durait parfois depuis plus de 10 ans. 

Il ne faut pas croire que le retournement de l’opinion fut immédiat. Ingrid Betancourt lors de son premier discours de femme libre a remercié ceux qui l’avaient soutenu « au moment où cela n’était pas politiquement correct ».   Ce moment dura énormément.

Le premier reportage objectif sur les Farc est venu de France 3.  Bien sûr il ne s’agissait pas de dire du mal des Farc. Toujours cette même peur de passer pour un fasciste. Mais de façon subliminale, l’ampleur des crimes des Farc apparaissait. On y voyait une femme terrorisée par les Farc et sur un mur la photo d’un couple sympathique mais éliminé par les Farc comme « contre révolutionnaire » par un tribunal populaire. Leur crime : aucun. Ils étaient des symboles « bourgeois » : on les a tués pour créer un sentiment de terreur dans la population.  Du travail révolutionnaire de base. Mais pour la première fois les quelques français qui ont regardé l’émission pouvait voir le visage d’innocents massacrés par les Farc.

Ne croyez pas  cependant que les mille et une photos et reportages sur les autres crimes des Farc eurent droit de séjour dans les télévisions françaises. Chut !  

Lors des élections présidentielles je fis campagne contre la LCR qui déclarait les Farc « Organisation amie » sur son site.  La LCR finit par supprimer la mention. En 2007 !  La bascule de l’opinion eut lieu finalement en 2008, les tentatives successives de libération d’Ingrid Betancourt  rappelant un peu trop vivement  le caractère impitoyable de Marulanda et de Reyes. Les deux gibiers de TPI qui dirigeaient les Farc.

On est alors entré dans la phase « exonération » de la séquence de Léon Chaix.  « D’accord ce sont des salauds, mais nous on l’a toujours dit et cela ne concerne en rien notre bonne doctrine socialiste ».   La mort de Reyes puis celles  de Marulanda et d’autres chefs des Farc,  les évasions de prisonniers, les désertions en masse de guérilleros avec leurs témoignages sur les méthodes infects des Farc, la révélation des complicités entre Farc et de nombreuses organisations internationales dont  le Venezuela de Chavez et l’Equateur de Correa mais allant jusqu’au Brésil et en Europe, tout cela exigeait  un changement radical d’attitude.

Un article dans le Canard enchaîne signé Pagès sur « la faucille et le Narco »  donna le signal du départ.  Dans les trois jours qui suivirent toute la presse y alla de son couplet anti Farc : le Monde puis le Figaro et même Le Soir à Bruxelles.  Dire la vérité sur les Farc n’était plus interdit. On ne risquait plus de passer pour un fasciste.  Alors les bouches se délièrent.  Il fut possible de dire la vérité sur les Farc dans la fiche Wikipedia. Les journalistes purent-ils  dire toute l’horreur que leur inspirait l’action des Farc ? Non ! Il fallait un peu de circonspection tout de même.  Les chaînes de la TNT firent souvent intervenir des journalistes pro Farc pour montrer que décidemment ils n’étaient pas des fascistes même s’ils passaient des informations un peu délicates  pour l’image de la belle révolution prolétarienne.  On eût droit à mille insultes sur Uribe qui « mettait en danger la vie des otages » et « était complices des AUC », à mille observations « sur la violence de la société colombienne alignée sur les Etats-Unis » et ses complicité avec les narco trafiquants.

Mais tout de même.  Sous réserve de ne pas rappeler que c’est au nom du triomphe de l’anticapitalisme  et du socialisme que les tueurs des Farc agissaient, on pouvait dire un peu  la vérité sur le mouvement.

Et Ingrid fut libérée.  Elle n’hésita pas.  Elle félicita Uribe ce qui fit grincer des dents. Elle souligna la force démocratique de sa réélection et l’efficacité de sa stratégie de guerre à outrance contre les Farc.  Elle dénonça le politiquement correct qui longtemps empêcha de dire la vérité  sur les Farc.

 Mais il n’était plus temps de railler. L’émotion qui soulève le pays à l’annonce de la délivrance surprise des 15 otages par une magnifique opération militaire, ne permet plus de faire trop la fine bouche.

J’ai fait un tour sur le forum du Monde ces deux et trois juillet 2008. Les mêmes qui ont multiplié les injures et les accusations de fascisme pendant dix ans  en font des tonnes : ils l’avaient toujours dit que les Farc étaient des vilains et des traitres à la vraie cause du socialisme.   Et ils conseillent : pensons maintenant aux autres qu’il s’agit de sortir de l’enfer !  Les bons samaritains.

Mieux vaut en rire.

Mai 1968 : d’opportunes occultations

Pendant tout le mois de mai on a eu droit mille commémorations de mai 1968.  Pour l’observateur il est clair qu’un travail de manipulation a été fait dans  la plupart des grands media, notamment télévisés.

Qu’est ce qui a été occulté ?  Simplement la tonalité communiste de la plupart des occupations.  Personne n’a voulu re- publier la photo de l’intérieur de la Sorbonne. Qu’y voyait-on ? Deux grandes banderoles avec des portraits  d’icônes de la révolution : Marx et Mao.  Il est vrai que Mao et la « révocu » ( La révolution culturelle) comme on disait à l’époque était à la mode.  Un mouvement comme PT se donnait à plein dans le maoïsme de salon et de pavé.  Des personnalités d’aujourd’hui comme Courtois (l’auteur du Livre Noir du Communisme) ou Castro (l’architecte périodiquement candidat du parti communiste à tout et rien) étaient maoïstes.  Kouchner et July (l’homme qui attaqua la Bourse) étaient eux plutôt du côté des Jeunes Communistes (UEC).

Sur les colonnes de l’Odéon étaient collées deux grandes affiches : un portait de Marx  et à sa gauche un portrait de Lénine.

Il fallait s’extasier sur une jeunesse « idéaliste » (si on ne était pas révolutionnaire jeune, quand le serait-on)  dont les symboles étaient des bourreaux génocidaires dont on savait déjà qu’ils avaient exterminé sans pitié  des cohortes entières d’innocents. Peu après Jean Paul Sartre déclarera que « la révolution Soviétique n’avait pas tué assez ».  En gros les idoles de l’époque  étaient ces charmants personnages qui ont été à l’origine de 150.000 millions de personnes innocentes massacrés, en attendant mieux aux prochains  comptages.  

Personne n’a osé le dire dans les media. 

Occultons cette sinistre vérité historique !  

En revanche on retrouvera mille fois répétées  cette idée totalement fausse que l e communisme aura été la grande victime de mai 1968 !  Toutes les tendances communistes  étaient à la fête et à la manœuvre. S’il est vrai que le PCF a voulu éviter un temps  l’aventurisme d’une révolution qu’il ne maîtrisait pas, il avait changé d’avis  le fameux jeudi  de Charlety et  le vendredi  il faisait venir en camion des milliers de ses militants pour « ramasser le pouvoir ». La manifestation des Champs Elysées et le retour du Général de Gaulle fera avorter cette dernière initiative.

Le poids des crimes communistes et l’inefficacité criante du système soviétique sont la cause unique de l’effondrement  du PCF. Le communisme en lui-même n’a pas faibli. L’anomalie française qui voit aux élections jusqu’à cinq  candidats Trotskistes montre bien que le communisme larvé de mai 1968 continue aujourd’hui pratiquement sans aucun changement.  La seule différence c’est que plus personne ne se réclame de Mao et que le mot communisme a été remplacé par des faux nez du genre : anticapitalisme,  alter-mondialisme etc.

Le rappel aurait été  utile que ces mouvements étaient derrière Mai 1968 et qu’ils sont  des adeptes dangereux de doctrines qui sont à la source des pires génocides qu’a connu l’humanité et  qu’ils n’ont absolument jamais condamnés (n’est-ce pas Monsieur Krivine). Au lieu de cela, M. Besancenot passe cher Drucker.   Surtout ne rappelez pas de qui la LCR se réclamait en 1968 !

UN DRAME ET UN SCANDALE FRANCAIS

 

L’histoire commence lors de la parution du LIVRE NOIR DU COMMUNISME  réalisé par un collectif universitaire emmené par  MM. Courtois et Werth.  Le drame humanitaire de l’introduction violente du socialisme  à la suite des appels de Marx puis de Lénine et Engels, apparaissait dans toute son horreur et surtout son ampleur : 80.000.000 de victimes innocentes comptées ; 100.000.000 quasi certaines et on savait que l’ouverture possible des archives de la Chine ferait monter le total à près de 120.000.000. Le plus grand désastre de toute l’histoire de  l’humanité qui pourtant en a connu beaucoup et de très grande ampleur.  En 2008, la poursuite des travaux entrepris et une meilleure connaissance des destructions humaines aboutit à des chiffres encore pire : 100.000.000 de victimes comptées ;  un chiffre de 130.000.000 pratiquement   certain et plus que probablement un total avoisinant les 150.000.000. Une horreur inouïe.

C’était l’époque où comme jamais on pressait les Français à une devoir de mémoire vis-à-vis des victimes de  ce qu’on appelle aujourd’hui la Shoah : 3 millions de victimes comptées ; quatre millions quasi certaines ; six millions plus que probables.  Une abomination justement dénoncée  et pour laquelle on demandait de larges remises en question. L’église catholique annonçait sa repentance ; l’Etat français faisait son mea culpa ; le racisme et l’antisémitisme devenaient des causes nationales suivies au jour le jour.  Le procès Papon, définissant un « crime de bureau contre l’humanité », venait renforcer l’idée qu’il y a des crimes inexpiables dont il faut extirper les racines jusqu’au plus profond.

L’arrestation de Pinochet à Londres et son renvoi vers les tribunaux  de son pays,  montrait par ailleurs que l’Europe ne voulait plus de dictateur sanguinolents : 3.200 morts et 10.000 exilés, cela paraissait intolérable.

On pouvait donc s’attendre de la part des media et du monde politique, après la commotion qu’infligeaient ces chiffres inouïs,  à une véritable émotion génératrice d’une prise de conscience, avec appel au devoir de mémoire, à la recherche des causes de ces massacres phénoménaux et à la mise en examen des doctrines et attitudes qui en avaient nourri l’horreur. 

Surprise : pas de remise en cause du tout.  Pire encore il fallait constater  une campagne concertée pour non seulement atténuer le choc mais surtout  égarer les consciences et les contraindre à penser à autre chose.  Une large concertation entre les « maîtres penseurs » de la presse avait conduit au développement de la parade suivante :  mettre l’accent sur la querelle entre Courtois, présenté comme un excité anticommuniste, renégat du Trotskisme, qui osait parler de génocides socialistes et Werth qui aurait eu dans l’idée que « massacres de masse » et « crimes contre l’humanité » suffisaient.  

Tous les journaux d’obédience socialiste, Le Monde, Libération,  entre  autres,  développaient ce thème à l’envie.  On vous annonce 100 millions de mort et la grande affaire est un désaccord entre les auteurs que tout le monde a depuis oublié.  Et la télévision ? On attendit Pivot, le gentil Pivot, le prudent Pivot. Que fit-il le délicieux Pivot ?  Il monta un charmant tribunal avec le secrétaire du PC et quelques affidés du même parti  qu’il mit en face de Werth et Courtois et tout ce petit monde se mit à causer… du différent entre Courtois et Werth.

Imaginons que pour évoquer un livre définitif  sur la Shoah on ait invité Hitler et Goebbels, chefs des hitlériens,  pour mettre en cause les légères différences d’interprétation de deux auteurs juifs... L’ignominie de la situation n’aurait échappé à personne.  Mais  pour avoir guetté toutes les réactions dans la presse écrite, parlée et télévisée, il faut l’avouer à notre grande honte nationale : pas un mot  de critique ne filtra.

Dans les conversations de salons il était de bon ton de ne parler que de ce point essentiel : les auteurs n’étaient pas d’accord ; inutile de s’attarder sur l’ampleur des massacres et sur les responsabilités.  Dans les salons les plus bourgeois, il va de soi.

Le Monde ajoutait sa touche avec un article d’un certain Blum qui expliquait que le seul génocide était la Shoah et que toute autre interprétation serait une tentative odieuse de minimiser et noyer dans l’histoire la singularité du massacre des siens. En gros, dénoncer les crimes contre l’humanité commis au nom de l’instauration violente du socialisme serait une preuve d’antisémitisme. Au passage naissait indirectement cette  une idée absurde : il y aurait de bons et de mauvais génocides.  Pour les uns, un devoir de mémoire absolu et permanent. Pour les autres le grand silence.

Deux internautes allaient s’indigner de cette attitude générale : Léon Chaix et Didier Dufau qui allaient pendant près de 10 ans analyser et dénoncer cette curieuse inversion des devoirs de défense des droits de l’homme.   Ils le firent sur le forum du Monde.fr au milieu des insultes les pires avec la complicité des censeurs du site, dirigés par Michel Tatu qui laissait passer toutes les attaques ad hominem déployées ad nauseam par une clique de fous furieux se réclamant du socialisme.  Lorsqu’il fut clair que ces insultes étaient utilisées  par les deux compères  lors de leurs conférences sur ces sujets, la censure se fit  plus astucieuse : elles attendaient que les insulteurs aient fini leur sale boulot  et supprimaient l’ensemble du fil. 

Il était donc interdit de s’indigner des pires  crimes contre l’humanité commis par diverses variétés de communismes et de socialismes violents.  Et il vrai que jamais on ne vit dans la presse et l’édition française la moindre trace du fameux devoir de mémoire, dès lors qu’il s’agissait de ces crimes là.

Léon Chaix constata qu’il y avait une forme de syndrome de Stockholm.  On connaît ce comportement inversé par rapport à la normale : la victime d’un rapt finit par adorait ses kidnappeurs et à rejeter sa famille.  La France était victime, en tout cas dans son monde médiatique, d’une mésaventure de même nature : alors que dans une perspective de gauche, il faut défendre l’innocent, développer le devoir de mémoire vis-à-vis des victimes et dénoncer sans relâche les conditions morales et intellectuelles du crime,  la pratique vis-à-vis des crimes socialistes se devait d’être strictement inverse.

Léon Chaix développa alors sa formule fameuse.  Face à un crime contre l’humanité ou un génocide,  commis par les socialistes violents, la gauche française et la droite médiatique sous influence développent  les quatre comportements maladifs suivants :

-          L’occultation

-          La négation

-          La minimisation

-          L’exonération.

Léon Chaix  précisa que cette attitude était largement inconsciente et pas mécaniquement le fruit d’un esprit partisan débridé.   Il nota aussi qu’elle était liée à la peur  de se faire traiter de « fasciste », un adjectif qu’il vaut éviter car il signifie simplement la fin de toute carrière médiatique en France, peur intégrée y compris dans les rédactions dites « de droite ».  

Gare en effet à celui qui brise les tabous et refuse l’occultation, dénonce la négation, rie de la minimisation et se gausse de l’exonération.  Il aura le droit à tous les outrages.  En France, encore en  2008 !

Jusqu’à sa mort en 2002 lors d’une mission humanitaire, Léon Chaix  montra sur des exemples concrets comment ce mécanisme s’appliquait de façon presque caricaturale.  Il montra l’occultation  des crimes des Farc, puis les tentatives de négation puis les efforts de minimisation et enfin tout le travail qui, les crimes de cette organisation ayant été mis au grand jour après l’enlèvement de Mme  Ingrid Betancourt,  visait à exonérer la gauche de toute responsabilité (et de tout devoir de dénonciation et de mémoire).  Il fit de même pour les crimes des maoïstes népalais dirigés par le criminel « Pachandra » ou pour l’infect Mugabe, hôte de l’ignoble Mengistu qui au nom du socialisme le plus pur abattait les enfants des rues et les laissait pourrir sur les trottoirs pour l’édification socialiste des masses : la révolution est un rude devoir camarade.

Avec Didier Dufau, ils ne laissèrent rien passer, menant campagne  par exemple contre la LCR qui déclarait sur leur site informatique les Farc comme « mouvement ami ».  Ce lien a été supprimé depuis, probablement considéré comme indélicat depuis que les crimes des Farc sont désormais totalement connus : faire triompher l’anticapitalisme exige une certaine pudeur !  

Le présent site veut maintenir le témoignage de ce combat essentiel, mené dans une perspective de gauche au milieu des insultes de la gauche médiatique.

Il faut que la France se guérisse du syndrome de Léon Chaix et qu’enfin commencent  les remises en cause fondamentales qu’impose l’ampleur des génocides socialistes.  Cent cinquante millions de victimes innocentes mortes pour rien d’autre que la satisfaction idéologique de criminels contre l’humanité,  l’exigent.

La France est le pays des droits de l’homme. Elle ne peut se satisfaire de la tâche immonde sur son honneur que représente sa soumission honteuse au syndrome de Léon Chaix.

Le blog en hommage a Léon Chaix

Léon Chaix est un humaniste de gauche qui a donné son nom a un syndrome essentiel a la compréhension de notre temps. Le syndrome de Léon Chaix décrit  la réponse automatique des adeptes du mouvement socialiste confronté a l'ampleur des crimes contre l'humanité commis en son nom :

  1.  L'occultation
  2.  La négation
  3.  La minimisation
  4.  L'exonération.

Tous ceux qui essaient de dénoncer l'occultation,  de démonter la négation,   de se moquer de la minimisation et de rire des tentatives d'exonération  sont évidemment présentés comme < fascistes > et ne sont dignes que des attaques ad hominem les plus basses. 
Léon Chaix et son ami Didier Dufau ont pendant des années commenté en temps réel sur le forum du journal le Monde les exemples de ce syndrome,   montrant  au jour le jour comment il s'appliquait aux révélations du Livre noir, aux crimes des Farc qu'ils furent longtemps les seuls  a évoquer et a condamner, a ceux du sinistre  Mugabe ou de l'ignoble < Prachandra > le tueur en série du Népal.  Le combat continue ici !

 

BlogCFC was created by Raymond Camden. This blog is running version 5.9.002. Contact Blog Owner